La peur dans la peau

Avis sur Jason Bourne : L'Héritage

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Je ne vais pas te mentir (oui, oui, des fois je te mens, au moins par omission, non, non, ne me demande pas, je ne te dirais pas sur quoi), Jason Bourne n’a jamais été ma tasse de thé. J’ai visionné la trilogie d’une traite pendant les vacances de l’été 2007 – là par exemple, tu vois que je te mens parce que j’en ai aucune idée de quand est-ce que je les ai regardé mais je les ai bien vu, quoi ? Ça t’emmerde que je te mente, ben attends, Jason Bourne, c’est un film d’espionnage, tout le monde ment. Enfin… ça, ce serait dans un monde idéal.

Parce que ce Jason Bourne est quand même assez faible de ce côté-là. Son monde de l’espionnage n’offre plus vraiment de surprise surtout pour ceux ayant visionné la formidable série malheureusement éteinte trop tôt Rubicon ou encore le sublime La Taupe avec un grand Gary Oldman (qui porte bien son nom désormais). Les deux œuvres que je viens de citer offraient un véritable jeu de poker menteur où chacun sert ses propres intérêts ou celle de leur compagnie. Du coup, si les premiers Jason Bourne avaient le mérite d’ »innover », elle souffre désormais de cette concurrence ou encore celle de la BD culte XIII dont La Mémoire dans la peau y faisait trop penser (coïncidence ? c’est un autre débat).

Ce nouvel épisode réalisé et signé par le scénariste de la saga Machin truc dans la peau ne devrait pas déroger à la règle et bingo, c’est le cas. On n’est pas dépaysé malgré le changement de tête d’affiche, on passe de Matt Damon à Jeremy Renner bien plus crédible dans le métier de super agent secret mais pas glamour comme 007 (quand même, le mec a fait Mission Impossible : Protocole fantôme et surtout Œil de Faucon dans Avengers). Jason Bourne : l’héritage commence avec la fin de Le Territoire des Loups, mais bon, on ne rigole pas avec le nouvel agent, les loups, c’est son petit déjeuner (ça lui change des tartines de Nutella et en plus, c’est plein de vitamines).

C’est marrant mais qu’est-ce que ça traîne, qu’est-ce que ça s’étire en longueur. Non, il n’y a pas à dire, 2h15, c’est beaucoup trop long (les précédents faisaient tous moins de 2h). C’est encore plus long vu qu’il n’y a pas grand chose à raconter, cet épisode fait davantage office d’épisode introduction pour une nouvelle trilogie ou un épisode final crossover où Matt Damon et Jeremy Renner uniraient leurs forces pour mettre à bas ces espions de pacotilles. Et pourquoi ne pas appeler les Vengeurs (ça permettrait à Mark Ruffalo d’exploser la gueule du méchant incarné par Edward Norton, histoire de boucler la boucle)? Mais bon, je ne crois pas que les acteurs veulent bien faire un court-métrage, question de standing (quoique le Samuel…).

Je tenais à préciser qu’il s’agit bien d’un épisode bouche-trou car l’intrigue de fond avec tous ces délires de programmes gouvernementaux n’avancent pas d’un iota sauf à la fin pour nous faire encore plus chier et encore, ça ne fout pas la même trique que de voir Thanos. Vous allez me dire que c’est à chier ce nouvel épisode alors. Non pas vraiment car il a tout de même des qualités. Déjà certaines scènes d’actions sont plutôt réussies grâce au talent de l’acteur principal et des cascadeurs (même si l’acteur a effectué lui-même de nombreuses cascades rendant hommage au nain) si seulement elles n’étaient pas foirées par moment par des effets spéciaux immondes (mention spéciale au loup, on a beau adopter un montage rapide, l’effet se voit à trente kilomètres).

Heureusement il y a une lueur de beauté dans ce film : l’actrice Rachel Weisz (non, je ne suis pas amoureux, je l’étais mais elle n’a pas répondu à mes mails du coup, je suis passé à autre chose, snif). Elle est vraiment formidable dans Jason Bourne : l’héritage. Son talent lui permet de nous impliquer émotionnellement dans les scènes d’action dont une est incroyablement tendue (la scène de fusillade dans le laboratoire). C’est drôle parce que son personnage est l’archétype de la midinette acolyte ne servant pas à grand chose mais quand même pratique parce qu’elle permet au héros de vivre une histoire d’amour et d’avoir un objectif tout en étant pénalisé. Parce que bon se trimballer une femme de 50/60 kilos, c’est plus emmerdant qu’un fusil d’assaut. Je m’égare là, revenons à Rachel. Donc son personnage est un cliché ambulant mais force est de constater que Rachel s’en sort à merveille et compose un rôle merveilleusement réaliste, ses comportements ne semblent pas too much. Une vraie réussite qui sauve le film du naufrage (bon là, la Rachel, elle a intérêt à me répondre).

De l’autre côté de la barrière, chez les « méchants », Edward Norton doit être frustré. Il n’apparaît qu’une seule fois sur le terrain. Donc il a du noyer sa déception dans l’alcool ou la drogue vu les yeux bouffis qu’il affiche. Vraiment inquiétant. On peut aussi être impressionné par l’étalage technologique offert par Jason Bourne : l’héritage surtout quand on sait que le réalisme est le maître mot : tout existe réellement ou est en projet. Une dédicace pour le drone vraiment pratique.

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