Un film agréable, rien de plus

Avis sur God Bless America

Avatar Satané
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Tout le monde s'attendait à la perle de l'année, à une critique acerbe & sans pitié de la société américaine actuelle, celle qui se dénue de toute culture & de toute moralité. A la place, on a le droit à un road-trip long & laborieux, hésitant entre indépendantisme & tape-à-l'oeil. C'est bien là la problématique : comment critiquer le mainstream actuel si on désire toucher un maximum de personnes ?

Le film commence pourtant d'une manière intelligente : un monde ravagé par l'idiotie, d'un côté, & critiqué par des personnes pleines d'amertume & de conservatisme, d'autre part ; Frank, sur le point d'en finir avec une vie qui lui paraît sans espoir, décide au dernier moment de participer individuellement à une cause qui lui semble plus juste : tuer la vermine qui ronge le monde. Si l'on ne peut pas attaquer la société dans sa globalité, alors prenons le problème petit à petit, & exterminons chaque composante.
Seulement voilà, Roxy arrive & sème le trouble. S'imposant d'abord comme une alliée différente des autres de sa génération, elle se révèle être en fait une menteuse ; finalement, elle reviendra vers Frank & se fera pardonner de bonne foi par lui. & là, on s'aperçoit qu'on est encore dans un film bien américain, plein de moralisme, d'amitié, de bons sentiments, c'en est dégoûtant. Les critiques culturelles sont pourtant assez bonnes & vraies : là où les affreux posent encore leur phrase typique "chacun ses goûts" pour justifier leurs hontes, le film n'hésite pas à différencier le bon du mauvais.
Ensuite, le jeu d'acteurs est plutôt médiocre : à part du dialogue confus rappelant celui de "Zombieland" (décalage des générations), on ne retiendra pas longtemps les expressions des personnages ; tout le film ne repose que sur l'hyperactivité de Roxy, la dépression de Frank, & des petits meurtres pour empêcher la lassitude de conquérir trop vite le spectateur. La photographie est chiante à souhait, les musiques sont quelconques, & le final prévisible.

Cette oeuvre, en somme, ne doit pas être perçue comme un film, mais plutôt comme une idéologie : qui n'a jamais rêvé de pouvoir tuer ces gens dont on n'arrive pas à comprendre les stupides motivations ? qui n'a jamais songé à participer à l'éradication de ceux qui nourrissent la société de consommation ?

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