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Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare

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Je trouve toujours intéressant de voir un genre de film qui en prend un autre en toile de fond. Le genre est rare et ça donne régulièrement des choses intéressantes. Je pense notamment à Monsters. Le film de Gareth Edwards utilisait l’invasion extra-terrestre pour livrer une très jolie histoire d’amour entre deux personnes et offrait de fait un spectacle totalement inédit (et à l’époque vendu comme un film de monstres, ce qu’il n’était pas).

Un peu sur le même principe arrive sur les écrans “Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare”, sorte de love-story sur fond cette fois de fin du monde. Sorte de car à la base l’histoire n’est pas vraiment celle d’un couple qu’on imagine finir ensemble mais bien de deux personnes qui vont faire un bout de route main dans la main, chacun cherchant quelque chose de différent. En cela, le titre américain est bien mieux trouvé (“Seeking a Friend for the End of the World” soit “A la recherche d’un ami jusqu’à la fin du monde”).
En effet dans cette histoire écrite et réalisée par Lorene Scafaria, on va suivre Steve Carell, employé d’une entreprise d’assurances dont la vie devait être bien banale jusqu’à ce qu’on annonce la fin du monde. Lui et quelques autres continuent à aller travailler et d’autres se laissent aller à toutes sortes de débauches. Un concours de circonstances va l’amener à faire la connaissance de sa voisine du dessous (Keira Knightley) qui va notamment lui confier du courrier à lui, et une lettre d’un amour de jeunesse, qu’elle conservait depuis plusieurs semaines. Ce sera le déclic nécessaire pour qu’ils se mettent en route.

Ensemble, ils vont donc décider de retrouver ceux qui leur sont chers, l’amour de son adolescence pour l’un et ses parents pour l’autre. En chemin, ils croiseront des personnages réagissant tous différemment à la fin de leur planète, une galerie de gens qu’on imagine sans mal réellement exister dans ce genre de circonstances, d’un bar où les clients se lâchent et virent à la partouse à un groupe de jeunes suréquipés et réfugiés dans un bunker en espérant s’en sortir.
On peut regretter que l’aspect fin du monde soit de plus en plus réduit en terme de background pour ne plus montrer qu’un couple dans des rues et des maisons vides ainsi que des aspects du récit qui ont manifestement été coupés au montage final (certains seconds rôles presqu’absents, ainsi que toute l’histoire autour des disques vinyls). Mais on suit avec beaucoup de plaisir les aventures de Carell et Knightley. Lui est parfait comme d’habitude et elle prend manifestement du plaisir à jouer les personnages un peu dérangés, en beaucoup plus soft -heureusement- que son rôle dans A Dangerous Method.

Le film joue beaucoup la carte de la nostalgie et s’arrange pour que ça fonctionne de bout en bout. On se sent touché par ce duo improbable qui rappelle forcément des souvenirs personnels, des regrets, des émotions perdues. Au final, le message n’est pas “c’est la fin du monde, envoyez-vous en l’air” mais bien “c’est la fin du monde, alors faites ce que vous avez envie de faire et aller passer le temps qu’il vous reste avec ceux que vous avez envie de voir”. Et on a tous quelqu’un qu’on aurait envie de voir dans ce genre de circonstances, une fois libéré de toutes contraintes.

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare est une comédie à la fois drôle et émouvante, touchante, portée par ses acteurs (Steve Carell devrait faire d’avantage de cinéma) et qu’on regarde avec beaucoup de plaisir et ce, malgré … la fin du monde.

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