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Avis sur Dans la maison

Avatar claire-marie
Critique publiée par le

C'est pas fondamentalement mauvais.
Mais ça veut pas non plus dire que c'est bon.

L'idée de départ pourrait être plutôt sympa, l'histoire d'un élève de seconde qui écrit plutôt bien et remet à son professeur de français des bouts d'un roman qu'il calque directement sur sa propre vie, des petites histoires bien malsaines, mais il y a quelques trucs qui font que ça ne marche pas totalement.

Quelques éléments assez énervants, comme, par exemple, entendre 658230685236523 fois le mot "maison" et 4562 l'expression entière "Dans la maison", 584135 "femme de la classe moyenne", 852 "magasine de déco", 56841 "chinois", 8516332 "basket".
Quelques clichés sont vraiment trop gros, surtout dans les personnages, comme la femme qui ne pose pas 30 secondes d'affilée son putain de magasine de décoration, le père beauf, gras, qui joue au basket, le fils "effacé" à l'air surtout stupide. Non, on ne présente pas une famille si laide et cliché comme la "famille normale de la classe moyenne", par pitié. Ou alors, on ne dit pas que le roman écrit par le jeune homme qui la présente comme telle est un bijoux d'écriture, qui vaudrait mieux que n'importe quel écrivain publiant de nos jours.
Tu peux juste pas dire ça.
Parce que je veux bien croire que ces personnages sont clichés parce qu'ils se veulent types romanesques, mais là ce n'est plus un type, c'est juste un cliché dégueulasse. Et originellement, cette famille est celle qu'est censé rencontrer le jeune Claude, et ça, ÇA, c'est juste impossible. Aucune famille n'est aussi moche. Je refuse de l'entendre.

De plus, le film est basé sur un talent incroyable, en théorie, celui de l'écriture d'un lycéen, Claude. Le problème, alors, c'est qu'on entend la rédaction de Claude qui est censée attirer l'attention de son professeur de français, une rédaction de "je raconte mon week-end" qui fait dire à son professeur que le jeune homme a un don, un don exceptionnel, il aurait la capacité d'écrire un livre complet, un chef d'oeuvre. Mais... Mais... C'est genre juste une rédaction pourrie. Un style, peut être, mais le professeur parle d'un "bon vocabulaire". Un bon vocabulaire par rapport à ses camarades dont les rédactions se résument à "j'ai mangé une pizza et joué à l'ordi" (Chose absolument impossible dans un lycée ou on porte l'uniforme, désolée, je joue sur les clichés, mais eux aussi.), mais pas un vocabulaire qui peut vous faire dire "Oh le con, il est bon !".
D'ailleurs, j'ai toujours cru que lorsqu'on écrit un livre, une vrai oeuvre travaillée, on commence en connaissant la fin. Echec alors du jeune "auteur", qui passe la moitié du film à chercher une suite. Mais bon enfin ça on s'en fout.

Certains dialogues sont juste dégueulasses. Je cite :
"-Tu as vu, il y a des aquarelles dans le couloir.
-Oui, j'ai vu.
-Vient on va les voir !" *S'en va en sautillant vers le couloir de SA PROPRE maison -donc c'est pas comme si elle les voyait tous les jours ses putains d'aquarelles.-*
ALORS OUI J'AI RIEN COMPRIS C'EST PARCE QUE C'EST LE ROMAN DU TYPE DONC C'EST FORCEMENT ROMANCÉ.
Alors, les mecs, son roman est censé être un chef d'oeuvre, empreint de la marque de la société contemporaine. Personne, PERSONNE ne dit/fait ça dans la vrai vie. Alors oui, peut être qu'une Madame de Rénal qui fait ça, ça passe bien, mais pas une quadragénaire de 2012. Non.

Aussi, il est absolument impossible que les parents ne se rendent pas compte qu'on les observe. Le type il essaie même pas d'être discret.

Aussi, dans le genre "je cale un max de références littéraires pour que tu la sentes bien ma grosse culture" c'est indigeste.
Surtout quand il dit que Flaubert porte un oeil absolument objectif sur ses personnages, qu'il ne porte aucun jugement. Mec, on apprend au collège que Flaubert il passe son temps à se foutre d'Emma, Frédéric et autres. T'as pas le droit là.

Aussi, "Tiens, un ami de mon fils est seul avec moi dans ma maison, je vais l'installer dans ce fauteuil là, pendant que moi je m'allonge sur le canapé en face pour faire une sieste langoureuse, en faisant des petits mouvements, et en jupe courte, mes jambes semblant magnifiquement éclatantes au soleil..."

Aussi, un peu trop de regards caméra longs dans le genre "Je suis taré, tu le sens là ? Je t'oppresse bien avec mon regard, en gros plan, fixé sur toi petit spectateur pendant 15 secondes ?". Le concept est cool, mais juste trop.

C'est ça le problème, c'est juste trop.
Histoire trop.
Une fin trop.
Trop tirée par les cheveux.
Trop.
Mon Dieu, tellement trop.
Et ça s'allonge, on n'en voit jamais la fin. On a un petit espoir, genre "C'est ça la fin ?" MAIS NON. Non, non, ça continue...

J'ai peut être souri quelques fois. Pour Yolande Moreau, qui a une tête qui me fait toujours sourire, et une ou deux répliques de Luchini, et la galerie d'art.

La "femme de la classe moyenne", censée être héroïne splendide (parce que même si au début le prof croit naïvement que le jeunot la hait, tout le monde sent trèèèèèèèès bien ce qui se passe dans ses hormones.), est plutôt pas attirante du tout, et tellement conne que ça en est très énervant. Mais ça c'est pas important.

Et je suppose que je dois parler de Luchini. Eh bien Luchini joue du Luchini, comme d'hab, et il a l'air d'aimer ça, et à la limite, c'est pas gênant.

Le point le plus positif, à mon avis, est que le roman et le film se confondent quelques fois, mais tout alors devient si cliché que la bonne idée est gâchée.

Enfin voilà, c'est très décousu c'que j'raconte, mais le constat est là : L'idée aurait pu être bonne, mais c'est pas grandiose...
Quelques petits moments font réaliser que le concept peut être pas mal du tout, mais le reste ne rend que plus flagrant l'échec d'Ozon pour exploiter son idée.

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