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Le toit du sommet du pinacle du monde

Avis sur Abbey Road

Avatar guyness
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Au début, il y avait les dinosaures...
Puis vinrent les hommes, qui composèrent, sans aucun doute, de superbes mais totalement oubliées mélodies.
On garde peu de traces des compositions de la période helléne ou romaine.
La moyen-âge, à l'issue de sa grande nuit artistique, a proposé quelques jolies pièces, dont la valeur tient essentiellement aujourd'hui en sa valeur de trésor historique.
Les différents coins du monde façonnèrent, chacun dans un bouquet de diversité inouï, une identité musicale propre dont la richesse sédimentaire nourrira une fin de vingtième siècle avide de mélange.
Puis vinrent les grands maîtres d'une musique fallacieusement dénommée "classique" aujourd'hui. Puis apparut le blues, le jazz, les différentes musiques populaires nationales, et le rock naquit.

C'est à ce moment qu'apparut à Liverpool un groupe qui révolutionna à jamais l'histoire de la musique.
Après leur passage météorique et stratosphérique sur notre petite planète, plus rien ne sera jamais comme avant, de même que leur apparition bouleversa a jamais tout ce qui avait existé avant.

Bach, Mozart, Robert Johnson, John Coltrane, tout ce que l'histoire de la musique a compté de génie compte, certes. Mais bon, y a eu les Beatles.
Et, de leur discographie incandescente émerge un album, plus que tous les autres, qui ne comptent pourtant presque que des chef-d'œuvre, en tout cas de puis Rubber Soul.

Abbey Road, donc.

Le sommet des sommets.
Le pinacle éternel.
Le top du top.
La paroxysme.
L'absolu.
Un avatar divin, si le grand barbu avait voulu réellement exister un jour.

Après une première face qui ferait pâlir de jalousie 99% des artistes de ce siècle ("Comme Together", "Something", "I Want you", beaucoup de groupes d'aujourd'hui fondrait une carrière sur un seul de ces titres), s'ouvre l'orgasme.
"Here comes the sun" et "Because" en apéro (rebelote: le commentaire de la phrase précédente peut s'appliquer à nouveau, jetez une oreille sur les seules voix de ce dernier morceau, comme vous le permet le Love album et découvrez la perfection dans ce domaine aussi, le registre vocal), vient le medley. Seize minutes d'anthologie.
Non pas tant pour ses morceaux successifs mais bien par l'enchainement prodigieux et la félicité totale qui découle de leur écoute.

Une sorte d'alchimie rare, qui déclenche un mécanisme chimique unique en soi. Une transe extatique, un bonheur complet, une émotion tétanisante éternellement renouvelée.

Ce summum absolu est d'autant plus hallucinant que le groupe jette ici ses derniers feux, le sait, et après le naufrage des sessions de Let it Be, est parvenu a resserrer les boulons pour laisser au monde un dernier écrin ... Sans doute le plus beau.

Après avoir connu les expériences humaines les plus folles de ce siècle (le plus de disques vendus dans le monde, le plus de foules pour leurs visites, l'invention des différentes techniques de studio qui bouleverseront l'histoire de la pop, l'invention du merchandising de masse, des concerts dans les stades, pour ne parler que des à-côté les plus spectaculaire du phénomène musical stricte), les Fab Four terminent leur histoire titanesque sur le chef-d'œuvre total.

Amen.

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