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A Thousand Suns par AntoineRA

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"If the radiance of a thousand Suns were to burst at once into the sky…”
Si un millier de Soleils venaient à exploser simultanément dans le ciel, ce serait l’instant de la finitude, une lumière totale enveloppant tout un chacun, immobilisant le monde dans l’espace et le temps, jusqu’à se confondre intégralement avec lui, à l’image de l’oiseau présent sur la pochette. Pendant deux années, LINKIN PARK s’est attelé à recréer cette expérience saisissante et intemporelle, au travers de A Thousand Suns, leur album sûrement le moins commercial et accessible, mais sans conteste le plus atypique et recherché. Pour cela, ils se sont laissés aller à expérimenter vers d’autres rivages musicaux et sonores afin d’obtenir une œuvre novatrice et visionnaire, grandie de leurs précédents efforts dont elle se détache radicalement. Bien que les premières écoutes se révèlent déconcertantes (et non décevantes), cette réinvention de leur son, davantage orienté sur les atmosphères synthétisées et l’expérimentation, se révèle, au fur et à mesure des écoutes, d’une grande richesse.

Si A Thousand Suns était originellement pensé comme un album concept, la version définitive qui nous est présentée s’en éloigne pour ce qui est des textes, puisqu’ils sont axés autour d’un thème commun mais ne possèdent pas une trame narratrice qui se poursuit au long des morceaux, à l’instar de Cybion de KALISIA. La conceptualité apparaît, en revanche, dans la musique créée par les Californiens, conçue pour être écoutée dans sa totalité, en tant qu’expérience à part entière. En effet, contrairement à ses précédents efforts, le groupe a abandonné la composition d’un disque recelant de singles énergiques, immédiats et accrocheurs, préférant développer une atmosphère singulière subtilement connectée aux paroles et représentations visuelles découlant de l’écoute, au travers de multiples éléments sonores justement placés. C’est pourquoi LINKIN PARK a dû complètement revoir sa façon d’écrire, proposant ainsi des structures inédites et imprévisibles, n’étant plus focalisées sur l’impact des refrains ; certains titres n’en possèdent, d’ailleurs, pas de véritables étant donné qu’ils ont principalement été pensés en terme d’ambiance.

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Toute cette palette d’émotions et d’images est due, en grande partie, à l’utilisation réformée des claviers, synthé et platines, de telle sorte à ce que « Cure For The Itch » et « Session », présentes sur les deux premiers opus, semblent finalement poser les prémices de l’orientation prise sur A Thousand Suns, en terme d’atmosphère électronique et surréelle. Effectivement, tous ces éléments synthétiques forment désormais la trame principale des compositions, les claviers engendrant, de par des notes graves et nappes aériennes, une architecture sibylline sur laquelle se greffent les multiples percussions et s’articulent les guitares, jusqu’à créer une texture sonore abondante, justement complétée par les chants harmonieux.

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Et pour obtenir cette adéquation et harmonie avec le synthé, la formation américaine a eu une approche totalement différente et innovante en ce qui concerne ses guitares, autrefois surpuissantes et grondantes. Les mélodies ne sortent plus directement par les amplis, mais s’ornent, au préalable, de divers effets, avant de réintégrer la structure musicale sous forme de samples, à la manière des compositions de Hip Hop. Même si cette nouvelle expérimentation se montre déroutante pour du LINKIN PARK, on ne peut nier que le résultat n’en est pas moins grandiose et finement travaillé, puisque ce retrait des cordes, passées au plan inférieur, permet d’enrichir et densifier pleinement la mélodie, sans jamais la masquer.

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Il y a dix ans de cela, LINKIN PARK sortait Hybrid Theory, son premier album, orientant par la même occasion le Néo Metal dans une direction nouvelle et permettant au groupe de rencontrer un immense succès. C’est cette reconnaissance qui leur permet, une décennie plus tard, de concevoir A Thousand Suns, dans le même studio, en suivant leurs propres envies, leur créativité démesurée et, surtout, leur intégrité musicale, allant à l’encontre des volontés du label qui les avait signés à leurs débuts, mais aussi d’une majorité des fans souhaitant une revitalisation des titres énergiques et imparables qui ont mené à leur prospérité. Ainsi, ne se fiant qu’à son talent et son imagination, le sextet américain vient de réaliser un opus magistral et imprévisible, une œuvre artistique incomparable, déployée sur de multiples niveaux de lecture cohérents et ingénieusement connectés, et tout simplement honnête et belle. Ce nouvel album, aux allures de bande-son post-apocalyptique, propose une expérience immersive transcendante et hors du temps à laquelle on ne peut rester insensible. De nouveau, les Californiens sont parvenus à repousser leurs limites musicales en se réinventant, sans pour autant abandonner leur personnalité, afin d’accomplir leurs idéaux en tant que groupe. Et pour cela, ils méritent toute ma considération.
"…that would be like the splendor of the Mighty One.”

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