Astral Weeks, le voyage initiatique d'un homme.

Avis sur Astral Weeks

Avatar Guillaume Le Morvan
Critique publiée par le

Première critique sur sens critique, je ne pouvais pas commencer sans faire allusion à l’un des albums qui m’a le plus marqué dans ma courte existence.

C’était en 2006, je traversais une année difficile, atroce, j’étais à bout physiquement et mentalement. La drogue et l’alcool, 24h/24h, tentant d’oublier mes désillusions amoureuses et mes mauvais choix d’études. Je fuyais mes amis, ma famille, je ne supportais plus la présence des autres. Pour tout dire, j’étais une épave près à couler à la première grande marée. C’est à cette époque que j’ai découvert Astral Weeks sorti en 1968, et dans l’état ou j’étais, il fût ma bouée de sauvetage, un phare pour me guider. C’est grâce à cet album que j’ai repris confiance en moi et goût à la vie.

Dès les premières secondes, j’ai compris que cet homme avait connu les mêmes souffrances que moi. Mais malgré cette noirceur, ses morceaux sont emplis d’une certaine compassion pour les autres, il y a une vraie beauté qui s’en dégage. C’est à se demander si cet album fut écris pour tout les gens qui comme moi, ont traversé une période sombre dans leur vie ? Il ne faut pas oublier, qu’il fut écrit en pleine période hippie, avec toutes les interrogations que la jeunesse pouvait avoir à ce moment là. C’est donc une œuvre d’une époque, d’un moment précis, mais devenue intemporel.

Je n’ai pas envie de me lancer dans une étude complète de chaque morceau, car c’est tout l’album qui forme cet univers musical si spécial et cohérent. Prendre l’un des morceaux au hasard n’aurait aucun sens. Van Morrison, nous livre ici, une œuvre à fleur de peau, empli de doute, en rupture total avec son ancien groupe (Them) et ce qui ce fait à l’époque. Il nous convie, l’espace d’un instant, à un voyage dans un univers parallèle, quasi méditatif qui est accentué par la répétition de phrases et de mots, tout à long de l’album. Le plus bel exemple est dans « Madame Goerge »: « And the loves to love to love the love » ; qui est à mon avis, l’un des plus beaux passages de l’album. J’aimerais aussi citer les premiers mots de l’album qui sont un véritable moment de poésie.

If I ventured in the slipstream / Between the viaducs of your dreams / Where the mobile steel rims crack / And the ditch and the backroads stop / Could you find me / Would you kiss my eyes / And lay me down / In silence easy / To be borne again.

(Si je m’aventurais dans le sillage / Entre les viaducs de tes rêves / Là où craquent les jantes d’acier mobiles / Et le fossé et l’arrêt sur des routes perdues / Pourrais-tu me trouver / voudrais-tu embrasser mes paupières / et m’aider à m’allonger / dans un silence aisé / Pour que je renaisse).

Un seul conseil, foncez écouter cet Album trop peu connu du « grand public ». Plus particulièrement si vous rencontrez, tout comme moi, une période difficile dans votre vie.

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