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de vos éclaireurs le suit :
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OVBC, POURQUOI TES CRITIQUES SONT-ELLES POLITISEES ?

J'ai eu de nombreuses remarques à ce sujet. Des remarques plus ou moins acerbes ou compréhensives. Cela me vaut l'inimitié des uns et l'intéressement des autres. Aujourd'hui, c'est la première fois que je peux m'expliquer sereinement (d'habitude l'on est un peu moins dans le dialogue, même chez ceux qui décident d'eux-même, arbitrairement, de dépolitiser la culture).

Bref.

Il y a deux raisons principales à la politisation de l'objet culturel.

La première est le fait que je considère - ma subjectivité considère - que le rapport manichéen (bon/mauvais ; bien/mal ; ennui/distrayant) ne suffit pas pour cerner une oeuvre, voire cette conception que je qualifie d'idéaliste (puisque si tel objet est mauvais ou bon, cela tient à la représentation idéale que se fait le spectateur de l'objet culturel, avec plus ou moins de talents par ailleurs) me paraît vain. Cette conception me paraît vaine car elle ne trouve aucune vérité, sinon la vérité de l'être seul contre toutes les autres vérités (soit environ sept milliards de vérités sur Terre).

C'est qu'alors il faut ajouter à cette idéalisation du jugement de valeur de l'objet culturel, il faut lui agréger une autre conception. Autrement dit, il faut dépasser l'être et sa vérité, lesquels ne trouvant guère de vérités intersubjectives (sauf quand elles se mettent d'accord sur la qualité de l'objet).

J'ai donc choisi l'expression politique. C'est mon chemin. Il est contestable pour ce qu'il est mais, au moins, il dépasse mon être. Je ne puis être critiqué sur ce fait par un autre être qui a décidé de faire comme si de rien n'était.
Certains objets culturels ne peuvent pas tellement être politisés sans commettre un abus. En revanche, tous figurent dans un espace social et économique, dans un historique, bref dans un contexte qu'il convient de définir.

Donc, premièrement : trouver des vérités plus grandes que soi.
Deuxièmement : la justice.

Pourquoi politiser ? Pourquoi opter pour des vérités dont nous savons pertinemment qu'elles n'ont de véritables que l'angle et la perspective par lesquelles nous les voyons ?

Comme je l'ai suffisamment écrit sur mon profil, il est aussi vain de considérer que tous les objets culturels se valent aux yeux d'une société donnée. Cette société a des lois. Elle a une culture. Un ordre économique. Un ordre socioculturel. Donc toutes les créations ne se valent pas, ni sur un plan de qualité de l'oeuvre ni sur un plan de nature ni dans le rapport que cette création possède dans une société. Autant de divisions qui font que l'objet culturel est nécessairement trié en finalité, c'est-à-dire jusqu'à ce que nous percevons le résultat de ce tri sélectif infrastructurel (huhu). Une oeuvre culturelle n'est jamais ce qu'elle est pour elle-même. Elle le serait si, et seulement si, il n'y avait point d'humanité... Or c'est de l'humanité, elle-même divisée dans ses intérêts, que provient l'art et la culture. La civilisation. Et pour concevoir un jugement, je dois à la fois me situer dans cette humanité mais aussi dans l'histoire de la civilisation dont je fais parti. Bref, me situer puisqu'il faut nécessairement dépasser ou plutôt ajouter au jugement de mon être.

Cette conscience peut se révéler moraleuse, arrogante, condescendante. Nécessairement. Je dis nécessairement car tout dépend de l'angle politique avec lequel on observe. Me concernant j'ai opté pour la conception marxiste culturelle. Parce que je perçois bien qu'en société, nous n'avons pas les mêmes intérêts. Parce que je perçois bien qu'il existe et persiste des inégalités tant dans l'humanité que dans les arts de cette dernière. J'aurais pu opter pour une conception philosophique mais cela m'aurait condamné à un sophisme dont la seule préoccupation est la vérité... ou plutôt les vérités. Me concernant, je m'intéresse à la justice de mon être au milieu de tous. Autrement dit, il faut me pencher sur mes intérêts propres. Et ma nature d'être au milieu de tous est d'être un travailleur compris dans un système où le travail est si injustement récompensé et valorisé. A partir de là, il faut entendre pourquoi et comment le travail est soumis à des inégalités de justice, notamment face à la culture et à l'art.

Par conséquent, je condamne fermement tout reproche qu'il sera fait sur cette conception. Il n'y a pas, par exemple, de "branlette intellectuelle", à moins que l'on considère que tout ce qui dépasse le jugement par l'être seul comme étant de la "branlette". Et si l'on insiste, c'est une vaste hypocrisie que je dénoncerai à loisir, vu les conceptions majoritairement idéalistes perçues sur Sens Critique.
De toute façon, tout effort intellectuel est un jour ou l'autre perçu comme de la "branlette" : c'est le credo de celles et ceux qui ne font pas d'efforts intellectuels et qui n'ont aucune audace singulière.


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VERSION ALTERNATIVE

L'argument tautologique de l'art pour l'art, comme si le message politique pouvait en être distingué, me paraît être un argument réducteur. Pour moi, le cinéma, c'est un art total de masse. C'est un socle qui fait ce que je pense à propos. Si je pars du principe que le ciné c'est technique et que je considère juste cette technique, comme un îlot distinct, j'arriverai à une conclusion qui n'est certainement pas une critique cinématographique (cinéphile ? ça se défend). J'utilise souvent cette définition de l'art total de masse par ici pour montrer à quel point sa réalité, au film, rayonne sur notre manière de percevoir le monde. C'est une sorte de miroirs où les idées qui circulent sur la pellicule sont déjà présents dans la société (là c'est un peu différent dans la mesure où il est diffusé sur le net, donc coût très moindre, profit maxi #paradoxe). C'est un art total donc une réalité suffisamment falsifié pour notre identification, et donc efficace pour la distorsion de messages, la diffusion de messages idéologiques. Si on distingue la politique, le contexte et l'image (considérant que l'image est une poésie technique en elle même #artcontemporain), alors on oublie le caractère total de cet art, et de manière arbitraire de surcroît.

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SYMPATHIE, DEFINITION

Quel lieu plus approprié que le réseau social pour parler un peu de la sympathie ?

Au sens étymologique du terme, Hume la décrit comme étant la "faculté de partager la passion des autres". Et pour bien comprendre ce qu'est cette passion, c'est au niveau anatomique que je trouve la sympathie tout à fait manifeste. Quand deux fonctions, deux organes fonctionnent ensemble, qu'ils s'épousent pour le pire comme pour le meilleur dans l'unique but de maintenir la santé d'un ensemble édifié, c'est ici qu'on observe le mieux la sympathie. Tous les organes de manière générale fonctionnent ensemble, mais il en est certains qui sont copains comme cochons comme par exemple : l'estomac et le canal intestinal. On y pense pratiquement jamais car c'est dégueulasse mais l'acte d'accepter tel aliment et pas un autre est une des premières intelligences sympathiques du corps humain, et même de l'évolution humaine. Il y a tant et tant de sympathies dans le corps humains, même au niveau cellulaire et intracellulaire qu'il serait fastidieux d'en étudier d'autres.

J'ai l'air de faire mon Bogdanov ou mon Jean-Claude Van Damme quand je raconte tout ça mais quand je trouve une chose "sympa", cela a beaucoup de sens à mes yeux. Et, donc je répète, quel est le meilleur endroit qu'un réseau social pour vanter la sympathie ?


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MON PORTRAIT GENERAL

Je suis de ces cinéphiles qui sont conscients. Très souvent, je fais preuve de légèreté mais il arrive que, même au travers de la légèreté, sur une comédie bon enfant par exemple, j'en arrive à en penser la drôlerie : pourquoi, comment c'est drôle, pourquoi c'est montré sous cette forme, etc.

C'est bien gentil de se dire "conscient" mais "conscient comment ? Tout le monde se revendique de la conscience ou de la liberté. Il me faut préciser. En fait, ma vision politico-cinéphile est indissociable à la politique du cinéma en lui-même, de sa conception, dans sa réalisation, dans sa distribution et dans les lois économiques et culturelles qui le régissent. De ce fait, je suis ce qu'on appelle un matérialiste : je tente d'exprimer les intérêts des formes que peuvent prendre le cinéma, sa physionomie, sa physiologie, son architecture intérieure.

Il est clair qu'on peut me reprocher l'interprétation, de tirer la couverture sur mes idées plutôt que sur un aspect objectif ou subjectif des oeuvres (enfin bon, si ce n'était que mon avis, réduis à une peau de chagrin de mon égo, je ne le partagerais pas ; je le garderais pour moi et je le rangerais dans un tiroir, je ne le mettrais pas sur le net.)
Je préfère en fait mille fois qu'on s'engage sur un point de vue plutôt que de partir en quête d'une vérité pas toujours très honnête. Je préfère donc l'interprétation politique (même si je me trompe) car rien ne tient au hasard ou au subjectivisme dans le cinéma. Ce non-hasard et ce non-subjectivisme sont les deux postulats auxquels j'adhère.

Il n'est pas tellement possible de regarder le cinéma "simplement", avec simplicité. Même le nanard le plus débilitant est le produit culturel objectivé d'une société économique et sociale. Et ceux qui pensent que je me monte la tête parce que je regarde plus que le cadre des lucarnes, je les conchie bien souvent.
Je peux me tromper sur tel ou tel sujet par erreur ou ignorance, je le répète,
On peut aussi me reprocher d'apposer des filtres parasites sur la critique que je fais des films mais on ne peut pas me dire de regarder le cinéma pour ce que le cinéma me montre. Parfois, je pense à cette dernière vision (regarder le cinéma pour ce qu'il est) mais à vrai dire cette manière de concevoir le cinéma est du pur formalisme... pour ne pas dire d'une vanité exécrable.

J'estime regarder beaucoup d'oeuvres. Ce que je tiens de tout coeur, c'est regarder absolument de tout et je tiens aussi que dans ce "tout", la culture dominante ne soit pas forcément la mienne. Par exemple, quand je mets 9 à Robocop et 5 à M le Maudit ou aux Enfants du Paradis, il y a une vision cinéphile derrière, et pas forcément la plus contemporaine.

(ce qui pose la question : a-t-on le droit de noter une oeuvre ? - ouhlà, ça se corse).

Je tiens à dire aussi que j'aime la télé car elle est une aide précieuse pour constituer ce "tout" sérendipien.

Je ne crois pas que je rechigne à voir une quelconque oeuvre. Il est possible que je me trompe, que cela ait pu arriver mais je ne rechigne pas. Même Joséphine Ange-Gardien, je regarde pour les mêmes raisons que m'inculquent ma cinéphilie.

Dans ma cinéphagie, il y a beaucoup de déchets. Et comme il y a beaucoup de déchets, je tiens que les perles restent des perles. Et si par malheur, je conçois le visionnage d'un "grand" film, cette vision m'effraie... et j'atermoie ce visionnage.

J'appelle à une certaine conscience de sa propre culture : les films que je regarde - comme pour beaucoup - sont majoritairement américains, puis français puis européens puis asiatiques puis tous les autres.
Quand je dis majoritairement, cela signifie qu'une moitié de mon activité cinéphile est consacrée aux films de l'époque à laquelle je vis. L'autre moitié regroupe toutes les autres époques.
Et encore, je m'estime heureux car chez beaucoup de dits cinéphiles qui n'ont aucune conscience et qui agissent avec le cinéma comme le ferait n'importe quel bétail, c'est toute leur activité cinéphile qui est contemporaine et hégémoniquement américaine.

La nationalité des oeuvres (plus que l'époque) est extrêmement importante. Un p'tit empaffé (Torpenn) m'a dit l'autre jour que considérer la nationalité d'une oeuvre, c'était s'abaisser à un menu détail.
Or je constate que bon nombre de listes (par exemple) ne recensent que des films américains - et là, les gens deviennent alors leur propre censeurs, ce qui constitue aussi la plus grande et parfaite censure de toute l'histoire de l'humanité.

Il faut refaire Fareinheit 451. L'autodafé, c'est démodé. Maintenant, pour censurer, il suffit de montrer à une population mondiale ce qui est bon pour qu'elle en déduise que ce qui est bon finit forcément par apparaître. Telle était la petite musique de Debord et je dois avouer qu'il avait raison sur ce point, tout comme avait raison Gramsci bien avant lui.

La nationalité d'un film est importante. C'est important car l'économie et l'histoire organisent des filtres pour nous et la sachant profondément inégalitaire cette économie historique. C'est pourquoi il est très important de voir ailleurs si le cinéma y est.


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AVIS A LA POPULATION

Non, mon pseudo n'a rien à voir avec un groupe financier bancaire ou patrimonial. Je ne suis pas non plus une boîte d'intérim.
C'est l'ironie du sort qui s'acharne sur moi comme un nuage gris et pluvieux qui me suit. Au secours.

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APPRECIER ET NE PAS APPRECIER UNE CRITIQUE

Dans le cas où nous sommes le critique négatif, on attaque ce que le film a pu construire.
Dans le cas où nous sommes le critique positif, il faut re-construire, redoubler d'efforts et de vigilance dans la qualité et l'élaboration de la critique négative. Il ne faut pas se reposer sur les lauriers du film, sous prétexte qu'ils sont explicites. Ainsi, nous le voyons, la critique positive est plus compliquée que la critique négative et encore, cela dépendra de la présence et de la qualité de réflexion. Or combien de fois ai-je vu comme prétexte ultime, pour attaquer un film, et pour une grande majorité des gens, le fait de s'ennuyer constituait une preuve de la mauvaise qualité d'un spectacle ! Alors que l'ennui, plus que sa subjectivité, est une conséquence. Ce que je fais, le plus souvent, c'est de comprendre pourquoi je m'ennuie.

Personnellement, je suis impitoyable sur les critiques positives : emplir sa critique de superlatifs est pour moi une grave erreur. Pour moi, le but de la critique c'est de sortir de soi, de faire ce mouvement, essayer de créer un lien vers l'autre. Loin de moi l'idée de faire la morale, je voulais rétablir ce qui me semble être une vérité très plausible.


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BAREME

Oh, sans doute cela n'intéresse personne mais noter un film, on peut s'y refuser. Pour ma part, j'observe cependant un certain sens aux notes que je peux attribuer. Un sens suffisamment récurrent pour que j'éclaircisse ce point de ma vie sur SC.

1 : L'oeuvre me met en colère, souvent d'une idéologie bourgeoise et ne présente aucun intérêt à être défendue... même dans l'optique de défendre le "droit à la différence". Hormis ces traits caractéristiques à la note la plus basse, il est possible de trouver des oeuvres vraiment affligeantes.

2 : L'oeuvre ne me met pas en colère et est mal conçue.

3 : L'oeuvre n'est pas très habile mais se laisse regarder. Jetable.

4 : L'oeuvre est intéressante mais rate le coche.

5 : L'oeuvre est intéressante... mais quelque chose me gêne, souvent sur le fond, plutôt que la forme.

6 : Honnête. La conception de l'oeuvre explore tous ce qui se trouvait dans son intention. C'est dynamique, agréable... Même si ce n'est pas intéressant.

7 : L'oeuvre est utile. Elle fait preuve d'une réflexion, d'une vision qui m'a étonné sans forcément avoir été sous le charme.

8 : L'oeuvre est intéressante pour discuter du sujet abordé. La réflexion (objective ou subjective) a pu m'influencer ; c'est dire le poids de l'oeuvre : elle appelle à socialiser, à m'impacter comme une comète forme un cratère sur la Lune.

9 : L'oeuvre est intéressante, complète. Elle interpelle et appelle à la discussion sur le sujet abordé et, en plus, elle est une pièce maîtresse dans l'histoire du cinéma ou elle est plus que son sujet lui-même.

10 : L'oeuvre est affective et déterminante. C'est une note que je n'aime pas car elle est purement subjective.

NOUVEAUTE 2019

Instauration d'une formule pour constituer la note. Elle se divise en trois parties sur 10. Une partie artistique, une partie émotionnelle et une partie politique. Pour des raisons d'équilibre dans la note, la formule de la note se calcule comme suit : ((artistique+émotionnelle)/2 + politique)/2.

Certaines notes pourraient être réactualisées de ce fait.


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LA CRITIQUE SANS QUOI IL N'EST POINT DE RAISON

A vrai dire, je m'interroge sérieusement. Je suis interloqué comme qui dirait.
Nous connaissons les opinions, politiques parfois, des uns, des autres et je ne cache pas, pour ma part, que chaque parole que j'écris est profondément empreinte de politique, parfois avec une vision de classe et de matérialisme. Mes textes de présentation sont eux-mêmes marxisants, bon sang ! Et pourtant, certains adversaires de ce positionnement, de cette lecture très marquée du monde - ou du moins manifeste - ne sont pas les derniers pour aimer ce que j'écris. Ils sont rares mais je veux les saluer ici.
Que me vaut l'honneur d'être distingué d'entre ces lèvres profanes ?

Alors, je veux bien que je sois distinct de tout autre discours ; je veux bien qu'on m'élise entre tous pour mon son de cloche différent ; je veux bien qu'il importe peu les accords politiques, les petites opinions de chacun du moment que la pertinence émerge du discours.

En revanche, chassez le naturel, il revient au galop ; il y a forcément un moment où je suis agaçant si mon lecteur est du bord politique "opposé". Tôt ou tard.

En tous cas, toi, qui me lis, tu es une belle leçon, une très belle leçon : je ne pense pas à l'humanisme, ni à ce qu'on raconte sur Voltaire mais c'est assez beau, je dois reconnaître. Je le reconnais, à graver à mon bon souvenir.

Quel cinéma pourrais-je aimer si, de prime abord, je ne me confrontais pas, à tâtons, par touches de déduction, au cinéma de l'autre ? Quelles idées pourrais-je défendre si je venais à n'en écouter que les miennes ? Quelles personnes pourrais-je convaincre si je restais campé sur mes ergots sans y aller de mon corps ?

J'ai des choses à défendre, pas tant de vertus que la dignité, mais de minuscules choses. Si elles sont inamovibles, ce n'est pas une bêtise obsédante parce que je peux être apprécié pour cette bêtise. Si je suis apprécié, ce n'est pas à mes talents de girouette ni pour mon haleine de tabac froid. C'est tout simplement parce qu'il y a toujours cette lueur qui m'anime, ces minuscules choses indéboulonnables.

Il est possible de me traîner dans mes propres archaïsmes. Il est possible de contrecarrer mes volontés de messages et de principes au titre qu'elles sont inadaptées au monde présent ou même à ce qu'il peut être. En revanche, il existe une chose sur laquelle il n'est possible de me reprendre : je fais en sorte de ne pas être complaisant.

Parce que... la complaisance est l'asphyxie de l'exercice de la raison.

Considérant tout le cinéma comme un art éminemment bourgeois du fait de sa complexité technique, son coût onéreux, ses réseaux relationnels, un art bourgeois plus que tout autre art, pourquoi aimerais-je le cinéma comme je l'aime ?

Pourquoi j'en aime sa sociologie, le tri socioculturel qu'il génère ?

Pourquoi si ce n'est que c'est, pour moi, le laboratoire des idées humaines et le miroir de notre société ?

La raison critique car la critique nous anime. Cette critique vient de soi, mais prioritairement des autres. C'est pourquoi, dans l'univers critique, l'écoute revient à se soustraire. C'est pourquoi il faut remercier les autres de l'effort critique, même si parfois cet effort ne nous paraît complètement légitime.

Oui, parce que c'est un don. La lecture critique de l'autre est un don et qu'en plus, ce don est la preuve manifeste que ce que j'ai écrit était suffisamment pertinent pour être distingué. Parce que c'est une distinction qui m'est donnée. Nous nous donnons. Je sais que je suis le seul à faire cela mais pour moi, c'est une chose précieuse qui doit être saluée et en laquelle je trouve quelque humanité.
Parce que appuyer sur des boutons, c'est facile.

Merci à MrOrange.

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LA CULTURE DOMINANTE ET SENS CRITIQUE

Concernant la cinématographie en France et ailleurs, je crois que tous les cinéphiles partagent les mêmes inquiétudes et que peu en sont conscients. Plus que les fortes disparités culturelles, que ce soit en terme de structures culturelles ou que ce soit en terme de géographie (Ah Verdun ! Souvenir impérissable...), des populations entières de notre territoire souffrent d'une double aliénation : l'une est liée à la distribution, l'autre à la production cinématographique en elle-même. Et tout ce qui renvoie ces disparités accuse un mauvais fonctionnement, elles indiquent que nous nageons dans l'abêtissement le plus abject.

J'ai failli ne pas utiliser un site comme "Senscritique" parce que, justement, ce site renvoie l'image culturelle sociale : des films dont l'origine est très limitée, avec de fortes inégalités de budgets, avec peu de création au total et le tout empaqueté dans une volonté de ne jamais critiquer cet état des choses. C'est tout l'art qui en pâtit : nous devrions avoir un système de production et de distribution basé sur les besoins, notamment le besoin de créer et de voir de l'art. Nous ne devrions pas avoir un système qui compte les spectateurs dans les salles, histoire de calibrer tel ou tel film, pour une meilleure plus-value. Cinéphiles, unissez-vous !


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LE TRAVAIL DE SISYPHE DU CINEPHILE AU TRAVERS DU TRI DE L'HISTOIRE IMPOSE PAR LA CULTURE DOMINANTE

Qu'on se le dise : un film est critiqué et demain il est porté aux nues. Il n'est guère possible de spéculer sur l'avenir d'une oeuvre : peu importe qu'elle soit miséreuse ou largement connue, la notoriété d'une oeuvre va et vient (il est d'ailleurs intéressant d'observer en quoi une oeuvre est notoire a un moment précis dans un contexte économique, social et culturel donné).
Par exemple, il y a quelques années, j'avais découvert Schizophrenia. Le film était totalement oublié, littéralement trié par l'histoire... Et bien, aujourd'hui je suis heureux de voir que je ne suis pas seul à y trouver un intérêt.
Et chaque mercredi qui passe, jour des sorties, je me dis qu'il y a forcément quelque chose qui m'a échappé et qui me reviendra (peut-être) avec un reflux intense. Quel travail harassant et de sourdingue que la cinéphilie ! C'est pire que de nettoyer les écuries d'Augias. Et encore, cela ne dit pas toute la vigilance qu'il faut avoir : il est plus facile pour oeuvre largement diffusé d'être reconnue par la suite (je pense à Terminator qui a accédé au Panthéon du cinéma américain il y a quelques années, et ce en moins de 20 ans).

Rien que pour cela, peut-être qu'un film dont je critique violemment aujourd'hui l'intérêt peut avoir au fil du temps une saveur autre ou un intérêt non immédiatement perceptible. Il est possible que tout puisse nous échapper ou... Peut-être que ce même film me reviendra plus tard, en se disant dans son for que les occasions ne soient pas uniques.

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VOIR, EST-CE SAVOIR JUGER ?

Quelqu'un m'a demandé, à propos d'un film censuré au Mexique, si je l'avais vu pour que je puisse le juger.
Et puis de toute façon, la question n'est pas la censure ou le Mexique, la question de fond, c'est :

Voir, est-ce savoir juger ?

De manière générale, "ne juge pas avant de voir" résonne comme un précepte, comme si c'était une caution de la vertu et de la sagesse. En réalité, cette sagesse de Saint-Thomas n'aboutit pas souvent à mieux sa-voir. Voir permet tout juste de préciser l'orientation de nos préjugés initiaux ! Il y a un moment où il faut être honnête...

Pour celles et ceux qui pensent que tout est pensable, qu'on peut tout discuter, ces personnes-là se trompent lourdement car à un moment ou un autre, elles finiront par raconter une belle connerie.

Loin de moi de faire l'apologie du préjugé et de l'emporte-pièce mais il apparaît quelques fois que le préjugé soit vu comme un condensé et non plus seulement un préfabriqué de la pensée. Il devient comme quelque chose de salutaire, qui préserve notre énergie pour la redistribuer ailleurs et autrement. Si, aux yeux d'un autre, le préjugé fusille, étiquette, au point d'être désobligeant, il y a de quoi s'offusquer... C'est légitime ! Le préjugé est une injustesse de nature. En revanche, l'acte de voir, de vérifier nos préjugés, ne permet pas d'en sortir, ne rend pas nécessairement plus juste (justesse ? justice ?)

Toujours est-il qu'à mon sens, voir un film ne suffit pas à m'en faire une raison. Voir n'est pas une compétence.
Ce n'est pas non plus faire l'apologie du dénigrement, faut pas charrier.

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LES SOUFFRANCES CAUSEES PAR LA CULTURE DOMINANTE

J'ai mal au cinéma.
Les quelques films qui ne correspondent pas aux diktats de la culture cinématographique ou qui sont produits dans des pays pauvres ou vaincus sont tout bonnement censurés.

Chaque jour, nous regardons le cinéma du plus fort.

Les sites Senscritique ou Allociné, les magazines et revues ne sont pas exempts de tous reproches.
Mais c'est ainsi que nous perdons énormément d'oeuvres avec ce tri capitaliste de l'histoire. En effet, oui, j'accuse un certain mode de pensée qui préfère tirer du profit au détriment de la qualité culturelle. Il y a des millions de films dans le monde tandis que les systèmes de productions et de distribution ont les yeux rivés sur l'Amérique depuis l'après-guerre ! Bien naïf celui qui pense que les oeuvres dignes d'intérêt finissent tôt ou tard par être reconnues... Non, au contraire, je crois qu'il est bon de suivre le précepte de Debord lorsqu'il dit : "Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon."

C'est pourquoi je n'oublie pas qu'il faut continuer de chercher, en faisant fi de ses a priori, en allant dans des ciné associatifs et de quartier, en se méfiant de ce qui est distribué (même dans les quartiers), de ce qui transparaît des pays étrangers dans notre pays - le plus souvent, nous avons à faire à des clichés culturels ou mieux encore, une propagande d'Etat.

Faîtes votre cinéma.
Regardez à l'est !
Regardez dans le passé...
Pour voir si nous n'avons rien oublié...


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Si j'ai laissé une note sans critique, venez discuter ! Je me ferais un plaisir de justifier une appréciation laissée à l'abandon...

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UN CINEPHILE LUTTE CONTRE SA PROPRE ALIENATION EN MEME TEMPS QU'IL LUTTE CONTRE L'ALIENATION DE LA CULTURE DOMINANTE

Certains films impactent notre appréhension de la vie, nos expériences ou même notre personnalité. Il me semble avoir dit moi-même que certains me replongent dans mes propres expériences.
Il n'est pas possible d'échapper à une introspection, à ce regard intérieur qui fait qu'en regardant un film, on se regarde soi-même. Et de ce fait, chacun adapte ses soins à soi-même ; chacun choisit le voyage.

Je ne remets pas en cause cette faculté, bien entendu. Malgré tout, ne pas saisir la démarche d'un auteur, le discours d'un film en se repliant derrière son être et sa manière d'être, c'est oublier quelque part cet acte objectif d'un spectateur qui va vers le film pour juger de son oeuvre plutôt que l'inverse. J'estime aussi que, si le cinéma est un art massif et total, il ne peut pas être apprécié que dans la réduction d'un seul esprit. Il renvoie forcément à quelque chose de plus grand que soi, de sociétal. Même la comédie la plus bas du front est un fait social, culturel et économique en elle-même. Pour certains d'entre nous, un film est une rencontre dont on attend une alchimie ; ce n'est pas non plus mon avis : je vois le film pour le travail qu'il accomplit en lui-même. Le fait qu'il abolisse cette distance et qu'il entre en nous-même est, de mon avis, une chose indépendante de la volonté artistique.

Voilà ce que je peux dire, pour que personne ne renonce à voir un film sous prétexte que cela le renvoie à lui-même, ou que telle séance est une torture.





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NE PAS LIRE LA SUITE (***** en construction. Chantier. Warning. Interdit au public. Port de casque obligatoire)

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Répartition des notes

  1. 429
  2. 573
  3. 691
  4. 783
  5. 679
  6. 1296
  7. 1055
  8. 448
  9. 145
  10. 25

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