愛してる

Avis sur 98.12.28 男達の別れ (Live)

Avatar Khamsou
Critique publiée par le

Aujourd'hui, je me suis levé à 14h. Autant dire que dès le départ, j'étais foutu. Franchement, que faire quand on se lève aussi tard ? Le temps de faire le rituel du matin, comprenant petit déjeuner et consultation de moult contenus vidéos, il était déjà 16h. Et maintenant ? J'ai du travail à faire, mais on me sonne de l'autre côté pour jouer à Smash Bros ? J'accepte, et à peine je relève la tête de ma 3DS il est 19h. Bon sang. J'ai passé ma journée à manger des biscuits et à jouer à un jeu qui me prend beaucoup trop de temps libre. J'essaie de me mettre un peu au travail et ça y est, il est 21h30. Ma journée est fucked up. Pour de bon. Soit. J'essaie de positiver. Je peux toujours acheter un pack de bières à l'épicerie du coin et me balader un peu dans les rues d'Édimbourg en dégustant ma boisson. Chiche. Mais je vais avoir besoin de musique pour ma balade.

FISHMANS n'est pas un groupe comme les autres. Clairement pas. Déjà, leur style est un mélange unique entre dream-pop et dub. Ensuite, leur chanteur, Shinji Sato, a une voix reconnaissable entre mille, fragile comme de la porcelaine et chargée en émotions comme aucune autre. Et surtout, ils concentrent tous ensemble une énergie adolescente palpable, qui nous fait vibrer. Et c'est eux que je décide d'écouter. Mais je le sens déjà que ce moment est spécial. Je ne peux pas me contenter d'un de leurs albums. J'ai besoin d'eux à leur meilleur.

Les cinq japonais ont enregistré ensemble sept albums, au cours desquels ils ont affiné leur style à l'extrême, chargeant de plus en plus leur chansons. D'ailleurs, ce n'est pas passé incognito auprès de la communauté de SensCritique, qui s'est jetée en masse sur leur chanson-album Long Season, qui restera probablement l'un de leur meilleur morceau. Seulement voilà, en 1998, Yuzuru Kashiwabara annonce qu'il quittera le groupe après un dernier concert historique, le 28 Décembre de cette même année. C'est donc chargé de douleur que le groupe enregistre un dernier live au complet, long de plus de 2 heures, et en profite pour revisiter tout son catalogue.

Ce live, c'est l'album que j'ai écouté, et surtout, l'album que je critique à l'instant présent.

Et décidément, les voilà plus fort que jamais. Dès le morceau d'introduction, la basse se fait grondante, le rythme entraînant et les guitares résonantes. Et surtout Shinji Sato est là plus fort que jamais. The Fishmans, The Fishmans, THE FISHMANS, répètent-ils en boucle ! Are you feel good ? Et c'est parti. La température est donnée, C'est parti pour un voyage sans commune mesure. Mélancolique, assurément. Car c'est un concert d'adieu. Mais résolu, car plus que jamais, c'est l'occasion qu'ils ont pour tout donner. Et prouver au monde que les FISHMANS ne sont pas un groupe comme les autres !

D'ailleurs, ils ont bien des idées derrière la tête ! Shinji Sato, le chanteur, et Kin-Ichi Motegi, le batteur, ont bien l'intention de continuer. Un bassiste... Ça se remplace après tout, malgré l'incroyable jeu de Yuzuru Kashiwabara, qui parvient à jouer avec les codes de la dub, sans trop en faire. Humpf. Dire que FISHMANS aurait pu continuer. Parce que comme dans toutes les meilleures histoires, l'issue n'en est que trop dramatique.

Shinji Sato mourra trois mois après, le 15 Mars 1999, à cause de problèmes cardiaques. Et cet enregistrement n'est nul autre que le dernier concert qu'ils auront réalisé tous ensemble.

Et même si personne ne savait ce qui allait rapidement se passer à cette époque, on dirait que les musiciens l'avait pressenti. Car leur jeu est définitivement rythmé par l'urgence et l'émotion d'être pour la dernière fois au complet. C'est quelque chose de difficile à décrire par des mots, mais vous me comprendrez définitivement à l'écoute. Plus que n'importe quel autre jour, FISHMANS joue du mieux qu'ils n'ont jamais joué. Leur musique, encore une fois riche en émotions en temps normal, pleine de cette énergie adolescente si précieuse et puissante, explose à travers chacune des chansons de ce concert. Walking the Rhythm est d'ailleurs la première grosse claque du concert. Tous ensemble, ils déconstruisent, refont la chanson et la propulsent au firmament. Mais celle-ci, avec toutes les autres pistes du concert, ne restent qu'un prémisse à leur ultime chanson. Celle qui unit tous les auditeurs du groupe. Celle qui ne pouvait qu'intervenir en conclusion assourdissante à un concert déjà riche en émotions.

LONG SEASON. Ni plus ni moins. Les mots m'en manquent.

Déjà absurdement longue de 35 minutes en temps normal, elle est ici jouée en intégralité et augmentée de 6 minutes. Long Season. LONG SEASON. Je ne peux pas m'empêcher de la trouver en temps normal un poil caricaturale. Un poil trop adolescente. Quatre notes au piano, deux trois riffs de guitare, Shinji Sato qui crie, un solo de batterie... Baissez les armes, ça ne m'empêche pas de l'aimer. Toujours est-il que la version définitive de la chanson, c'est vraiment celle-là. Tous les éléments de la chanson sont réunis, et propulsés par l'incroyable force de ce concert testament vers de nouveaux horizons. À tel point qu'elle se suffit, encore une fois à elle-même. Ce concert n'aurait été composé que de cette chanson, il aurait déjà été un must-have et je lui aurais attribué un 9.

Plus que jamais la voix de Shinji Sato va résonner et hanter votre esprit. Ces quatre notes de merde au piano vont résonner encore et encore. Les mélodies vont se faire de plus en plus obsédantes. J'avance seul dans une rue sombre et je ne peux m'empêcher de siffler. Tududuuuduuuduuduuuduuu... Vous voyez probablement de quoi je veux parler. Et le solo de batterie, transformé, transcendé ! Et Shinji Sato ! Encore ! Possédé, c'est son testament musical qu'il livre ici !!! Ashiteru, paaaa papapapa paaaaaa papaaaaaaaaa, pa pa pa paaaaaaaa ! LONG SEASON ! Dans sa version originale, elle est résolument mélancolique, pessimiste.

Ici c'est tout le contraire. FISHMANS, possédés, jouent la musique de l'Amitié de de l'Amour. C'est un pur concentré d'émotions, comme le climax d'un nekketsu, comme le dernier boss d'un jeu vidéo, c'est leur Requiem, leur Guernica, leur adieu final ! C'est un feu d'artifice qui explose dans vos oreilles, votre souvenir le plus heureux de votre enfance, votre amant qui vous dit qu'il vous aime. C'est FISHMANS, qui brillent de mille feu, qui montent au ciel. Qui meurent et qui renaissent à chaque écoute. C'est toute la nostalgie de l'Été, la mélancolie de l'Automne, l'angoisse de l'Hiver, la puissance singulière du Printemps. C'est FISHMANS. C'est FISHMANS.

C'est FISHMANS.

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