Apes will rise

Avis sur La Planète des singes : Les Origines

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La chronologie de la Planète des singes est assez compliquée. Le premier film date de 1968 et met en scène Charlton Eston qui atterrit sur Terre en 3978. Depuis 1968, il y eu 5 films, un remake et maintenant, Les Origines.
Après les deux premiers volets (où à la fin, la planète est détruite par une bombe nucléaire, les trois singes les plus « intelligents » (Milo, Zira et Cornelius) arrivent à s'en échapper et atterrissent sur Terre en 1973 après être passé dans une tempête cosmique. Milo meurt, Zira et Cornelius ont un fils qui s'appellera Milo. Dans le quatrième film, on retrouvera ce même fils qui s'appelle maintenant... César. César va donc mener une révolte des primates contre les hommes. Cette révolte finira dans le cinquième volet puisque les hommes et les singes vivent en paix. Fin d'autant plus stupide sachant que le film de 1968, se plaçant après, ne retrace aucunement une paix entre les hommes et les singes.
En 2001, Tim Burton décide de faire un remake vaguement similaire et un peu stupide. On n'en tiendra pas compte.
Mais la Fox a lancé un nouveau film : les origines. C'est là que ça se complique. Reboot ou préquel ? Le héros de ces origines s'appelle César, déjà apparu dans les 3-4-5, alors que celui-ci se place de nos jours. Alors quoi ? Anachronisme ? On va plutôt opter pour la solution la plus plausible : The rise of the planet of the apes est bel et bien un préquel oui, mais seulement du premier volet, ne prenant pas en compte la suite.
Pour les deux du fonds qui ne suivent pas, un topo de l'histoire : Will Rodman est chercheur, il bosse sur une cure contre l'Alzheimer (son père en est atteint) en faisant des tests sur un singe. Après un test qui tourne mal, Will recueille un bébé chimpanzé qu'il appelle César. Cette cure, administrée à la mère de César se révèle plus que réussie puisque non seulement elle marche, mais elle augmente sans cesse l'intelligence. Le chimpanzé se voit donc avec une intelligence proche des humains, voir supérieur à certains, allant plus loin que l'imitation puisqu'il développe un raisonnement et connaît le langage des signes. Après un incident avec un voisin de Will, César se voit obligé d'être enfermé dans un centre pour singe. Maltraité et se sentant trahi par Will, il lance un soulèvement des singes contre l'espèce humaine.
Le film commence assez doucement, ça traine même un peu. Mais rendons à César ce qui est à César, si ces bases sont là, c'est bel et bien pour mettre en place une origin story solide, prenant donc son temps de développer les deux personnages principaux et la théorie de l'évolution.
Mais alors dès que ça se met en place, c'est pratiquement du tout bon.
Le traitement des personnages est finalement assez rapide hormis Will, son père et César. Freida Pinto, aussi jolie soit-elle, fait clairement office de potiche. Visiblement, pour Tom Felton on lui a donné le scénario en lui disant « joue moi Drago Malefoy avec des singes » du coup ça sonne complètement faux surtout qu'il en fait des caisses. Brian Cox est inexistant et tous les rôles secondaires ne sont pas d'une grande utilité. C'est également assez linéaire et on se doute de la suite assez facilement.

Mais prévisible ne veut pas dire mal écrit. Car même s'il n'y a pas d'immenses rebondissements (sauf un, qui m'a valu d'écarquiller grand les yeux) la gestion du rythme est impressionnante puisque tout va crescendo avec simplement aucun temps mort et ça nous offre un final grandiose.
Pour continuer sur le scénario le traitement des animaux et la réelle inversion qu'on peut voir par rapport au film de 1968 sont vraiment bien foutus. C'est pleins de petites choses qui font qu'on comprend pourquoi les singes en sont arrivé là (l'utilisation des cages, des laisses, des jets d'eaux, des armes et j'en passe). Il y a de ce fait pas mal de clins d'œil, notamment la mère de César qui s'appelle Bright Eyes, comme est appelé Charlton Eston dans le premier film ou César qui joue avec la tête d'une statue de la liberté en miniature.

Rupert Wyatt, inconnu aux bataillons, n'a réalisé qu'un film : Ultime Evasion, s'en sort très bien. Outre le fait que sa réalisation soit assez dynamique et pas une seule fois à coté de la plaque, il livre des scènes d'actions... lisibles sans ralentis !
Le seul regret est de ne pas avoir eu un plan séquence dans les arbres, ça aurait eu beaucoup de gueule.
Venons en à la chose tant attendu : les effets spéciaux. Comme d'habitude, Weta a fait un travail réellement incroyable. Hormis sur des plans larges où la texture fait un peu lisse, le visuel est a coupé le souffle, si bien qu'on a vraiment l'impression d'avoir devant nous de vrais singes (mention spéciale au Gorille et à l'orang-outan)

En conclusion : malgré un traitement des personnages secondaires un peu vite fait, un mot pour le résumé : épique, mais les quelques défauts ne viennent pas plomber le récit. Très bien réalisé, très bien écrit, ça devrait plaire à tout le monde, aussi bien aux fans des premiers films, qu'aux fans de Burton qu'aux non-initiés (pour autant qu'ils se mettent dans l'optique d'être devant un film de SF, si on prend ça au premier degré on peut tomber dans le ridicule). Foncez-y, il a largement sa place dans le top 10 de l'année.

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