Par Babalou - Le 10 octobre 2010
Un jour Alain Damasio a écrit un livre dont on ne m'a dit que du bien.
Un jour, j'ai eu le courage de commencer la brique.
Et ce jour-là, mon monde a changé pour toujours.
La Horde, ce n'est pas juste un livre. C'est un univers. Un monde en soi. Un monde d'une cohérence rare, un mariage parfait entre le fond et la forme, jusque dans les moindres détails.
Avant d'être un style, c'est avant tout une histoire. Qui prend aux tripes, qui retourne complètement tout notre intérieur. Ces 23 hordiers, ils prennent littéralement vie sous nos yeux, ils s'animent, ils se libèrent et ils deviennent VRAIMENT plus que de simples personnages de romans. Dans mes actes, il y a désormais un peu de la rage de Golgoth, beaucoup de l'exigence d'Oroshi et de l'amour de Sov, et j'espère y ajouter un jour le vif de Caracole. Désormais, je cherche ma huitième et ma neuvième forme, j'essaie de trouver celle des autres. Ce livre vit en moi, comme ses personnages, son bestiaire et ses lieux. L'histoire, conçue comme une simple quête, est en fait bien plus complexe et dense que cela. C'est l'histoire de cent vies dévolues au même but, depuis des siècles, et condensée en une seule évocation. Ce sont des années d'expérience brute à dévorer à pleines dents. De la philosophie qui se boit comme du petit lait, des idées magiques qui s'appliquent à toutes les situations de notre vie.
Et avant d'être une histoire, c'est avant tout un style. Changeant, à l'image du vent, il épouse parfaitement ses personnages, et est parfaitement en accord avec le sujet. Je suis sensible au rythme dans un bouquin : qu'importe le style, pourvu qu'il invente sa propre musique. Et bien celle de Damasio résonne parfaitement à mes yeux : tout est limpide, tout glisse et s'enchaine sans un accroc, sans un heurt. On s'en prend plein la gueule, ça oui, parce qu'il n'y a pas de superflu, pas de miel pour faire passer les émotions brutes qu'il véhicule et que les personnages incarnent. Les néologismes, la poésie omniprésente, les rimes, la joute verbale d'Alticcio... C'est un pur délice pour les amoureux du langage. Et c'est VRAIMENT un tour de force d'écrire avec une telle profondeur.
Amateurs de science-fiction, d'imaginaire, n'hésitez pas, c'est un livre complet, à tout point de vue, que l'on se doit de lire tant il est riche et dense.
Non-amateurs du genre, si vous voulez commencer par quelque chose, essayez, c'est une nouvelle manière de le concevoir et de l'envisager.
Oui je suis complètement extatique à propos de la Horde, oui je suis dithyrambique, mais c'est parce que ce n'est pas simplement un livre, c'est LE livre.
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La Horde du Contrevent De Alain Damasio Edité par Gallimard
Le-bloguscribe - Il y a 506 jours
Je suis resté au tome 4 de l'assassin royal, et j'ai déjà connu une certaine fièvre de lecture qui te laisse pantelant à six heure du math (et passablement fatigué le matin xD)
Après, ce qui est compliqué c'est pas tant le texte et son style que sa manière de t'immerger dans son monde d'un coup avant de te disperser aux seize narrateurs qui ne prennent pas la peine d'expliquer.
Le style est riche et recherché mais j'ai pas rencontré de problèmes là-dessus.
Après, je suis assez pour les fleurs aussi :P
otyugh - Il y a 505 jours
Pour les fleurs ? T_T
Surement trop subtil pour moi comme allusion !
Le-bloguscribe - Il y a 505 jours
Pour lui jeter des fleurs, comme disait babalou, pas d'allusion subtile xD
yoffroy - Il y a 389 jours
@otyugh Ow - L'Assassin Royal ? Non vraiment, non. Si j'avais à pleurer à la lecture de l'Assassin Royal c'est à cause de l'immense gâchis dont l'auteure en a fait. C'est immonde.
otyugh - Il y a 389 jours
@l'hérétique : Hé bien, tu prouves au moins que les goûts et les couleurs ne se disputent pas ;-)