On en redemande, en boucle s’il vous plaît !

Avis sur Looper

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En 2070, les moyens d’identification sont si avancés qu’aucun criminel n’échappe à la police. Seule solution pour se débarrasser de quelqu’un sans laisser de trace : l’envoyer 30 ans dans le passé. Là, un réseau de tueurs organisés (appelés les « Loopers ») s’occupe de tuer les victimes à peine débarquées du futur. Mais il arrive que la victime ne soit autre que le looper lui-même, 30 ans plus vieux. Si le looper tue son double futuriste, alors la boucle – « loop » en anglais – est bouclée. Il sait qu’il n’a plus que 30 ans à vivre avant d’être à son tour envoyé dans le passé et peut prendre sa retraite. Mais s’il ne se tue pas, les ennuies commencent.
Troisième film de Rian Johnson, « Looper » réussit le petit miracle de faire du neuf avec du vieux. S’il va puiser son inspiration dans les grands classiques du genre (de « Terminator » à « Retour vers le futur » en passant par « C’était demain »), le réalisateur – également scénariste – ne se contente pas de recracher une matière bien digérée, il innove. Ainsi, nous avons droit à quelques idées de génie, jamais exploitées auparavant. Qu’advient-il des souvenirs d’un être précipité dans le passé si son double n’agit pas comme lui en son temps ? Comment apparaissent les mutilations que subit un corps sur celui son double ? D’apparence toute bête, cette dernière question donne lieu à une scène aussi terrifiante qu’efficace, dont l’ampleur dramatique marque immédiatement le récit. À la croisée de bien des genres, « Looper » exploite à merveille son argument science-fictionnel tout en ironisant sur le côté « geek » du sujet. Jamais étouffant, le film fait penser au travail de Christopher Nolan, la grandiloquence en moins. En résulte un immense plaisir de cinéma, qui triomphe aussi bien dans l’action que dans l’émotion. La manière dont il traite ses personnages, jamais totalement bons ou mauvais, témoigne d’une audace devenue bien trop rare dans ce genre de production. De quoi oublier les quelques maladresses dans la gestion du rythme.
En assumant jusqu’au bout la noirceur de son sujet, Johnson nous livre le meilleur film de SF adulte depuis « Moon ». Jamais alambiqué, « Looper » est une leçon d’écriture et d’intelligence, interprétée avec maestria par le délicieux duo Willis - Gordon-Levitt. On en redemande, en boucle s’il vous plaît !

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  • Illustration Films (re)vus en 2012

    Films (re)vus en 2012

    Avec : Martha Marcy May Marlene, Chronicle, The Dark Knight Rises, La Piel que habito, Malveillance

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