Finally I'm Dead

Avis sur 1184

Avatar Leboyyy_christopher
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Voyez, au delà de l'aspect rationnel, que cette stèle enclavée dans la roche, surplombée par les collines glacées, les vallées atypiques du Sogneford qui se reflètent à travers la placidité et la pureté des eaux bleutées sinueuses, constitue et compose l'expression d'une figure figé dans le temps et dans l'espace, un destin tragique, une éternelle légende. Ainsi, la seule vision de cette toile du peintre Johann Christian Dahl, trouble et fascine tant l'esprit de Valfar semble présent lorsque l'on écoute ce chef d'oeuvre qu'est "1184".

Alors que Arntor incorporait de nombreux éléments folkloriques dans ses compositions, avec notamment une production plus atmosphérique, celui ci s'avère être clairement plus violent, mais d'une beauté tout aussi parfaite. Peut-être ce changement est il dû à la participation de Hvàll, à l'époque le bassiste de Ulcus, un autre groupe de la même région dont les musiciens viennent s'ajouter à la formation de Windir, même si Valfar assure toujours la majorité des instruments.

L'album s'ouvre avec "Todelwaser" qui annonce la couleur : les guitares mélodieuses virevoltent à travers les cordes, se mêlant à la puissance des trémolo picking, et à la cadence de la double caisse. On comprend dès lors que Windir se distingue par la complexité de ses compositions basée sur l'enchevêtrement appliqué et précis des lignes de guitares. La track suivante, éponyme est peut-être la meilleur du disque. Utilisant les ingrédients évoqués précédemment, elle parvint à superposer trois ou quatre guitares mélodiques de façon remarquable. Il en résulte une force particulièrement évocatrice, notamment lorsque arrive le chant clair de Cosmocrator, l'accordéon de Valfar fait alors son entrée, s'associant à la maestria instrumentale. Ainsi, Valfar revient sur la victoire décisive du roi illégitime de Norvège Sverre Sigurdsson dans la bataille de Fimreite contre le roi Magnus V et le massacre de son village natal notamment des fermiers menés par Arntor qui avaient choisit de se rebeller contre l'autorité de Sigurdsson.

On entre ensuite dans un registre plus violent, les riffs se révèlent agressifs, furieux, les lyrics sombres et malsains dans "Dance of the Mortal Lust", ou encore dans "The Spirit Lord", qui contiennent aussi de superbes harmonies instrumentales ou les nappes de synthés cristallins utilisées à très bonne escient viennent renforcer l'agencement musicale. À partir de "Heidra", les claviers se font plus présents, les riffs, les mélodies fluctuent, se transforment . Le shriek de Valfar résonne comme un cris de de rage, les textes noirs et pessimistes évoquant les perversions et vices de l'homme dans "Destroy", et dans "Black New Age".

L'intensité et la violence de la musique se substitue à la mélancolie, la nostalgie d'une air révolue lorsque interviennent les synthés et les chants majestueux. Les transitions soudaines entre ces deux atmosphères sont splendides, riches d'une beauté si particulière à Windir.

Vient ensuite l'apothéose du disque : "Journey To The End" , une expérience, une jouissance auditive indicible pour tous fans de Windir, mais aussi un vague sentiment de mélancolie et de perplexité à la pensée de cette légende qui, à plusieurs reprises, semble avoir prédit sa propre mort.

A fate, a destiny, an inevitable early death
Finally I'm dead,
And the vision is revealed for everyone else

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