La rencontre entre la destruction et la reconstruction.

Avis sur De rouille et d'os

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Comme souvent, je vais voir un film en en sachant le moins possible (d'ailleurs, je n'ai pas vu la bande-annonce), tout au plus, je savais qu'il était question d'amputation, et c'est tout.

Et ce que j'en ai vu est d'une force, d'une puissance, mais il ne faut pas oublier à quel point c'est un film très émouvant.
Si je dois raconter ce film, c'est tout simplement l'histoire d'un homme qui détruit tout ce qu'il touche ; aussi bien la relation avec son fils (qu'il connait à peine), qu'avec ses conquêtes (qui ne sont que des rencontres d'un soir), ou ses adversaires lors de ses combats de rue.
En face de lui, il y a Stéphanie, qui sera frappée d'un drame l'amputant de ses jambes, et qui va apprendre à se reconstruire à l'aide de cet homme qui ne connait que les embrouilles.

Outre la formidable musique de Alexandre Desplat (et l'utilisation des autres musiques, comme une chanson de Bon Iver qui est utilisée en début et à la fin du film), Jacques Audiard montre encore une fois qu'il est un excellent directeur d'acteurs ; Marion Cotillard qui est formidable, et ne faisant jamais ressentir son mal pour du pathos, il y a aussi la révélation de cet acteur, Matthias Schoenaerts, qui est à la fois massif, fort face à ses adversaires et tendre face à cette femme pour qui il va éprouver plus que de l'amitié. D'ailleurs, comme les trois précédents films de Audiard, Ali est vu comme un voyou, car pour (sur)vivre, il va lui appliquer des méthodes pas très catholiques...
En-dehors de ça, n'oublions pas aussi la présence de l'excellent Bouli Lanners (qui sera le personnage faisant basculer le film dans une partie plus dramatique) en manager véreux et qui abusera du pouvoir que lui donne son travail plus "officiel".

Donc, comme je le disais, le personnage de Cotillard sera amputée, et va devoir apprendre à vivre après ce drame, et compte beaucoup sur cet Ali, et cela passe par une très belle scène où elle retournera à son Marineland et verra à nouveau l'orque qui l'a blessée ; si cette scène est en apparence anodine, elle en dit long sur l'attirance envers Ali qui possède à la fois un comportement animal et qui est à la fois imprévisible.

Je préfère élaguer tout ce qui se passe au-delà de cette éventuelle romance car on va de surprises en surprises, jusqu'à une dernière partie nordique où, que l'on soit parent ou non, il faut avoir le cœur bien accroché, car on touchera ici à un modèle d'émotion de la part d'Ali.

Ce film est encore une fois la preuve que Jacques Audiard est peut-être le meilleur réalisateur français en activité, car il sait tirer à la fois le meilleur de ses adaptions et de ses acteurs pour une histoire au fond vraiment poignante et face au mal qui touche la jeune femme, jamais on ne sent la moindre complaisance, ce qui est aussi très fort.

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