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Comics : à chacun son Finnegan's Wake

Comics : à chacun son Finnegan's Wake

  Liste de 12 BD par toma_uberwenig

Chez presque tous les auteurs, il y a une pierre angulaire. Ce n'est pas forcément la plus accessible, mais clairement LE chef d'oeuvre autour duquel gravitent les autres oeuvres.
Chez Joyce, si Ulysse a eu plus de reconnaissance, et clairement plus de lecteurs, c'est Finnegan's Wake qui représente ce centre de gravité. Chez Pynchon, c'est L'arc-en-ciel de la Gravité, chez Faulkner, c'est Tandis que j'agonise, pour Hergé c'est Le Lotus Bleu.
Ce n'est que rarement le plus jouissif à lire, c'est simplement celui qui dit tout, qui ne fait pas de compromis, qui n'a pas pour but de s'offrir au lecteur. Une relation intime et fusionnelle entre le créateur et son oeuvre.

Si vous cherchez comment découvrir un auteur, consultez mes autres listes, ou d'autres listes faites pour ça. Si vous voulez être sûrs et certains de ne pas passer à coté de l'essence d'un auteur, you're in the right place all right!

Suggestions appréciées.

  • Couverture de la BD Planetary
    Sa note
    10
    Ma note -

    Planetary

     

    BD de Warren Ellis (2007) - Lire sa critique

    Si vous hésitez entre ça et Transmetropolitan, il suffit d'une relecture et d'un regard sur son oeuvre pour voir que Planetary, en plus d'être une des meilleures séries au monde, cristallise toute la mythologie d'Ellis, l'essence de son rapport à la conspiration, aux mythes populaires, à la création même. S'il y a un centre de gravité chez lui, c'est l'excellent Planetary.

  • Couverture de la BD Promethea
    10
    Ma note -

    Promethea

     

    BD de Alan Moore (2007) - Lire sa critique

    Ce n'est pas facile pour Moore. Son oeuvre a son lot de chef d'oeuvres, et qui plus est, il joue sur plusieurs tableaux à la fois. Mais sous son aspect anodin de comics un peu barré, c'est en fait une vue en contreplongée dans la psyché même de l'auteur que nous offre Promethea, certainement son oeuvre la plus personnelle, la plus profonde. Alan Moore est un mage, Promethea est son grimoire.

  • Couverture de la BD Préludes & Nocturnes - Sandman, tome 1
    9
    Ma note -

    Préludes & Nocturnes - Sandman, tome 1

     

    BD de Neil Gaiman (2004)

    Gaiman est un auteur plutôt prolifique, dont l'oeuvre est loin de s'arrêter à la BD. Vu la taille, la densité, l'intensité dramatique de la série Sandman, c'est vraiment prendre peu de risque que de la désigner comme pierre angulaire de ses travaux... Totalement indispensable, ça va de soi.

  • Couverture de la BD Preacher
    9
    Ma note -

    Preacher

     

    BD de Garth Ennis (1995)

    Pour Ennis, c'est plutôt une sainte trinité, même si Preacher s'approprie le trône de justesse. En effet, la minisérie disparue Godess, non référencée ici (et c'est une honte) concentre beaucoup de ce qu'Ennis voulait dire, avec la violence et l'humour qu'on lui connait. Et il y a Punisher, une longue histoire d'amour entre un personnage et son auteur. Mais bon, Preacher gagne...

  • Couverture de la BD Lucifer
    9
    Ma note -

    Lucifer

     

    BD de Mike Carey (2000)

    Mike Carey ne donne que dans l'exceptionnel. Je pense que ce qu'il a fait dans Hellblazer est supérieur à Lucifer, mais c'est par Lucifer, personnage emprunté à Sandman de Gaiman, qu'il a su se trouver, et affirmer son potentiel créateur et trouver son identité. Donc, de justesse, c'est Lulu qui remporte la palme.

  • Couverture de la BD Les Germes de la destruction - Hellboy, tome 1
    8
    Ma note -

    Les Germes de la destruction - Hellboy, tome 1

     

    BD de Mike Mignola (1994)

    Pour Mignola, sur le terrain depuis longtemps, c'est par Hellboy, la série dans son ensemble, qu'il s'offre corps et âme. Plus proche par certains aspects de Corto Maltese que de ses homologues anglo-saxons, la saga de Hellboy est la création d'un univers où références sérieuses n'excluent pas poésie, tant visuelle que thématique. Un trait difficile, mais de grandes récompenses pour qui réussit à l'accepter et à l'aimer.

  • Couverture de la BD Les Invisibles
    10
    Ma note -

    Les Invisibles

     

    BD de Grant Morrison (2008)

    Première exception : Grant Morrison aura droit à DEUX oeuvres dans cette liste. Les Invisibles a transformé sa vie, c'est, comme il le dit lui même, un rituel, un hypersigil sous forme de comics. C'est profond, sombre, et ça brasse tous les secrets du monde, de la magie, de la culture populaire, du conspirationnisme, de la SF, bref, si j'étais honnête, ce serait tout simplement Les Invisibles, point final...

  • Couverture de la BD The Filth
    10
    Ma note -

    The Filth

     

    BD de Morrison (2007)

    ...mais ce génial enfoiré a écrit the Filth, qui comporte tous les stigmates du chef d'oeuvre absolu, qui va plus loin que tout ce qui existe, qui déclenche des choses bizarres dans le lecteur, un tel choc, un telle pièce unique, qui ne concentre pas moins les obsessions de son créateur que les Invisibles, et qui donc a sa place ici. Tant pis, c'est ma liste, je triche si je veux.

  • Couverture de la BD Sin City
    8
    Ma note -

    Sin City

     

    BD de Frank Miller (1991)

    Si c'est clairement par Sin City que Miller s'est affirmé tant dans le fond que dans la forme, je regrette de ne pas pouvoir mettre son excellent travail avec Mazzuchelli sur Batman (Vengeance Oblige ou Year One suivant les éditions) et sur Daredevil (Renaissance), qui sont à mon avis plus puissants. Mais un regard sur les pages de Sin City suffit à comprendre que c'est là que se trouve Miller, pas ailleurs. (le 1, le 2 et le 4 seulement, le reste, c'est de la merde)

  • Couverture de la BD 1985
    8
    Ma note -

    1985

     

    BD de Mark Millar (2009)

    On se souviendra de Millar pour The Ultimates, et à raison, car c'est ce qu'il a fait de mieux, de plus audacieux. Mais c'est dans Chosen et dans 1985 qu'il est le plus lui-même, son coté enfant rêveur confronté à la violence d'une réalité souvent trop indigeste, trop cruelle, je pense que c'est ce qui le caractérise le mieux. Cas atypique dans cette liste, donc. J'hésite encore entre ça et les Ultimates, j'avoue.

  • Couverture de la BD David Boring
    10
    Ma note -

    David Boring

     

    BD de Daniel Clowes (2004)

    Si je lui préfère Comme un gant de velours pris dans la fonte, David Boring embrasse plus largement ce qui fait que Clowes est Clowes.
    Donc c'est Boring qui s'y colle, malgré le fait que l'humour du bonhomme n'y transparait pas vraiment. (Peut être que j'aurais dû mettre Ghost World...)

  • Couverture de la BD Black Hole
    9
    Ma note -

    Black Hole

     

    BD de Charles Burns (1995) - Lire sa critique

    Alors est ce que c'est quelque chose qui raconte Charles Burns, cette excellente histoire étrange et moite, ou est ce que c'est moi qui suis content de trouver du Clowes ailleurs que chez Clowes ?
    L'auteur de l'excellent El Borba, catcheur puissant d'humour et de virilité signe un chef d'oeuvre, certes, mais est-ce vraiment le sien ?

1 commentaire plus ancien | Plus de commentaires
Membre SC

toma_uberwenig - Il y a 203 jours

Mmmm, ça sent la contre attaque par liste interposée... Si tu ne me sors pas du Tintin, du Spirou ou du Scrameustache (amour de jeunesse, cela dit), mais plus dans la zone Julie Doucet, Les Mousquetaires de l'Impossible de Pierre LaPolice, Fmurr, Corto Maltese (encore que décréter un Corto Maltese ultime, c'est difficile), il y a aussi le gars qui sort dans la même édition avec un trait qui ressemble vite fait et des scénars assez sombres et poétique mais dont j'oublie le nom, ou encore la série Philémon (mouais, finalement y a peut être de quoi faire chez les français, je suis impatient maintenant!). Liste, l'ami, liste!

Membre SC

SullyRay - Il y a 200 jours

Desole de faire le chiant, mais la pierre angulaire chez Faulkner, c'est clairement le Bruit et la Fureur...
(c'est bon j'arrete)

Membre SC

toma_uberwenig - Il y a 200 jours

Mais non, voyons, même si c'est une faute de goût assez communément admise (ouais, faute de goût, carrément! :-) ).
Blague à part, les vrais, les spécialistes qui ont étudié Faulkner jusqu'au bout, en allant jusqu'à tout lire trois fois à l'envers pour comprendre les secrets de l'univers ont même tendance à dire que, bien que moins poseur que Tandis... et moins délibérément chiant que le Bruit (provoc gratuite, je sais, je suis comme ça), ce serait plutôt Lumière d'Août le Vrai, le Graal faulknerien. Ayant perdu la quasi intégralité de mon mana littéraire, je ne suis pas allé vérifier.
Mais c'est c'qui s'dit, dans les couloirs des sectes Faulknerienne...

Membre SC

SullyRay - Il y a 199 jours

C'est assez vrai d'un cote, mais la cle chez Faulkner serait plutot Le Bruit et la Fureur, le point focal autour de quoi tout tourne parce que c'est un peu l'element le plus marquant pour Faulkner lui-meme et aussi ce qui le fait entrer dans sa periode la plus productive. Je me base vraiment sur les mots de Faulkner lui-meme.
Enfin au fond j'en sais rien et on s'en fout.

Membre SC

toma_uberwenig - Il y a 199 jours

Ben ça me fait un peu penser à Eraserhead pour Lynch (désolé si tu fais partie des détracteurs du réalisateur). C'est clairement la pierre angulaire, le point de rotation de son oeuvre, et dans un sens un film "somme", tout est déjà là, mais ce n'est que plus tard que lui même arrive à maturité et digère son propre film.
C'est souvent le cas d'ailleurs. Deleuze dit qu'une philosophie ne s'aborde pas chronologiquement, mais par le milieu, et il étend ça aux artistes aussi. Je trouve que c'est pas con.
Mais bon comme tu le dis, on s'en fout un peu, il est pas question d'avoir raison ou tort (surtout en matière de goûts!), on fait la causette, c'est tout :-)