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Muse persiste et signe

Avis sur Absolution

Avatar Plug_In_Papa
Critique publiée par le

C'est avec des bruits de bottes marchant d'un pas militaire que s'ouvre le troisième album de Muse, nommé Absolution. Les bottes martiales se muent en coups de toms assourdissants sur lesquels viennent se greffer, en rythme, des notes de piano angoissantes.
Après avoir magistralement transformé l'essai avec "Origin of Symmetry" Muse reste dans la même lancée et "Apocalypse please", qui résonne tel un écho à "Megalomania", est l'ouverture rêvée pour ce credo.

Une entrée en matière qui donne le ton de ce troisième album : percutant, pessimiste, fiévreux. Le piano prend une part plus importante encore que précédemment et s'offre aussi bien des moments de mélancolie pure que des hymnes puissants comme "Apocalypse please" ou "Butterflies and Hurricanes".
Cette dernière chanson fera certainement grincer beaucoup de dents parmi les détracteurs du groupe puisque c'est sans doute l'un des morceaux les plus grandiloquent composé par Matthew Bellamy. Paroles en forme de slogan, chant lyrique, violons en soutient, piano qui alterne accords puissants et mélodie classique. Ce véritable hymne de stade déploie une énergie irrésistible avec ses ruptures de rythme en forme de claque dans la tronche, ses couplets entraînants et son final pour le moins épique.

La basse de Chris Wostenholm a toujours été la colonne vertébrale des compositions du groupe et cet album ne fait que confirmer ce statut. Inspiré comme rarement le bassiste accouche de lignes fortes et mélodiques. L'instrument domine au détours de deux titres cruciaux de l'album.
Le premier est "Time is running out" une chanson plus "ouverte" que le répertoire habituel du groupe. Pas de gros riff de guitare en support , claquements de doigts en accompagnement, batterie groovy... Jouant en permanence avec les contrastes de la composition le groupe accouche d'une chanson imparable où les aspects dansants (la rythmique des couplets, les "yeah yeah yeah" de fin de refrain) se heurtent aux puissantes explosions rocks (le refrain scandé, les petits riffs de guitare astucieusement placés). Muse tient là le parfait single, suffisamment séduisant pour un néophyte sans se trahir pour autant. La montée de la batterie sur le pré-refrain suffit à elle seule à réunir naturellement les deux publics.
Le second titre est "Hysteria" qui vous colle au siège dès les premières notes. La basse de Wostnholm est rapide, inspirée, irrésistible. L'intro passe et les différents instruments se greffent et font monter la pression. Cette chanson, avec son solo aérien d'une minute, est un monstre d'énergie implacable qui vous condamne au pogo. Pas de doute le trio du Devon n'a rien perdu de son talent pour écrire de grandes chansons rock.

Plus électrique que jamais le disque propose des chansons particulièrement nerveuses comme les mineures, bien qu'efficaces, "The Small Print" ou "Thought of a Dying Atheist" mais c'est surtout avec l'incroyable "Stockholm Syndrome" que Muse pose les couilles sur la table. Avec un riff lourd et rapide ce sont 5 minutes d'adrénaline ininterrompue qui nous sont proposé. En proposant des couplets effréné et des refrains atmosphériques (les envolées de piano confèrent au génie) le groupe s'amuse à inverser leur tendance habituelle pour un résultat tout simplement explosif. Tel un rouleau compresseur lancé à 100 km/h le trio anglais emporte tout sur son passage, littéralement.

Absolution est un album énervé par nature mais il offre également sont lot de chansons plus calmes. La transition d'un aspect à l'autre est plutôt bien géré puisque les moments de calmes sont distillés à intervalles réguliers et permettent de fluidifier le rythme du disque. Le groupe se rate un peu en proposant à la fois "Sing for Absolution" et "Blackout" sur un même disque. Les chansons partagent pas mal de points commun (atmosphère éthérée, solo de guitare plaintif, chant sur-déprimé) et on a sentiment de redite un peu troublant. Un sentiment qui joue en la défaveur de "Sing for absolution", beaucoup moins réussie que "Blackout", qui force sans doute trop ses effets pour convaincre.
Il y a aussi "Falling away with you" une petite balade romantique pas désagréable mais trop anodine, sur tous les aspects, pour retenir l'attention.

En revanche il y a "Endlessly" une chanson inattendue mais pourtant vraiment touchante. Le côté eighties de la composition (sonorités pop, nappes de synthé) fonctionne à merveille pour une chanson qui transpire la mélancolie tout en proposant tout de même un refrain entraînant. Un exercice d'équilibriste assez risqué mais payant pour ce qui restera la perle sous-éstimée (même par le groupe, si on en juge par le faible nombre de versions live) de cet album. Un morceau à (re)découvrir.
L'apaisante Ruled by Secrecy vient conclure l'album avec justesse et délicatesse.

Avec des chansons plus variées et plus ouvertes ce disque évite la facilité, on garde les mêmes thématique et les mêmes ambiances mais on évite toute redite. Absolution est ce que les spécialistes appellent "l'album de la maturité". La formation à trouvé son son et continue de le peaufiné par petites touches, pas de révolution mais des évolutions cohérentes. Muse garde son approche viscérale, énergique. Évidemment cet album ne fait pas plus dans la subtilité que les précédents et il y a quelques menus dérapages ("Sing for absolution" par exemple). Cependant la qualité des compositions, la parfaite utilisation des différents instruments (surtout la basse et le piano) et les mélodies d'une efficacité instantanée font de cet album une vraie réussite.

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