Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Avis sur The Amazing Spider-Man

Avatar GagReathle
Critique publiée par le

C'est ce qui se disait dans les anciens opus. Si ici le pouvoir est celui de rebooter spiderman, il implique lui aussi énormément de responsabilités. Comment se démarquer d'un film traçant les débuts de Spiderman, seulement 10 ans plus tard ? Il faut se différencier !

Alors là pour se différencier, le film ne loupe pas le coche. Pour faire les mêmes scènes différemment, Webb décide donc de les rendre horriblement clichées ou moins traitées. Bingo !

Il faut ici oublier la subtilité de Sam Raimi, ces non-dits, ces non-montrés particulièrement justes, qui rendaient les scènes encore plus fortes. La mort de Ben, moment fort de Spidey 2002, est ici ratée, clichée par exemple.

Spiderman n'a pas l'éclat qu'il avait il y a 10 ans. Spidey 2002 était un héros, il était un symbole, les plans le rendaient magnifiques. Plusieurs scènes se contentaient de le voir se balancer sur sa toile entre les buildings, les journaux parlaient de lui, il arrêtait beaucoup de criminels, il était fort et les ellipses narratives réussissaient à le renforcer.

Ici Spidey ne rayonne pas. Les scènes de balancement sont tronquées, vite arrêtées pour passer à autre chose. Il n'arrête pas ou peu de criminels. Il n'a pas le temps d'apparaitre et d'être un héros, à part dans une scène et une seule incluant une voiture sur un pont (mesure anti spoil!). Il est moins montré, moins façonné comme il était par McGuire qui élaborait son costume, multipliant ébauches sur ébauches, le personne ayant le temps de se dessiner dans sa tête, d'acquérir son image, sa force. Ce côté là est absent, et c'est une déception.

Le film est davantage centré sur Peter Parker, et celui-ci est plus fidèle aux comics. Soit. Tant mieux.
Mais le film se veut plus sombre, spidey ne sort quasiment jamais de jour. Mais attention, une image sombre ne veut pas dire film sombre. Spidey 1 est bien plus noir que ce film ci.

La faute revient au Villain. Le Lézard. Je l'ai pourtant toujours adoré, essentiellement dans le dessin animé des années 90. Mais quelle déception, quelle déception... Déjà au niveau du design, aaaaah, mais quel facial moche et puant. C'est stupide mais celui du dessin animé avait bien plus la classe, avec sa langue à la Venom. Ici le Lézard ressemble à une parodie de Hulk.
Mais même dans ses implications : mais à quoi sert-il ??!!

Il sert à faire le méchant. Résumons le en quelque mots : " GRRRR, la transformation m'a fait perdre la raison, vite je vais tuer tout le monde MOUHAHAHA ".
Voilà.

Et de la même manière, lui non plus ne brille pas. Il n'a pas le temps d'effrayer, il ne tue personne, il n'inspire pas la crainte. Il fait quelques dégâts mais trois fois rien. Comment, mais comment craindre un méchant qui n'est à ce point pas traité ?! Quel devait être le contrat avec Emma Stone pour que son personnage inutile soit à ce point montré et traité pour au final n'en dégager que du vide ? Son implication à l'écran renvoie les personnages plus importants au second plan. Et c'est fort dommage, car elle ne sert à rien.

Et les clichés sont foison, c'en est désespérant qu'ils soient encore si présents en 2012. Tant dans les dialogues, que dans certains plans ou dans la musique. Musique qui te crie " ATTENTION C'EST EPIC ". Ou " ATTENTION SUSPENSE ". Mention spéciale pour la (ridicule) scène de la grue à ce niveau.

Bref. Certains films devraient tirer des leçons du magistral The Dark Knight sorti il y a maintenant 4 ans. Des leçons sur comment réussir à gérer un rythme, une narration, une ambiance, un point de vue. Comment peser chaque personnage; comment doser un dialogue, comment rendre une menace omniprésente et un suspense montant.

Ici il n'en est rien.

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