Une retournée acrobatique sans but

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Après Expendables et Avengers, voici une nouvelle réunion de stars avec les poids lourds de la comédie française.

Il manque peut-être Gérard Depardieu mais à quel poste ? Avec Olivier Dahan sur la chaise du réalisateur, on ne sait pas sur quel pied danser, l’homme était capable du pire comme du meilleur et il n’a jamais touché à la comédie. Toutefois, le gros avantage du film est de parler foot, un sport rarissime au cinéma.

Étant un gros fan de foot avec la compile indispensable Ligue des champions/matchs du week-end/Canal Football Club et pour finir l’indispensable L’équipe du dimanche, je me réjouissais de voir ce sport être adapté cinématographiquement. Certes, je ne m’attendais pas à un déluge de moments dramatiques sur des actions splendides, les acteurs n’ayant pas la carrure, ni la prétention de reproduire le comportement des professionnels (certains ne sont pas intéressés par le foot). J’avoue tout de même que j’espérais au fond de moi et finalement j’étais un peu déçu car ce ne sont pas les matchs professionnels qui sont au cœur de cette comédie sociale mais bien le niveau amateur. N’espérez donc pas une construction technique splendide digne de Le Stratège. Ici on est là pour déconner.

D’ailleurs déconner, les acteurs le font bien même JoeyStarr pourtant on avait des doutes sur ce dernier. Finalement il réussit à s’autoparodier en incarnant un milieu défensif à l’ancienne plus prisé par les jambes que les ballons (non, JoeyStarr n’est pas derrière moi à l’heure où j’écris ces lignes). Frank Dubosc incarne le footballeur très, très con mais attaquant de génie, rien d’autre à dire sauf qu’il nous sert sa spéciale gros-beauf-mixé-au-con-de-classe-mondiale. Pour Omar Sy, impossible de ne pas identifier à la seconde son personnage: Lilian Thuram. Lunette, problème cardiaque sans oublier le fameux geste culte lors du mondial 98 contre la Croatie (d’ailleurs le doublé de Thuram lors de cette demi-finale demeure ses deux seuls buts en équipe de France malgré 142 sélections).

Il reste qui ? Ah oui Ramzy (sans son Eric parti faire le con dans la daube Wrong) pour un gardien voulant être avant-centre.

José Garcia demeure la touche dramatique du film grâce à un objectif émouvant, récupérer la garde de sa fille. Certes c’est cliché mais je n’ai pas honte d’avouer que ça a fait mouche pour moi. Rien qu’avec ce plan où la petite fille regarde secrètement son papa à la télévision. Pour le dernier, j’ai gardé le meilleur : Gad Elmaleh. Le mec est blindé de talents et multiplie les gestuelles hilarantes comme ces célébrations hallucinantes, ses crises d’angoisses à mourir de rire, son amour de la Playstation et son français bancal. C’est aussi lui qui récupère la meilleure réplique (visible dans la bande annonce) : « La Juve ? Le Barça ? La grande bretagne… ».

L’ensemble de l’histoire n’offre aucune surprise mais c’est souvent drôle et les acteurs s’éclatent comme des petits fous par contre, je tiens à penser que le film aurait beaucoup gagné à durer vingt minutes de plus, histoire d’approfondir certains personnages comme celui d’Omar Sy, pas au même niveau que les autres. En gros, c’est une succession de sketches sur le football avec des parodies de footballeurs (certains rageux du foot de haut niveau vont prendre leurs pieds en débitant les mêmes conneries depuis des années – sans humour par contre).

Pour les matchs, on voit visiblement les lacunes techniques (sauf pour Omar Sy). Les défenseurs font exprès de laisser passer les joueurs, les gestes techniques sont filmés au niveau des jambes ou avec un ballon virtuel (Omar est le seul à en être exempt, ses gestes sont filmés sur plan large). Toutefois le réalisateur réussit à insuffler de la tension dramatique à l’aide d’un outil efficace : les penaltys.

Mention spéciale à la seconde Vikash Dhorasoo version coupe du monde avec Le Comte de Bouderbala. Et finissons avec une dernière phrase : « Aux chiottes, l’OM » pour citer François Pignon et illustrer notre sentiment à la sortie de la séance.

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