Le meilleur album de Beach House ?

Avis sur 7

Avatar Gary Stu
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Entre la sortie d'un B-Sides, les singles sortis pour promouvoir ce nouvel opus et le lancement d'une nouvelle tournée, Beach House a réussi à nous faire oublier que depuis leurs derniers albums, trois années ont passé. Pour autant, le groupe a-t-il préféré nourrir le flux médiatique plutôt que travailler sur leur musique ? Que nenni ! En effet, d'aucuns pourront déclarer, plein d'assurance, qu'il s'agit de "l'album de la maturité" pour Beach House.

Ce sentiment peut se mesurer au changement de mood qu'opère Beach House sur 7. Les singles l'avaient déjà annoncés - surtout Dark Spring qui n'ouvre pas l'album par hasard : Beach House emmène sa dream-pop vers le shoegaze, celui de Bloody Valentine ou Galaxie 500, embrassant un mood plus obscur, plus nonchalant. Les gentilles ritournelles qui parsemaient leur morceaux, les rendant doucement entêtants mais aussi naïfs et moins résistants aux réécoutes, sont ici absentes pour de bon. Ce son, cherchant davantage à capter l'éclaircie dans le ciel ombrageux, moins aérien et léger que par le passé, apporte à l’œuvre de Legrand et Scally un vernis rock, plus sophistiqué.

Beach House a toujours su produire de bons sons. Certains ont un charme un peu fragile, certes : une majorité des morceaux composant les deux albums de 2015 ont vite asséchés leur puissance d'émerveillement. Avec 7, Beach House semble avoir trouvé la clé : l'album est bardé de morceaux envoûtants et maîtrisés, rejoignant immédiatement les cimes trustées par Bloom et Teen Dream qui égrainaient avec constance les tracks réussies.

Bien que les morceaux soient hautement satisfaisants à l'écoute, une légère frustration pointe néanmoins sur ce nouvel opus. Alors que Victoria Legrand et Alex Scally s'aventurent davantage vers le shoegaze, ils n'accordent pas à leur arrangement l'occasion de se lâcher, de finir en beauté. Ils contiennent cette énorme énergie - juste délicieusement aperçue dans Drunk in LA et son solo de guitare - dans une cage de moins de cinq minutes, donnant une sensation d'incomplétude quand le morceau se termine. Le meilleure exemple : Black Car, le dernier single a avoir été dévoilé, semble progresser vers une explosion qu'on ne verra jamais arriver. La seule track, Last Ride, ayant un format plus adapté, est paradoxalement la moins réussie de l'album. Par là, Beach House semble vouloir retenir leur musique sur un terrain connu alors qu'elle est appelée à s'échapper du format pop.

Espérons que, sur scène, les artistes cherchent moins à apprivoiser la guitare ou la batterie, à un endroit où leur compositions sonnent de façon moins cotonneuse... Toujours est-il que 7 est une réussite, dévoilant un Beach House d'humeur plus sérieuse - bien que trop rigide dans sa formule. Cet album pansera vos blessures, il essuiera tendrement vos fronts enfiévrés et murmurera dans le creux de votre oreille des promesses de lendemains meilleurs. Une oasis de bienveillance, de tendresse qui réchauffera les cœurs amochés par ce monde de brutes. Merci, Beach House.

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