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Qu'on aime ou qu'on déteste, c'est quand même un putain d'album !

Avis sur Absolution

Avatar Adriou
Critique publiée par le

Ce troisième opus de Muse sortit en 2003, a été un véritable tournant pour le groupe, et surtout pour les fans de la première heure. C'est un album bien produit, très rigoureux, très emphatique. Presque tout le contraire du précédent disque (OOS). On perd donc l'aspect torturé et parfois psychédélique des débuts du groupe, pour trouver une nouvelle facette de leur talent, le rock héroïque/symphonique.

Absolution ne lésine pas avec la grandiloquence, quitte à se rendre ridicule (qui a dit Queen ?). Et c'est d'emblée le cas avec Apocalypse Please, premier titre du disque, soutenu par des rythmes emphatiques lors des 22 premières secondes d'introduction, assez saugrenues. Le piano concert lyrique de Bellamy peut alors commencer... Et premier constat : ça déchire bien ! La voix est puissante et dégage bien le sentiment d'urgence recherché, les rythmes lourds répondent en syncope aux accords de piano jouées fortissimo, la basse épaisse et distordue pose le tout. Un morceau épique et globalement réussit, avec un final bien sentit.

On enchaine très rapidement sur la ligne de basse de la très pop "Time is Running Out", chanson qui change des habitudes du groupe avec des couplets dansants. On entend des claquements de doigts et de mains pour donner une petite touche funky, et la montée du pré-refrain nous fait revenir à quelque-chose de plus authentique. On sait que le trio britannique est capable de créer des refrains accrocheurs et "TIRO" et bien la pour nous le rappeler. Réussite incontestable, mais peut être un peu trop formatée pour passer à la radio.

"Sing for Absolution" est peut être l'une des chansons les plus ennuyeuses de cet album, mais dispose d'une ambiance "station-spatiale" fort appréciable dont seul Muse à le secret. Le refrain est ici pompeux, un peu mièvre, mais la petite mélodie au piano est jolie et rentre bien en tête. Dans l'ensemble elle passe bien mais c'est dans sa structure qu'elle est un peu faiblarde.

Heureusement, l'album reprend du poil de la bête avec la monumentale "Stockholm Syndrome", qui tire son riff de métal d'un certain groupe comme System of a Down. Ce titre envoie plutôt du lourd même si la encore, les envolées lyriques ne sont pas forcément bienvenues lors des refrains. Mais peu importe, c'est un véritable moment d'extase qui nous anime lors de l'écoute de cette incroyable composition parfaitement structurée. Une chanson qui fait office de pilier d'équilibre de l'album.

"Falling Ayaw With You" en revanche fait plutôt remplissage du pauvre tant elle peine à maintenir le rythme entre deux monstres comme "Stockholm Syndrome" et "Hysteria". Même si son côté acoustique reste un moment appréciable, son refrain est d'une mollesse assez effarante. Dommage car son ambiance "station spatiale" est bien rendue (similaire à Sing for Absolution). La petite interlude post-apocalyptique qui la succède maintient subtilement la tension juste avant la ligne de basse gigantesque de "Hysteria".

Deuxième pilier d'équilibre d'Absolution, "Hysteria" est tout simplement le single parfait. Couplets carrées et rythmés, effet de fuzz sur une basse puissante avec une mélodie classieuse et cohérente, chant millimétré, puis ce refrain criard et solennelle. Le solo après le deuxième refrain est impeccable lui aussi. C'est simple, cette chanson représente parfaitement l'album dans son entier, et quand on pense à la période "Abso", on pense en général directement à "Hysteria", tant c'est une chanson spontanée et exemplaire.

La suite de l'album est plus disparate, assez inégale : "Blackout" nous fait retomber dans un romantisme un peu écœurant, avec des violons qui en font des tonnes. "Butterflies & Hurricanes" est elle aussi excessive, même si sa structure est captivante, avec un solo de piano bien intégré, et qui donne une touche légèrement orientale. Des titres puissants et accrocheurs comme "The Small Print" et "Thoughts of a Dying Atheist", tempo rapide, refrains racés, solos efficaces, ils remplissent bien le contrat, sans véritable coup d'éclat cependant (sauf peut être TSP pour ses riffs heavy énormes). "Endlessly" est déjà bien plus originale et permet de composer avec un son éléctro inattendu, et des pulsations très dansantes. Conçue comme une chanson-concept, calme, discrète, sobre, sans guitare, avec des passages épurés, c'est vraiment l'OVNI d'Absolution.

On finit ce programme dans l'ensemble bien foutu, même si encombré par quelques moments peu inspirés, avec "Ruled by Secrecy". Un exploit dont je qualifierai cette dernière. Elle remonte toute seule le niveau général de l'album, grâce à son mystère qui l'entoure, son atmosphère pesante, et son final poignant. Sublime mais attention, probablement la moins accessible de tout l'album.

Voila donc, j'hésitais entre un 7/10 ou un 8/10, mais Absolution m'a conquis. Même si l'on est (très) loin du génie d'OOS, cet album est un tout de même un merveilleux programme, presque onirique. Beaucoup de force, de caractère et d'ambition font d'Absolution, un incontournable de Muse.

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Mention spéciale à "Fury", bonus track de la version Japonaise du disque et présente en B-side du single "Sing for Absolution", et son effet "wah-wah" fantastique. Elle est brillante, classe, unique, loin des aspects pompeux et convenus de la plupart des autres titres de l'album. A écouter absolument !

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