Par amandecherie - Le 15 septembre 2011
C'est la réunion du conclave : tous les cardinaux prient pour ne pas être désignés. C'est Melville qui est élu Pape, mais il réalise peu à peu qu'il préfère se trouver sur un balcon de théâtre que sur le balcon de la basilique Saint-Pierre.
Porté par un Michel Piccoli grandiose, Habemus Papam effleure - et ridiculise sans doute - de nombreux thèmes : le destin, le fardeau du pouvoir, l'enfermement, la psychanalyse, le doute, la solitude, le mensonge.
Dans cet objet étrange, qui oscille entre comédie burlesque et tragédie, le Vatican est filmé à la fois comme une colonie de vacances, où on passe le temps en jouant aux cartes ou en organisant des tournois de volley-ball qui peuvent procurer plus de plaisir que l'annonce d'un nouveau pape.
Mais les cardinaux peuvent aussi se faire menaçants : cet amas de robes rouges ou noires, tels des corbeaux qui entourent et attendent tout du nouveau pape ne font que renforcer sa solitude. L'Église est aussi montrée comme une entreprise qui ne vend on ne sait quoi mais qui ne peut fonctionner sans quelqu'un à sa tête, ce qui engendre des mensonges...
A ce propos, l'idée que j'ai trouvé la plus forte du film, c'est ce garde suisse qui occupe la chambre du pape, donnant l'illusion de sa présence : il mange ses repas et secoue ses rideaux. Cette ombre est idolâtrée par les cardinaux : de là à penser que cette imposture est une métaphore de la religion...
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Aurea - Il y a 231 jours
Intéressante ta critique d'un film que j'ai apprécié également avec un très grand Piccoli !