Haters gonna hate

Avis sur The Amazing Spider-Man

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The Amazing Spider-Man n'est pas un 4è opus de la série commencée en 2002 par Sam Raimi mais un "reboot" bénéficiant d'un traité différent, un peu plus sombre. Marc Webb, réalisateur de 500 jours ensemble (une des plus belles comédies romantiques de l'univers – watch it and cry, bitch) signe ici son deuxième long-métrage.

> SYNOPSIS

Peter Parker, bon scientifique et photographe amateur, s'intègre mal à l'école, il se fait mordre par une araignée mutante, bla bla un méchant arrive, ils se battent etc. Regardons ensemble la bande-annonce puis passons à la partie qui vous intéresse et aux questions que vous vous posez vraiment.

> ALORS, PAR RAPPORT A LA TRILOGIE DE SAM RAIMI ?

J'ai adoré cette trilogie d'origine. Elle gardera toujours dans nos coeurs le charme de la saga Spider-Man qui aura bercé ces 10 dernières années de la tête à claque de Toby Maguire et de cette chieuse de Kirsten Dunst (qui à date reste ma chouchoute, sorry Emma Stone). Son défaut principal d'après moi : trop lisse, presque enfantine. Des méchants un peu ridicules, des situations millimétrées, des scénarios qui s'essoufflent. Pas de méprise, les bons côtés surpassent tout cela.

Il semblerait que Marc Webb se soit emparé de tout ce qui nous a rendu dingues dans ces trois premiers films (le manque de charisme de Maguire ou encore ces situations de non-dits permanents qui nous donnent envie d'achever les personnages à coup de tractopelle, pour ne citer que deux exemples) pour nous livrer un antidote. Il manque à Andrew Garfield ce petit côté loser que Tobey Maguire endossait à perfection, un manque comblé par beaucoup de charisme : il est beaucoup plus crédible. Il est plus drôle, plus désinvolte, moins rigide. Avec lui, Spider-Man n'est plus un héros mais bien un sale gosse sortant à peine de l'adolescence, avec ses soucis et ses défauts. Et très beau costume de Spidey, en passant.

De son côté, Emma Stone amène une bouffée d'air frais au personnage de Gwen Stacy, bien loin des minauderies de Mary-Jane Watson. Cela dit, même si son personnage est intéressant, son jeu paraît assez vide et pâlit en comparaison d'une Kirsten Dunst lumineuse en toutes circonstances (et qui depuis s'est largement illustrée en tant qu'actrice talentueuse notamment dans Melancholia).

Quant à la réalisation, je l'ai trouvée très agréable : loin d'être perfectionniste, Marc Webb laisse son film vivre et se développer de manière organique, émotionnelle. Il confère plus de profondeur à ses héros, les rend plus humains en quelque sorte. Cette donne est d'ailleurs cristallisée dans une scène importante dans laquelle Peter réalise que ce qui le différencie de son ennemi au yeux des gens est son humanité, et qu'il ne doit pas s'en départir en s'ancrant trop profondément dans le personnage de Spider-Man, quitte à mettre son identité en danger.

> BON ET LE MECHANT ? PARCE QUE LE BOUFFON VERT VOILA QUOI

Pendant tout le film je me disais "ENFIN un méchant qui tient la route". Je sais que le méchant sera un sujet de dissension parmi les fans mais j'ai été constamment surprise de la qualité et du niveau de détail visuel accordés à ce personnage (j'ai même sursauté à un moment ; j'étais au premier rang certes, mais au vu de mon aversion pour la 3D, c'est un phénomène non négligeable). Allez, je n'ai pas peur de le dire : ce méchant déchire bien.

> TA CRITIQUE DITHYRAMBIQUE ME GONFLE, BALANCE DU DEFAUT UN PEU LA

Ok. La première heure est un peu longue à se mettre en route : Marc Webb prend le parti de s'intéresser à la famille et au passé de Peter Parker, ce qui retarde d'autant plus la transformation en Spidey.

D'autre part, un ou deux passages du film sont un peu décevant et souffrent de la comparaison avec le film de Sam Raimi qui en avait fait des scènes d'anthologie. Je n'en dis pas plus pour ne point spoiler, mais passer après "With great powers come great responsibilities" comporte son lot de risques et ce pari-là n'est remporté que de manière bancale.

Enfin, la bande originale de James Horner, si elle n'est pas à jeter, n'est pas non plus au niveau de celle de Danny Elfman qui avait bien plus de caractère.

> EN CONCLUSION

Se mesurer à Sam Raimi dix ans seulement après la sortie de son film était un exercice difficile, tout comme l'est cette critique qui se mesure à tous les cinéphiles préférant le film d'origine. Oui, le scénario est plus chaotique. Oui, la réalisation n'est pas sans faille. La trilogie que nous connaissons fait donc place à une saga moins lisse, imparfaite, mais ce sont ces aspérités qui lui confèrent son charme. Perso : j'ai kiffé ma race et j'ai versé quelques larmichettes.

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