Zossima s'inclina, il savait que Dmitri choisirait la passion plutôt que l'honneur.

Avis sur Les Frères Karamazov

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C'est étrange mais après avoir lu un livre d'une telle ampleur psychologique, on a l'illusion d'avoir étudié la psychologie, grâce à la plume de Dostoïevski. On s'immerge dans une trentaine de personnages, grâce à la forme dialogué de son roman. En effet, la moitié du roman doit être sous forme de dialogue, le narrateur donne la paroles aux personnages, laissant filer le roman en même temps qu'évolue le dialogue, la promenade des deux frères, le repas, le procès... On est complètement dans le roman, dans la conscience de Dmitri, on se demande ce qu'on aurait fait à sa place, on se questionne, on réfléchit. C'est le propre de Dostoïevski, nous faire réfléchir, tout en étant ludique, on nous divertissant, en mêlant un discours sur la religion dans une discussion entre deux frères qui se cherchent, Aliocha et Ivan.
C'est foisonnant, le peuple russe nous apparaît vigoureux, toujours prêt aux aguets, très sensible au changement, à la vie et à ce qui se passe en Occident. C'est ce peuple entre deux eau, entre l'Occident et l'Orient, qui cherche son identité.
Le drame d'une famille : la famille karamazov dont le père est un peu abruti par l'alcool. Fiodor Pavlovitch est un père absent pour ses enfants, il ne les a pas éduqué, sans doute pas voulu. Ce drame est typiquement russe. Mais au fond une question unique : Dieu existe t-il ? Est ce à l'homme de définir si Dieu existe où non ? Et si Dieu existe, pourquoi l'homme est t-il si vil ? (Car l'homme est sensé avoir été créé à l'image de Dieu)

Un mûre réflexion métaphysique en plein dans une enquête policière trépidante. On le sait si on a lu auparavant Crime et Châtiment, Dostoïevski est un maître de l'intrigue, il pique la curiosité de son lecteur jusqu'à la toute fin du récit. Car le plus important n'est pas finalement de savoir qui a tué le père, mais bien de connaître le mot de la fin, la réponse à la question métaphysique.
Pourquoi le héros serait Aliocha plutôt qu'Ivan ? Pourquoi dans sa préface, l'auteur nous met en garde, nous lecteur, que ce héros n'est pas ordinaire, qu'il peut décevoir. Il faut comprendre toutes ces inductions. (d'ailleurs j'aimerais relire le livre pour bien m'imprégnier de chaque personnage, chaque point de vue, car là est le génie de Dostoïevski : chacun à son opinion, et l'opinion de chaque s'affronte dans les dialogues. La voix de Dostoïevski n'est ni dans Ivan, ni dans Aliocha, encore moins dans Mme Khakhlokova (quelle cruche, celle-ci) mais dans chaque.
Et puis c'est définitif, j'aime la littérature de Dostoïevski. (voilà, je l'admet)

PS : Tout cela parsemé de citations des plus grands poètes et romanciers russes : Tchekov, Gogol, Tolstoï..

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