Par Marvelll - Le 6 décembre 2011
Alexander Payne avait réalisé l’émouvant Monsieur Schmidt qui avait donné à Jack Nicholson l’un de ses derniers grands rôles. Il revient avec Georges Clooney pour un film dans la même veine, à savoir un subtile mélange entre la comédie et le drame: la vie en somme.
Comme pour Monsieur Schmidt, The Descendants repose sur un sujet difficile : la perte d’un être cher. Une femme pour le mari, une mère pour les enfants. Alors que cela peut être synonyme de pathos à gogo avec des larmes exagérées, des femmes qui s’écroulent sur le sol en criant toute leur misère et reniant Dieu. Il est loin d’être le cas dans le nouveau film d’Alexander Payne. Car la femme en question n’a pas été rose avant d’être fauché par un accident stupide. Elle avait trompé son mari et son aînée était au courant, elles s’étaient quittées fâchées. Cela est bien plus terre à terre que la plupart des films et permet une certaine originalité sur la façon de faire le deuil.
Le film débute de la plus belle des manières avec une destruction du mythe d’Hawaï avec un humour grinçant sur une voix off du père Nespresso. Assurément un des meilleures passages du film qui se termine avec un magnifique « Le paradis, va te faire foutre ! ». Il permet aussi de faire la connaissance avec cet homme qui se retrouve seul avec deux filles à charge. Deux filles dont il ne s’est que peu occupé.
Je voudrais m’arrêter un instant pour exhiber une réflexion sur l’utilisation de la voix off. Je regrette que ce procédé ne soit pas plus utilisé car il permet de rapprocher le cinéma du roman. Il permet de faciliter la « sympathisation » avec le personnage principal et réveille donc notre empathie. On saisit alors tous les enjeux dramatiques et on connaît les réflexions du héros de l’histoire surtout sa façon de voir la vie (qui est unique pour chacun des êtres sur terre). Pour The Descendants, le procédé est très bien utilisé car il n’est pas omniprésent, il nous aide à cerner le personnage de Clooney et en plus, il nous offre des perles de répliques grinçantes comme « Attention à Hawai, ce n’est pas parce qu’on s’habille comme un clodo qu’on n’est pas riche ».
Pour perfectionner cette histoire de deuil et de retrouvailles et pour assister le toujours impeccable Gorgeous George (les daubes de sa filmographie touffue se compte sur les doigts de la main), on trouve deux excellentes actrices : Shailene Woodley et Amara Miller. La première, jouant la sœur aînée, est surprenante de justesse (détestable au premier abord, elle se révèle être bien plus au fur et à mesure qu’on avance dans le film). La petite Amara Miller est tout simplement extraordinaire, elle est véritablement authentique et vivante (et c’est très rare que je dise ça d’un enfant acteur, la plupart du temps, ils ont plutôt tendance à m’énerver). Surtout elle dispose d’excellentes répliques très drôles. Nick Krause, jouant le quatrième larron de la bande, est aussi un personnage à double tranchant (un gros con en apparence, humain quand on creuse). C’est là, la grande force de The Descendants : de proposer des personnages vivants qui au service d’un joyau de script font du film, un film vivant dans un cadre atypique bien loin des clichés digne des publicités d’agence de voyages.
Le cadre est aussi un des points forts du film. L’histoire, se déroulant dans un nouvel environnement pour la majorité des spectateurs nous permet de nous faire découvrir un nouveau monde dont finalement les habitants ne sont pas si éloignés de nous. Une surprise tant Hawaï est associé à des gens peu vêtues et se baladant avec des ukulélés. Un vestige des clichés que le film détruit avec délicatesse.
On retiendra juste une fausse note survenant à la fin. Un moment too much alors que le film avait réussi à les éviter jusque là en nous emmenant zigzaguer à merveille entre l’humour et le drame pour une fois arrivé à la fin de la course, on sorte avec un petit sourire aux lèvres, satisfait d’avoir vécu une belle aventure humaine en compagnie de si beaux personnages.
Conclusion:
The Descendants propose une belle réflexion sur l’amour, les relations humaines, l’attente de la vie, le travail, l’héritage pour nos enfants, la famille. La vie et la mort. Oui, on ne pourrait pas faire plus beau compliment pour ce film que : « Un film vivant ».
Florian_Bodin - Il y a 170 jours
Ça donne envie, j'irais le voir je pense.
Et je confirme cette idée sur la voix-off, j'ai toujours trouvé cela bien plus intéressant vu que l'on accède en général directement aux pensées du personnages. De la sorte, on peut tout de suite avoir de l'empathie pour lui.
zeugme - Il y a 145 jours
My God. Je désapprouve respectueusement, genre. La voix-off sert toujours à te baiser pour te faire avaler des trucs que le simple visuel ne permettrait pas. Genre que le personnage de Clooney est sympa, en fait. Ah mais attends, il est pas en deuil, il dit bien qu'il ne l'aimait plus au début. Il est juste en deuil obligatoire parce que c'est son rôle. D'ailleurs il gère l'après sans se soucier de ce qu'elle aurait voulu.
Marvelll - Il y a 145 jours
Même si tu n'aimes plus la personne avec lequel tu es, il reste un lien avec cette personne là. On n'efface quand même pas une dizaine d'années de mariage comme ça. On voit bien qu'il est affecté quand il apprend qu'elle le trompait quand même. C'est juste un looser qui est paumé dans sa vie et qui doit faire face à un évènement majeur : la mort de sa femme. Il se retrouve avec deux gosses sur les bras et ne sait pas quoi faire. La quête de l'amant est juste une phase qui lui permettra de boucler son deuil et par delà se rapprocher de ses enfants. On voit dans le film, au fur et à mesure qu'il avance, il se retrouve lui même. Ce qui explique pourquoi il refuse la proposition à la fin. Pour honorer ses ancêtres et accomplir son boulot afin de léguer un quelque chose à ses descendants...
zeugme - Il y a 145 jours
Tu as tort, mais je ne suis pas ton thérapeute. Ceci dit, je ne te juge pas, j'ai souvent tort aussi :B
zeugme - Il y a 145 jours
Il ne l'aimait pas, depuis des années, sa femme. Il sauve sa conscience en faisant son "Si tu ressuscitais, je t'aimerais et on repartirait à zéro". C'est faux, malhonnête, et le personnage le prouve en faisant tout l'inverse de ce qu'elle aurait voulu pendant tout le reste du film.