Voir Xenu et mourir

Avis sur The Master

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Projeté en 70mm dans un nombre limité de salles, "The Master" est un projet que Paul Thomas Anderson a laissé murir durant de nombreuses années avant de finalement pouvoir lui donner vie.

Malgré son titre, le véritable héros de l'oeuvre est un paumé nommé Freddie Quell, un peu cinglé, un peu mythomane, surtout alcoolo. Soldat durant la seconde guerre mondiale, il revient du Japon où il a servi dans la marine. Fragile et psychologiquement amoché, il erre de petits boulots en petits boulots avant de finalement rencontrer Lancaster Dodd. Celui-ci se décrit comme un écrivain, philosophe, médecin, et explorateur de l'âme humaine. Intrigué, Freddie se laisse séduire par les méthodes peu orthodoxes de ce "Maître" dont le mouvement, la "Cause" semble drainer de plus en plus de fidèles.

Joaquin Phoenix, d'abord. Magistral, en solide place pour l'Oscar du meilleur acteur. Il incarne tellement merveilleusement bien Quell, dans tout son déséquilibre, toute sa force qui fait aussi sa fragilité, qu'il ne fait aucun doute que nul autre que lui n'aurait aussi parfaitement collé au rôle. Pour l'anecdote, celui-ci devait initialement échoir à Jeremy Renner...
Philip Seymour Hoffman, ensuite. Toujours épatant, comme d'habitude, sûr de lui et de ses théories, d'une force de conviction implacable. Hoffman a vieilli, sans que l'on s'en rende compte. L'infirmier de Magnolia est bien loin, mais l'interprète est toujours aussi convaincant.
Amy Adams, enfin. D'abord effacée derrière son monstre de mari, elle sera l'un de ses principaux alliés et l'une des plus grandes forces de la Cause.

Il est intéressant de constater que les producteurs, sans doute dans l'optique de ne pas froisser la toute puissante église, nient à longueur d'interview tout rapport avec le mouvement Scientologue. Anderson ne se cache pourtant pas d'avoir utilisé L. Ron Hubbard comme modèle et tout, absolument tout dans la Cause est sans équivoque. Du prénom de sa femme, aux méthodes, en passant par les différents lieux, le fondateur de la célèbre secte si puissante à Hollywood est immédiatement reconnaissable. Ce n'est pas à un réquisitoire que se livre P.T. Anderson, même s'il est avéré que le personnage de Dodd est un mystificateur patenté.

Mais c'est quasiment à une reconstitution soignée de la fondation historique du mouvement que l'on assiste, et les différentes techniques d'embrigadement, toujours utilisées de nos jours, sont exposées. Fascinant, et terrifiant à la fois.

La photo est superbe, la bande-son au diapason. Une fois de plus, une réussite.

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