(:-|) ou l'adolescence au fin fond de l'Amérique

Avis sur Terri

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Avec ce Terri arrive l'impression de disposer d'un Precious blanc, heureusement, ce n'est point le cas donc je peux déjà laisser tomber le papelard où je brûle ce tas d'immondice se contentant de réutiliser les ficelles du social porn propre à l'afro-américaine accaparant tous les malheurs du monde.

Au lieu de ça, on a une belle comédie dramatique indépendante. Certes, ça ne tutoiera jamais les sommets du genre faute d'inventivité et de moyens mais ça livre quelques belles tranches de jeunesse et des passages résolument drôles. Surtout, Terri offre une belle brochette d'acteurs portés par un John C. Reilly confirmant qu'il a un talent pur pour le drame (en plus de la comédie mais ça, on le savait déjà). Que d'évolution dans le parcours de John C. Reilly empilant l'année dernière deux drames très réussis, Carnage et We Need to Talk About Kevin. Il est bien loin le compère de Will Ferrell...

Jacob Wysocki, Brigder Zadina et Olivia Crocicchia incarne un trio d'enfants perturbés par l'adolescence en posant une mention spéciale à Bridger Zadina absolument éblouissant dans sa capacité à basculer d'un registre vers un autre. Folie, humour, jeu à la Jack Nicholson, renfermé, autant de registres rarement vu ensemble chez un acteur de cet âge. Jacob et Olivia arrive à distiller leurs registres mais impressionnent bien moins toutefois ils demeurent suffisants pour arriver à nous captiver et donner une vision claire du trouble qui entoure cette période de l'adolescence où rarement les choses ne semblent être ce qu'elles sont.

Pour boucler le casting, un petit mot pour Creed Bratton. En tant que gros fan de la série américaine The Office où Creed incarne un personnage secondaire bizarre appelé justement Creed (il est aussi un des scénaristes de la série). Quel ne fut pas ma surprise quand je l'ai vu en tête d'affiche pour Terri. On y voit un talent d'acteur dramatique qu'on ne lui connaissait pas et c'est assurément la bonne surprise de ce film.

La réalisation et la musique n'offrent rien de bien particulièrement marquant mais s'efface à merveille derrière le sujet et surtout évite l'impression téléfilm souvent courant avec ce genre d'histoire. Ah si, on peut noter un passage très mignon et iconique de l'adolescence, le fameux cahier échangé permettant de communiquer via des mots. Une scène marquante avec beaucoup d'humour et d'espièglerie.

Terri, c'est un peu la certitude de passer une heure quarante de petits riens qui font une adolescence avec du dramatique (sans jamais verser dans le pathos, presque miraculeux) et de l'humour (les entretiens avec le proviseur John C. Reilly sont des moments qu'on attend avec beaucoup d'impatience tant l'humour y est à son comble). On notera aussi une soirée à la tension impressionnante, on sent que les évènements peuvent basculer à tout moment grâce à un Bridger Zadina fou furieux, une tension palpable n'ayant d'équivalent que l'électricité de l'ambiance sexuelle et naïve de l'adolescence. Le genre de soirée qu'on a tous vécu au moins une fois.

Les petits défauts du long-métrage lui fermeront la porte du grand public à cause d'un rythme en berne et d'un acteur principal manquant beaucoup de charisme mais ce serait dommage de faire l'impasse sur moins de deux heures dans la peau d'un adolescent perdu dans un bled de l'Amérique. (:-|)

Conclusion:

Terri est une comédie dramatique dont la finesse n'a de contrepoids que le tour de taille de Terri. On y trouve l'assurance d'un moment sans pathos, ni clichés. Un instant unique où s'entremêle l'humour, le drame et la leçon de vie, le tout porté par un John C. Reilly passant comme une comète sur le long-métrage d'Azazel Jacobs.

Une vision sur l'adolescence suffisamment rare pour mériter d'être vue même si les défauts peuvent en rebuter plus d'un.

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