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Skyfall

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James Bond revient pour la 23e fois.

Le plus célèbre des agents secrets retrouve son smoking près de quatre ans après Quantum of Solace. L’attente n’a jamais été aussi longue entre deux épisodes de la franchise avec le même acteur mais les nombreux soucis financiers de la MGM y sont pour beaucoup.

Mais cette fois, il est de retour en grande forme. En très grande forme.

En 2006, les producteurs de la saga font appel à Daniel Craig pour succéder à Pierce Brosnan, voulant au passage donner un coup de jeune à une saga qui ne faisait que s’essouffler. Arrive donc Casino Royale, première aventure du nouvel agent. Reboot ? Pas vraiment, car difficile de ne pas faire référence aux épisodes précédents mais la réalisation de Martin Campbell met quand même un grand coup de pied dans la fourmilière, nous montrant un héros plus moderne, plus crédible. Plus humain comme c’est à la mode aussi. Le film reprend les codes de la saga pour mieux les faire voler en éclats, la réplique “Au shaker ou à la cuillère ? -Qu’est ce que j’en ai à foutre ?” en est la meilleure illustration.

Quantum of Solace viendra compléter le tableau. Moins intéressant, le film de Marc Forster est la suite directe du film de Campbell. On y suit un James Bond voulant prendre sa revanche tout en continuant à faire le job. Malgré un méchant et une intrigue moins intéressante, le film n’en est pas moins prenant, divertissant et très orienté bonne action qui fait plaisir. Mais il boucle aussi l’histoire de Vesper, première James Bond Girl de Craig dont il était vraiment amoureux.

Arrive donc maintenant Skyfall, avec ce 007 nouvelle génération bien défini. Allait-on retourner vers quelque chose de plus classique ? Peut-on encore toucher à James Bond après l’avoir réinventé et lui faire vivre de la nouveauté ? Ou allait-on revenir à du déjà-vu ? Et bien, un peu des deux. Mais pour notre plus grand plaisir. Avec Sam Mendes et son univers très visuel aux commandes, on avait tout pour ne pas être déçu.

On pouvait s’y attendre mais le metteur en scène des Sentiers de la Perdition livre le plus beau James Bond de toute la saga. Aidé par l’incroyable directeur de la photographie qu’est Roger Deakins, Mendes réalise un film incroyablement soigné, jouant sur les flous, les couleurs (dont un très beau passage en Asie, tout en néons), la lumière et les ombres. Ici, l’agent 007 est un héros de l’ombre, au sens propre du terme puisqu’il est souvent dans l’obscurité avec en arrière plan des décors lumineux. Mendes pousse le vice jusqu’à filmer un combat en ombres chinoises.

On en prend plein les yeux mais ce n’est pas tout puisque le film oscille entre grosses scènes d’actions et scènes plus intimistes. A l’instar d’anciens volets, Skyfall démarre comme un Bond ultra classique : une scène d’ouverture, un retour à Londres et une nouvelle mission liée à la première dans un pays exotique. Tous les éléments classiques qui ont fait le succès de la saga sont de retour. Du déja-vu ? Oui pour le premier acte : une histoire sous forme de fil d’Ariane, quelques scènes d’action, une très jolie fille, un bateau, un méchant sur une île. On pourrait (presque) remplacer Daniel Craig par Roger Moore,on ne verrait pas la différence. Mais Mendes et ses scénaristes choisissent de ne pas s’arrêter au happy end habituel et -à l’instar de Casino Royale et son passage à Venise- commence un deuxième acte incroyable, au coeur de Londres, qui ne sera pas sans rappeler… Blake et Mortimer. Influence sans doute inconsciente qui ne reprend que les grandes lignes de l’espionnage britannique.

Vous lirez sans doute, à propos d’influence, que ce Skyfall s’inspire de The Dark Knight. Il n’en est rien du tout. Le seul point commun est la volonté de montrer un héros “réaliste”. Mais là où Nolan ne sait absolument pas quoi faire de son personnage, Mendes lui maitrise parfaitement la situation. On va donc découvrir un Bond… fatigué et qui va devoir se reprendre un peu en main pour redevenir l’agent qu’il était. Ça peut surprendre au bout de trois films mais en réalité Mendes multiplie les références aux films avec Sean Connery allant jusqu’à réutiliser l’Aston Martin DB5 découverte dans Goldfinger. James Bond version Daniel Craig n’est donc pas un reboot complet mais bien, comme les précédentes incarnations, un film tenant compte des éléments de la saga tout en en introduisant de nouveaux.
Mendes a également bien compris que pour montrer un personnage plus humain, la meilleure formule est de lui donner des racines, de le ramener à l’essentiel autant via des éléments connus du public que familiaux et personnels.

Mais la réussite qu’est Skyfall ne serait rien sans ses acteurs. Daniel Craig pue la classe à des kilomètres. A croire que le comédien ne peut jamais mal jouer. Et il est entouré de deux acteurs particulièrement mémorables : Javier Bardem, d’abord, véritable méchant charismatique comme on en voit peu, brutal, puissant. Et Dame Judi Dench, parfaite comme à son habitude et, ici, la vraie James Bond Girl de l’histoire pour laquelle l’agent 007 donnera tout.

On en dira pas d’avantage pour ne pas gâcher la surprise, et surprise il y a grâce à un 2e acte original et novateur. Tout mis bout à bout, Skyfall est donc le troisième épisode nécessaire à la réinvention d’un personnage culte. Beau, maitrisé, surprenant, le film fait à nouveau exploser les codes qui ont fait son succès pour mieux revenir à la base. On n’a plus qu’une hâte : voir ce que sera le 4e volet des aventures de l’agent incarné par Daniel Craig.

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