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Oumpah-Pah le peau-rouge - Oumpah-Pah, tome 1

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La première rencontre entre René Goscinny et Albert Uderzo date de 1951. Agés tout deux d’une vingtaine d’années, ils décident de créer leur première bande dessinée. Goscinny imagine un personnage de peau rouge qui serait confronté au modernisme et à la technologie du 20ème siècle. Oumpah-Pah naît donc une première fois au tout début des années 50. Six planches sont réalisées et envoyées à divers éditeurs américains en vue d’une publication dans la presse. Malheureusement, Oumpah-Pah ne soulève pas le moindre intérêt de l’autre coté de l’Atlantique. Pendant sept ans, il restera dans les cartons à dessin avant de renaître en 1958. A vrai dire, c’est un nouveau Oumpa-Pah qui voit le jour dans les pages du journal de Tintin. Transporté dans le Nouveau-Monde au XVIIIe siècle, l’indien est devenu un solide guerrier de la tribu des Shavashavah en lutte contre les occupants anglais et certaines tribus locales belliqueuses. A cette époque où les premiers colons français débarquent en Amérique, Oumpah-Pah va rencontrer celui qui va devenir son meilleur ami, Hubert de la Pâte Feuilletée, surnommé Double-Scalp à cause de sa perruque poudrée. Hubert est un aristocrate naïf et gaffeur, courageux et indéfectible chevalier du roi de France. Les deux compères vont vivre en tout cinq aventures qui les conduiront entre autres, jusqu’à la cour de Versailles.

Dès 1959, Oumpah-Pah semble connaître un certain succès. Deux disques relatant les premières histoires sont réalisés et l’un deux remporte le prestigieux « grand prix de l’académie du disque français », une importante distinction pour les livres-audio de l’époque. Dans la foulée, un court métrage animé est produit par les studios Belvision. Bref, Oumpah-Pah semble lancé sur les sentiers de la gloire. Hélas, tout s’écroule suite au fameux référendum annuel du journal de Tintin, un classement permettant aux lecteurs de plébisciter leurs séries préférées. L’annonce des résultats a l’allure d’une douche froide pour Uderzo et Goscinny puisque leur peau rouge se retrouve au 11ème rang, quasiment au niveau du courrier des lecteurs ! Piqués au vif, les deux auteurs proposent au directeur du journal d’abandonner la série. Il faut dire qu’entre temps, les deux gaillards se sont lancés à corps perdu dans l’aventure Pilote dont le premier numéro a vu le jour en octobre 1959. Devant réaliser cinq planches par semaine (une de Tanguy et Laverdure, deux d’Astérix et deux d’Oumpah-Pah), Uderzo parvient difficilement à tenir ce rythme infernal et il se dit que la fin prématurée d’Oumpah-Pah lui enlèverait une belle épine du pied. Comme de toute façon le contrat avec Le Lombard interdisait de reprendre les aventures du peau rouge dans un autre journal que Tintin, les auteurs préférèrent arrêter les frais. L’aventure Oumpah-Paph prend fin en 1962 après seulement cinq histoires et 150 planches. Un vrai gâchis !

Pourquoi j’aime autant cette série ? Parce qu’elle porte en elle les prémices d’Astérix et Obélix. Un village qui résiste aux envahisseurs, un héros à la force herculéenne, des personnages aux noms aussi drôles qu’improbables, des calembours et de l’humour beaucoup plus fin qu’il n’y paraît, ça vous dit quelque chose ? Oumpah-Pah a été en quelque sorte un laboratoire pour Astérix. Le résultat est bluffant et mérite vraiment d’être redécouvert car cette série avait tout d’une grande.

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