Par gallu - Le 10 juillet 2011
Une comédie française avec des idées, autres que sur les gags, ça ne s'était pas vu depuis longtemps. Le sujet du racisme et de l'esclavage était casse-gueule au possible, et Eboué et Njigol s'en sortent avec brio. La trame scénaristique du film suit les clichés habituels de la comédie fantastique. On pensera aux Visiteurs. Là où ce film apporte des innovations, c'est que pour chaque scène ultra cliché, il y a une vraie pertinence sociale et idéologique. Les personnages stéréotypés campés par Eboué et Njigol sont très bien utilisés dans la scénario pour explorer le thème de la discrimination sous tous les angles, sans manichéisme ni simplicités. On a le lascar anti-blanc de base, pseudo musulman qui cache sa fainéantise derrière une négritude en toc. Puis le métisse honteux de ses origines, caricatural dans son intégration, plus blanc que blanc, plus colonisateur que les colons. Les comiques de situation et de personnalité entre ces deux personnages centraux révèlent un vrai discours critique sur la société française et la façon dont elle traite de son histoire et du racisme à tous les niveaux de la société.
On nous rabat trop les oreilles, aujourd'hui en France, avec des discours tantôt belliqueux et aigris, tantôt lénifiants et naïfs, pour ne pas se réjouir devant ce film au comique très subtil, où chaque situation clichée (le sauvetage, les confessions avant exécution) permet de déployer de véritables idées critiques. Par exemple, la façon dont le film montre comment tout le monde s'accorde sur le rejet de l'homosexualité, c'est à dire cette "différence" qui est discriminée sans scandale, contrairement à toutes les autres. C'est peut être l'une des plus belles subtilités du films, et certains critiques (voire le commentaire de Xanadu ici-même) ne l'ont pas compris...
Au final, le film renvoie bien dos à dos le racisme et ce qu'on peut appeler "l'anti-racisme", c'est à dire la paranoïa qui divise (le personnage de Njigol) ou le concours victimaire (entre juifs et noirs, excellente scène). C'était ce qu'il y avait de plus intelligent à faire sur le sujet, et les deux humoristes y sont parvenus. Réaliser une bonne comédie, c'est déjà un exercice extrêmement difficile (et méprisé par beaucoup de cinéphiles), en faire une excellente sur un tel sujet, c'était doublement ardu.... Alors, bravo.
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gallu - Il y a 278 jours
A la TV, n'importe quel auteur correct passe pour un semi-écervelé (c'est l'une des nombreuses raisons pour lesquelles je l'ai jetée par la fenêtre). Et si tu les a vus sur le Jamel Comedy Club, ou lors de leurs piges pour des talk shows, ce n'est absolument pas représentatif de leur travail actuel.... Mais je comprends tes a priori, j'ai eu les mêmes, avant de pressentir par la bande annonce un travail idéologique inhabituel pour ce genre d'exercice.
Torpenn - Il y a 278 jours
Je ne suis pas assez dingue pour regarder le jamel machin club, mais je vois ce que tu veux dire, disons qu'il va être très, très improbable pour moi de me taper ce truc un jour, je préfère te prévenir....
Peet - Il y a 174 jours
Il est donc nécessaire de ne rien dire.
Pour ma part j'ai voulu, j'ai vu et j'ai été déçu. Pourtant leur travail sur scène me plaît plutôt pas mal. Le mieux c'est la série Inside Jamel Comedy Club.
K_MAS - Il y a 164 jours
En effet, Eboué & Ngijol sont méconnaissables dans ce film, & je leur reconnais un vrai talent. Après, à voir s'ils sont aussi doués dans des films traitant de thèmes différents..
gallu - Il y a 164 jours
oui, leur prochain film sera très révélateur à ce titre...