Plus qu’un avant la fin

Avis sur Resident Evil : Retribution

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Après le naufrage de l’épisode précédent, un naufrage mille fois plus impressionnant que celui du Titanic tant Paul W.S. Anderson a réussi à tout foirer hormis son générique. Le réalisateur/scénariste avait donc fort à faire pour remonter le niveau affiché par sa licence phare, heureusement qu’elle demeure toujours rentable sinon il serait sans le sou depuis le temps et sa femme demande un certain standing.

On est toujours surpris par l’abattage médiatique autour de la saga cinématographique parce que bon, c’est quand même loin d’être folichon mais n’en déplaise à certains, ça fonctionne (comme quoi, faire un bon film n’est pas forcément utile). Par contre, je ne reviendrais pas sur le côté « adaptation » qui consiste plus à du viol intellectuel plutôt qu’un certain respect. Non, n’insistez pas! Pour moi le seul intérêt pour la saga de s’appeler Resident Evil est de s’économiser la phase de recherche du design et des costumes et d’économiser sur le marketing en promettant aux fans que Leon et Barry seront dans le film. Le résultat, tout le monde connaît…

Pour cet épisode, le réalisateur a remonté un peu le niveau surtout via un générique assez marrant en slow-motion rembobiné. D’ailleurs, le réalisateur semble vouloir ralentir tout son film. Même Zack Snyder n’aurait pas pu faire plus (et pourtant Sucker Punch…). Ça a le mérite de faire rallonger la durée faiblarde mais bon, faut pas pousser non plus. C’est limite si les phases de dialogues ne sont pas en slow-motion. Au moins ça aurait pu être marrant avec par exemple : « Maaaaaaiiiiiiii nnnnnnèèèèèèmmmmmeeeeeuuuuuuu iiiiiiiiiiiizzzzzzzeeuuuuuu aaaaaaaiiiiiilllllllliiiiiiiccceeeeuuuuu ».

En plus de ça, le réalisateur nous fout un résumé éclair des épisodes précédents mais surtout le premier car dans cet épisode, il réutilise les mêmes ficelles. Cette idée d’une « ville » souterraine sous la dictature de la Reine Rouge. C’est sympa au premier coup mais quand le réalisateur réutilise quatre ou cinq fois le même schéma avec une reine au vocabulaire d’un enfant de cinq ans. « Toâ méssante, toâ mourir ! » (on se demande d’ailleurs comment elle a pu prendre le contrôle d’Umbrella avec l’IA d’un jeu vidéo des années 80), pff ça devient lourd.

Le pire avec Resident Evil: Retribution, c’est que le réalisateur affiche au monde entier son absence de talent pour l’écriture. Les répliques bad ass d’Alice tombe complètement à plat (pas une personne n’a rigolé dans ma salle pourtant remplie, pas une ! Même pas un gogol pourtant il y en a toujours au moins trois ou quatre, c’est mon expérience qui parle), heureusement que Paul W.S. Anderson n’a pas écrit le scénario d’Expendables… Les rares moments où on rigole ne sont vraiment pas volontaires (même si on pourrait le croire).

La dramaturgie ? Tu rigoles là ? Autant demander à James Cameron de faire un film de boules. C’est fou comment le Resident Evil d’Anderson est autant désentimentalisée. Mais bon, le mari de Milla tente tout de même de repomper James Cameron (je n’ai pas parlé de lui par hasard) en foutant un recalque d’Aliens le retour avec une gamine survivante. En même temps copier, le mec ne sait faire que ça. Ne parlons même pas de celle pompée sur une nouvelle idée des jeux Mortal Kombat (mais bon il a le droit, il a pondu le premier épisode).

D’ailleurs la gamine est sourde (l’actrice Aryana Engineer est malentendante dans la vie d’après Allocine – il y a un énorme différence entre sourd et malentendant mais bon, ils ne doivent sûrement pas savoir). C’est une bonne idée, je me suis même dit « oh, une confrère » mais franchement pointer sur un handicap comme celui-ci et pondre un tas d’immondices, il faut faire gaffe quand même. Les gens lui parlent alors qu’elle ne bite rien autrement que par le langage des signes (non la lecture labiale ne se fait pas systématiquement surtout à cet âge). Le pire, c’est quand même de la voir parler même sous pression, c’est un peu demander un anglais de parler en français alors qu’un zombie se jette sur lui. « Coupez! Non, il ne faut pas dire « Oh my god » mais « Oh mon dieu ». Compris? ». Du coup, ça m’a un peu énervé de voir ça surtout la façon dont c’est introduit « N’oublie pas que ta maîtresse t’a dit de parler en même temps que tu signes », mais lol quoi. Autant que le réalisateur fasse n’importe quoi ok, mais qu’il utilise un handicap à des fins mercantiles pour nous forcer à nous apitoyer sur la pauvre petite fille sourde, ça c’est la goutte de trop.

Y a quand même des points positifs, les scènes d’action sont plaisantes à suivre même si la logique semble avoir disparu comme Battleship et Battle for LA. Un exemple parmi les milliards existants, des zombies russes qui tirent des milliers de balles n’arrivent par à toucher les héros statiques et s’arrêtent de tirer dès qu’ils sont à quelques mètres d’eux. Putain, c’est de la pure SF ! N’oublions pas non plus la belle Jill visiblement équipée du même bouclier que la black avec le gros fusil laser de Metal Gear Solid 2 vu que les héros sont incapables de la toucher et pourtant elle est aussi immobile que le Penseur de Rodin. Ah oui, à la fin du film Milla récupère ses pouvoirs me foutant le plus gros twist de l’histoire du cinéma. « Nan sérieux?! Elle n’avait pas ses pouvoirs dans le film ! Roooooh…. ». Ça ne l’a pas empêché de faire des sauts périlleux à faire pâlir la médaillée d’or des JO. Encore un truc ouf? Ada Wong dehors en pleine Russie juste habillée d’une robe (et je ne parle même pas la fente pour aérer le string) et elle ne meurt même pas… Léon lui prête son manteau et tout va pour le mieux.

L’autre effet good du film, ce sont les effets spéciaux. Le réalisateur a une bonne équipe derrière lui et il s’en sert pour faire du too much même si c’est parfois digne d’une série télé au moins ça nous offre des beaux plans… des beaux plans de jeux vidéo. En fait, je persiste à penser que Paul W.S. Anderson devrait arrêter d’écrire ses films surtout si c’est pour nous offrir un épisode bouche-trou comme Retribution. Oui franchement, vous pouvez le zapper, vous ne raterez rien. Ça se résume à Alice rencontre Ada (quelle femme excitante), Léon et Barry, elle sauve une gamine (sourde pour rajouter un peu de drame), bute des zombies et un licker géant (Paul a du mater le loup-garou géant d’Underworld : Nouvelle ère), sort de sa prison, récupère ses pouvoirs et nous lâche avec un « Non, je ne couche pas ce soir, encore un rendez-vous et je te promets que tu verras tout ! Peut-être même que tu pourras aller derrière… » (avec trois points de suspension bien suggestifs).

Non, il ne s’agit pas d’un court-métrage de fan mais bien d’un long en même temps, Resident Evil: Retribution est bien aidé par au moins trente minutes ralenties (permettant de gagner quinze sans rien perdre sur le budget). Mais bon, il faut bien pouvoir récupérer les pigeons qui n’ont pas vu les précédents et qui ne savent pas à quel point c’est nul. D’où l’intérêt d’enlever tout numéro dans les titres des films de la saga et d’offrir des épisodes indépendants quitte à faire du bouche-trou digne des shonens.

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