Par amandecherie - Le 13 novembre 2011
Maïwenn tenait un sujet fort : le quotidien de la Brigade des mineurs de Paris. Mais le propos est malheureusement parasité par de nombreux éléments.
La plus grande erreur du film de Maïwenn, c'est d'y apparaître. Le regard de son personnage transparent n'amène rien, ni son amourette avec Joey Starr qui tient du trip égo-maniaque, sans compter que je la soupçonne d'une tentative de re-séduction de son ancien fiancé.
Dès lors, pourquoi nous infliger la présentation de son compagnon à sa famille dont l'insupportable Lou Doillon ; pourquoi nous faire subir son histoire d'amour précédente dont elle semble se défaire si facilement (mais ne nous plaignons pas, Riccardo Scamarcio est très agréable à l'œil) ?
Deuxième écueil, c'est d'éparpiller son sujet en multipliant les saynètes. On comprend bien que les policiers ont affaire à plusieurs types de cas - qui vont de l'intervention dans un camp rom à l'audition d'une bourgeoise qui met en cause son mari - mais tout est survolé. Il aurait mieux valu se concentrer sur quelques histoires pour mieux en faire ressortir leur force, puisque le potentiel est là.
De même, pourquoi faire un film-chorale ? Dans une fantaisie comme le Bal des Actrices, ça fonctionne, ici il est dommage de ne pas avoir de performances plus longues des acteurs qui sont très justes (Joey Starr et Karole Rocher, déjà appréciée dans le film précédent, en tête).
Passer autant à côté de son sujet me donne envie d'aller visionner un reportage sur la Brigade des mineurs qui, au moins, s'approcherait autant que faire se peut de la vérité, un peu plus loin des lieux communs.