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A Crow Looked at Me par Tezuka

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On ne devrait pas avoir le droit de chanter ce genre de choses. En très peu de mots, et quelques accords en sus, Phil Elverum (de The Microphones) laisse s'étendre sa douleur d'avoir perdu sa femme, Geneviève Castrée, un an après la naissance de leur fille unique.

Elverum utilise très peu de mots et pratiquement aucune métaphore pour parler de sa peine, peut-être parce que, ainsi qu'il ouvre l'album, "Death is real". La mort est réelle, elle vous saisit et vous prive de tout, vous essore, vous jette sur le sol à pleurer jusqu'à ce que vous n'ayez plus de larmes. Pas d'art, pas de leçon à retenir, pas d'éloge funèbre ni d'hommage, juste une immense peine que l'on porte malgré soi.

C'est au fond de ce trou qu'Elverum pleure la mort de sa femme et qu'il se souvient de son cancer, de sa mort, de ses cendres, de ce qu'ils pensaient pouvoir construire et de tout ce qu'il a perdu. "A Crow Looked at Me" est à peine de la musique, à peine de la poésie, c'est la rage et le chagrin primitif de celui qui pleure celle qu'il aimait. On ne devrait pas chanter de choses comme ça. Beaucoup, en écoutant cet album, retrouveront la peine que leur a faite la mort d'un proche, et le frisson de savoir ce que nous infligerons à ceux que nous laisserons derrière nous.

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