Par gallu - Le 18 septembre 2011
Un film sur un adolescent, Mark Hunter, qui lance une radio pirate et déclanche par là une révolution culturelle dans son lycée.
Mark est bien le fils de ses baby boomers de parents et vient parachever leur combat d'ancien beatnik en semant les grains de la révolte dans toute la génération X locale. Son programme ? Celui de sa génération : "So be it" et "Be yourself", c'est simple comme un publicité Coca-Cola-ouvre-du-bonheur.
Lui et sa petite amie sont la coolitude incarnée, symbole de cette jeunesse américaine bien nourrie, qui roule en Jeep et vit dans les 100m² du sous-sol de la maison parentale, mais qui a vraiment très mâââââl. C'est la révolution sans programme : on se débride, on casse tout, on déteste l'establishment, sans trop savoir pourquoi et, par dessus-tout, on a absolument rien à revendiquer de concret ni de tangible, si ce n'est ce métaphysique "changement des mentalités" et la fin de l'inhibition.
Le film est parsemé de slogans aussi vides de sens qu'innoffensifs, typiques de la génération Pepsi, comme "the truth is a virus". A ce titre, Pump up the volume est impressionnant, il parvient à donner une intensité politique à un film sans aucun contenu politique. Le film met en scène la paranoia de la jeunesse, toujours en cours aujourd'hui, vis à vis du "fascisme" (prononcez ce mot avec une voix poussive et en mue, comme Campan dans les Inconnus). Toute autorité et organisation bureaucratique est interprétée comme une dérive totalitaire. Forcément, l'école devient le lieu privilégié d'un fascisme rampant qu'il faut combattre, et dont les avatars sont ces vieux professeurs moches, sans humour et angoissés.Seule une prof s'inscrit en "résistance", et elle finit licenciée par la directrice pour s'être opposée à ce qu'on tabasse un gamin (et oui, ça va jusqu'à ce degré d'absurdité).
Au final, toute cette joyeuse jeunesse rebelle s'oppose à l'autorité pour imposer de pouvoir sécher les cours, fumer, faire la fête, et dire "shit" en faisant des doigts et des grimaces aux adultes (non, je n'exagère pas, c'est véritablement ce qui est mis en scène). Et cette dangereuse dissidence leur vaut d'avoir toute la police aux fesses. Et ne vous moquez pas, c'est un programme qui fait trembler le gouvernement ; on leur envoie même un helicopter aux trousses.
Dommage, le film abordait des thématiques intéressantes : les responsabilités du leadership, les effets d'opinion, les mouvements de foule, le "film de radio"...
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Aurea - Il y a 248 jours
J'en suis aussi mon cher : une angliciste distinguée, prenons les choses avec humour(!) et restons ludiques, le joli mot:)
drélium - Il y a 79 jours
Excellent souvenir d'ado. Revu il me semble. Je reconnais que ça brasse du vent à tout rompre, mais c'est assez bien emmené globalement.
Junta - Il y a 45 jours
"Dommage, le film abordait des thématiques intéressantes : les responsabilités du leadership, les effets d'opinion, les mouvements de foule, le "film de radio"... "
Dans l'ensemble je suis ok avec ton texte, par contre je trouve dommage que tu n'aies pas développé les thématiques que tu cites dans ton dernier paragraphe, car justement ce sont elles qui font que le film passe quand même aujourd'hui, alors que tout le vent qu'il brasse me parlait plus quand j'étais pré-ado (vu les premières fois dans cette tranche d'âge).
H.S : Dré t'es partout sur ce site c'est pas possible... :p
gallu - Il y a 45 jours
Justement, impossible d'en dire plus : le film "aborde" des thèmes intéressants, mais ne les traite pas, et préfère donner dans le cool décérébré.
Mes respects, par ailleurs, cher Junta, quelqu'un qui met 10/10 à Poing de force, l'un de mes films fétiches, a d'emblée toute mon attention.
drélium - Il y a 45 jours
@Junta : on s'intéresse aux mêmes films ça y fait :p.