Au nom du Pierre...

Avis sur L'Assassin habite au 21

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L'Assassin habite au 21 est le premier long-métrage d'Henri-Georges Clouzot. Entre intrigue policière et répliques comiques, le film impose une atmosphère particulière, semblable à celle d'un Agatha Christie. L'intrigue est simple : un tueur en série sème la panique à Paris, et laisse une carte de visite au nom de « Mr Durand » sur toutes ses victimes. Le commissaire Wens est en charge de l'enquête et se retrouve pensionnaire des Mimosas, lieu de vie d'une petite dizaine de personnages, où on été retrouvées lesdites cartes de visite. L'un des occupants de la pension est donc forcément le coupable, mais qui ? Wens mène l'enquête, sous les traits d'un pasteur, flanquée malgré lui de sa délicieusement irritante assistante et petite amie, Mila.

Le film s'ouvre classiquement sur une première scène de meurtre puis enchaîne sur un succulent jeu de pouvoir dans lequel le Ministre ordonne au Préfet d'arrêter « Mr Durand » sous 15 jours, lequel somme le chef de la police de procéder à cette arrestation sous huitaine avant que ce dernier ne court dans le bureau du commissaire Wens qui a laissé une note à son attention « Si j'ai bien compris, si je n'ai pas mis « Mr Durand » sous les verrou d'ici deux jours je suis viré ». Tout bonnement excellent, surtout lorsque l'on apprend par la suite à connaître le commissaire Wens, personne sympathique, drôle et indubitablement très intelligent.

D'ailleurs, ce personnage vaut surtout par son interprète, Pierre Fresnay, que je connais bien peu (à mon grand regret) et qui tourne pourtant là son 36ème film sur près de 90. L'acteur habite la personnalité de Wens par une diction et un ton parfaits. Tous les autres acteurs ne sont pas en reste, même si certains sur-jouent légèrement et d'autres, plus secondaires, sont même parfois limite dans le faux. Le personnage de Suzy Delair (Mila) est également à souligner tant il est intéressant et pertinent, à la fois drôle mais indispensable au déroulement de l'enquête. Sa relation avec Wens est subtilement écrite. Et Mila a surtout souvent les meilleures répliques : « Si à votre âge les carottes sont cuites, au mien elles ne sont pas encore épluchées».

Outre son intrigue policière intéressante, je n'irai pas jusqu'à dire passionnante, le film puise donc sa force dans ses dialogues et l'écriture de ses personnages. Il en résulte des scènes où l'on se surprend à sourire face à la malice d'une réplique. Et jusqu'à la toute fin, au moment où l'enquête arrive à son terme, il reste un goût de farce, de parodie du genre. Comme si, de toute façon, Wens ne craignait jamais rien et pouvait aisément défier d'un bon mot un assassin qui le tient en joue puisqu'il est le flic, héros intemporel de tout bon polar, increvable et sûr de lui.

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