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Porter sa croix

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Je m'étais juré qu'un jour je ferai une critique, aussi objective que possible sur cet album, moins pour casser du Justice que pour essayer de comprendre les notes unanimement bonnes qu'il a recueilli, une sorte de hype surnaturelle qui entoure, depuis leurs débuts, les deux compères Gaspard Augé et de Xavier de Rosnay.

Pour arriver à rédiger une chronique sur le premier album de Justice donc, je me dois de faire abstraction de ce que je pense de ses deux membres, de leur pseudo subversivité, de leurs lives joués avec les machines débranchées, et plus généralement de leur label Ed Banger. Je passerai également sur le lamentable buzz purement commercial déclenché par le clip de Stress et qui prouvera qu'à défaut d'être talentueux, les Justice sont de bons business men.

Concentrons nous donc sur le disque, rien que le disque. Dès le début, dans cet album, ce qui frappe c'est l'agressivité des sonorités : ça arrache les oreilles sévère. Je ne pense pourtant pas être une chochotte, j'écoute du Hardcore et du Metal mais là ça ne passe tout simplement pas. La faute déjà à un mastering désastreux qui sape tout le groove que pourraient dégager des morceaux comme Waters of Nazareth ou DVNO. Quand je lis ça ou là les éloges concernant la production de "Cross", je reste perplexe. Alors, certes en soirée, sur des dizaines de kilowatts, ça sonne pas si mal que ça, mais dans ce genre de contexte, n'importe quel morceau débile qui fait boum boum sonne bien. Bref, là où des Daft Punk avec Homework (sorti quand même en 1997) ou un Vitalic avec son premier album, arrivaient à dégager une énergie pure calibrée pour le dancefloor, Justice casse seulement les tympans. Les arrangements sont eux-aussi assez difficilement supportables. Entre deux rafales de distos, c'est bourré de violons dégueulasses, de vocodeur à outrance sur des voix sirupeuses, et de samples de basses slappées. Mon dieu que c'est original...

En dehors de cet aspect, je n'ai personnellement rien trouvé d'accrocheur dans cet album. Où sont les hymnes intemporels, les tubes inévitables, vantés par toutes les critiques ? L'album verse tantôt dans la brutalité gratuite (Waters Of Nazareth avec lequel pas mal de DJ me bassinaient déjà depuis un bon bout de temps), tantôt dans la mièvrerie insupportable (D.A.N.C.E.), et parfois dans une sorte d'erzatz de Daft Punk electro-rock-pseudo-funky-je-sais-pas-quoi (One Minute To Midnight, DVNO pour ne citer qu'eux) sans jamais arriver à m'inspirer quoi que se soit d'excitant. Est-ce que Justice distribue gratuitement du LSD à l'entrée de leurs concerts ? Je ne vois que ça pour expliquer les critiques dithyrambiques à leur égard.

La brutalité sonore utilisée pour masquer la misère d'un disque aussi plat que l'encéphalogramme d'une huître, c'est ça l'avenir de l'électro française ? Où est la fraîcheur, l'innovation ? Qu'y a t-il dans cet album qui n'ait pas déjà été fait avant ? Rarement, à mon sens, une arnaque artistique n'aura autant fonctionné que celle de Justice avec leur premier opus.

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