Bouh !

Avis sur Doom 3 sur PC

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Version PC

Il est des titres qui dès leur sortie marquent la courte histoire des jeux vidéo. Des titres qui deviennent d'instantanés classiques, scotchant à leur écran des millions de joueurs, et continuant à être joués des années durant. Les deux premiers Doom furent de ceux-ci. Aussi, lorsqu'ID annonça le développement d'un troisième épisode, la ferveur fit place à l'excitation, à l'impatience, mais également à l'inquiétude. Celui-ci serait-il à la hauteur de la légende ?

MARS ET ÇA REPART

En 2145, les recherches vont bon train sur Mars, devenue une colonie humaine. L'Union Aerospace Corporation, un congglomérat immense, finance les opérations. Conquète spatiale, biologie moléculaire, téléportation et développement d'armes nouvelles, les champs d'exploration sont vastes même s'il est permis de se demander pour quelle raison on est allé jusque sur Mars pour les faire. Question de discrétion sans doute ? Toujours est-il que régulièrement, des bidasses sont expédiés sur place afin de relever leurs collègues et qu'une récente vague d'incidents a alerté les pontes du conseil d'administration de l'UAC, au point d'envoyer le conseiller Swann qui désire enquèter sur le travail du Docteur Malcolm Betruger, responsable des recherches sur Mars. Celui-ci arrive en même temps que son garde du corps, le marine Jake Campbell, et un marine anonyme que le jeu va permettre d'incarner.

Dès l'arrivée sur Mars, le joueur est mis en condition avec un niveau introductif permettant de se faire la main sur les principaux éléments. L'accent est mis sur la simplicité: on n'est pas dans Deus Ex, et un simple clic sur la plupart des écrans de contrôle permettra à notre marine d'intéragir avec les ouvertures de portes, téléchargements de vidéodisques. Le PDA, annoncé comme "élément indispensable de votre séjour sur Mars", permet de récupérer audiologs et emails, objectifs de mission et codes d'accès. Une fois ces quelques éléments intégrés, notre marine rencontre le Sergent Kelly, responsable des forces armées de la colonie, qui l'envoie chercher un scientique des labos Delta disparu. Après une petite balade en extérieur, le scientifique est découvert alors qu'il cherche à envoyer un message de détresse vers la Terre concernant la dangerosité des expériences du Dr Betruger. C'est alors qu'une énorme explosion retentit, et que l'horreur se déchaîne: une gigantesque onde de choc dévaste la base, transformant la majorité du personnel en morts-vivants et ouvrant des brèches permettant à des créatures démoniaques d'envahir les lieux. Dès lors, il ne s'agit plus que de survivre et tenter d'en comprendre un peu plus sur la nature des expériences ayant cours...

MARINE À BABYLONE

C'est lors du retour vers le commandement des marines que l'on découvre la plus grosse blague du jeu: en 2145, on sait aller sur Mars, y construire des bases, créer des téléporteurs, des fusils à plasma, mais on ne sait pas fixer une lampe de poche sur un flingue. Choix de game design motivé par la volonté de plonger le joueur la majeure partie du temps dans le noir, il est en effet impossible d'à la fois éclairer devant soi et de tenir une arme. Une fois passé outre la stupidité de la situation, on comprend néammoins l'objectif visé par ID Software dès l'arrivée des premiers monstres. Si l'on commence par les entendre, leur apparition dans le halo de la lampe torche n'est pas sans provoquer un léger frisson puisqu'on est alors totalement désarmé et qu'il est nécessaire de switcher vers une arme pour essayer d'aligner l'ennemi entre les deux yeux... sans plus le voir. Contrairement aux deux précédents Doom où il était possible de rusher dans une pièce, nettoyer les lieux en vitesse et ensuite explorer un minimum afin de trouver clés et munitions; il convient ici d'avancer à tâtons dans le noir, d'éclairer la moindre cavité pouvant abriter une créature dangereuse et, lors de l'apparition de celle-ci, lui régler son compte en faisant le plus possible l'économie des munitions. Une fois les lieux nettoyés on est alors libre de fouiller les moindres recoins, les cartouches se faisant parfois rares, mais il n'est pas inhabituel qu'un monstre spawne dans un couloir que l'on pensait au préalable avoir sécurisé. Ce climat de tension permanente est parfaitement entretenu par l'ambiance sonore, garnie de rires sardoniques, de pleurs de femme, de cris de bébés et parfois d'assourdissants silences qui, finalement, sont presque encore plus inquiétants: « Pourquoi j'entends plus rien ? » et il y a fort à parier qu'un hurlement déchirant viendra les rompre, sans parler de l'ennemi venant en bonus.

Afin d'accomplir son petit travail de boucherie, et outre la blaguesque lampe-torche, on dispose d'un arsenal dans la droite lignée des précédents jeux: flingue, fusil à pompe, mitrailleuse, rotative lourde, lance-roquettes, fusil à plasma, grenades et le sacro-saint BFG. Sans oublier l'inévitable tronçonneuse, redoutablement efficace: une fois qu'on l'a, il faut bien le dire, on a moins peur. On avance vaillamment lames en avant, et on découpe dans la joie et la bonne humeur. Le bestiaire est lui aussi fidèle aux précédents épisodes même s'ils sont pour la plupart bien plus dangereux. Les imps notamment ne font pas de cadeau: ils envoient de douloureuses boules de feu, lacèrent, et ont la fâcheuse tendance de débarquer dans le dos ou de se planquer derrière une porte, prêts à sauter au visage. Ça fait peur une fois, deux fois, mais au bout de dix fois on peste un peu contre ce paresseux game design, surtout que la répétitivité guette.

HEY BROTHER, WELCOME TO HELL

En effet, même s'ils sont très réussis, les décors de l'intérieur de la base se ressemblent tous et les premiers niveaux ne sont qu'un enchaînement de couloirs, brièvement interrompus par de trop courtes sorties en extérieur. Si l'aspect claustrophobe fonctionne très bien, côté fun c'est un peu autre chose et il faudra attendre l'arrivée aux Delta Labs, dont les murs ressemblent plus à ceux d'un abattoir qu'à ceux d'un labo de recherche, pour commencer à vraiment passer du temps à admirer les décors. L'exploration n'est pourtant pas un vain mot même s'il est difficile de se perdre et que les niveaux ne sont qu'un enchaînement de couloir: récupérer les PDAs des différents scientifiques permet d'en télécharger les informations. C'est parfois indispensable dans le cas de codes d'accès, c'est souvent utile pour obtenir des combinaisons d'ouverture d'armoires à munitions ou premiers soins, et c'est toujours agréable pour en apprendre un peu plus sur le background du jeu. Lire les emails échangés par les scientifiques, écouter les audio logs alors que l'on explore un couloir sombre, tout ceci renforce l'immersion au sein d'un jeu dont le scénario a finalement peu évolué depuis quinze ans.

Techniquement, il est difficile d'attaquer Doom³. Les monstres sont superbement modélisés et réellement effrayants, le moteur Tech 4 tourne très bien sur les machines actuelles et offre des effets lumineux particulièrement impressionnants dans le cadre d'un jeu basé sur l'obscurité. Il n'est néammoins pas interdit de regretter disposer de graphismes aussi superbes pour les plonger les trois quarts du temps dans le noir, mais les derniers niveaux permettent de réellement apprécier le boulot fait par les artistes d'ID. La bande son est, on l'a dit, efficace, la musique ne se faisant entendre que lors de rares passages mais les effets sonores assurrant le gros du spectacle. Le principal défaut du jeu est sa répétitivité: dans des décors souvent identiques, difficile de ne pas finir par trouver le temps long passées les premières surprises et les premières frayeurs. Il serait dommagé toute fois de ne pas persévérer pour aller au bout, les derniers niveaux offrant un spectacle et un challenge de qualité, boss de fin excepté: de toute ma vie de joueur, je n'ai jamais vu plus facile à tuer.

S'il diffère de ses ainés dans son gameplay et sa conception, Doom³ est malgré tout un titre de qualité qui souffre malheureusement d'une répétitivité pénible durant la moitié de l'aventure. Si les deux premières et deux dernières heures sont haletantes, les autres se ressemblent quand même pas mal et il faudra s'accrocher pour aller jusqu'au bout, mais le jeu en vaut la chandelle.

L'article sur son site : http://gamingsince198x.fr/?p=467
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