Il est trobot !

Avis sur Robot & Frank

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Acteur ayany commencé relativement tardivement à percer dans le cinéma (il a quand même joué Skeletor dans l'adaption live des Maitres de l'univers !), il aura fallu que Frank Langella ait enfin, à 71 ans, enfin un vrai premier rôle, avec comme partenaire de jeu rien de moins qu'un robot !

Se prénommant aussi Frank dans le film, il joue le rôle d'un homme seul qui perd peu à peu ses souvenirs et, ne voulant pas être hospitalisé, est contraint par son fils d'accepter un robot de ménage, qui va se révéler plus que ça pour lui et l'occasion de réaliser un dernier casse, en tant qu'ex-voleur...
Avant de parler du robot, je vais revenir sur le décor, qui se passe dans un futur proche, où les téléhpones projettent des écrans sur les murs, où les smartphones sont de simples plaques de verre, et où le livre se dématérialise peu à peu. Ce climat joue aussi fortement avec le personnage de Frank, qui apparait comme quelqu'un d'assez archaïque, et dont sa mémoire est le reflet d'un passé qui disparait peu à peu : il reste ainsi le dernier à venir emprunter des livres dans une bibliothèque ou a du mal à téléphoner car il l'éloigne pas mal de son oreille.

Ensuite, parlons du robot, qui est souvent un signe affectif, ou qui tend un film vers une infantilisation malvenue. Ici, ça n'est pas le cas, et ce robot (qui n'a pas de nom) arrive à être très émouvant, alors qu'il n'affiche rien sur son casque, ses deux bras sont constamment à l'horizontale, et peu à peu, il devient la conscience de Frank, en plus de faire le ménage dans sa maison. Il va aller jusqu'à participer à un cambriolage car pour lui, la santé de son maitre importe plus que tout.

C'est un film à la fois drole (avec un fameux compte à rebours), mais qui traite de la solitude d'un homme, qui glisse lentement vers l'oubli, et dont ses deux enfants ont l'air entre guillemets de se servir de lui comme pour avoir une bonne conscience, en l'occurence James Marsden (qui avait déjà avec Langella dans le fabuleux The box) et Lyv Tyler. Notons aussi la courte présence de Susan Sarandon, mais dont l'importance au sein de l'histoire est capitale car elle est en quelque sorte la clé de Frank, lui qui a l'habitude de crocheter des serrures...

Toute la magie du film repose sur la relation improbable entre Frank et ce robot qui va commencer pour le premier par un refus que ce tas de ferrailles offert par son fils reste chez lui, mais il va ensuite se lier une vraie amitié, amitié qui se concluera par une scène bouleversante, car elle lourde de sens pour le robot et pour Frank, qui acceptera enfin sa condition difficile.

Du côté des reproches, je n'irais pas trop fort, car c'est le premier film de Jake Schreier, mais il me semble qu'il soit adepte de la belle image, au point de vouloir planter sa caméra soit pour avoir un lens flare du plus bel effet ou pour voir une voiture s'éloigner au loin, alors que ça n'a aucun intérêt dans l'histoire, c'est peut-être son appétit de filmer, on ne lui en voudra pas.
On voit ensuite que le budget du film a l'air très réduit (il y a vraiment beaucoup de producteurs qui sont crédités), car les décors sont peu nombreux ; bien que Robot & Frank soit une oeuvre originale, il y a une mise en scène qui fait parfois théatre filmé, ce qui fait comme un tic au bout d'un moment.

Mais que dire quand on voit le talent de ce magnifique acteur qu'est Frank Langella, qui joue l'homme perdu avec une infinie tristesse, et si il se comporte comme un voleur, sa condition donne plus à le plaindre qu'à le blamer. Et, pour arriver à ce qu'il tienne sur tout le film (car il est omniprésent) à jouer avec un être immatériel, sans chair, c'est vraiment superbe, et il suffit de voir ses dernières scènes, dont je ne dirais rien, et son sublime dernier regard pour se dire que Frank Langella a gagné son ticket pour nos mémoires.

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