Puissance.

Avis sur Battle Metal

Avatar KDLMehdi
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Puissance !

C'est le mot qui nous vient à l'esprit lorsqu'on s'attarde sur cet album.

Turisas, c'est un groupe de metal finlandais, créé en 1997... Folk, Epic, Viking, vous appelez ça comme vous voulez.
Battle Metal, c'est leur premier album studio.

Préparez-vous à partir en des temps ancestraux (pas si ancestraux que ça, ça tape sur la première partie du Moyen-Âge, en fait) dans des contrées lointaines (pas si lointaine que ça, on va juste aller en Europe du Nord voire en actuelle Europe Centrale/de l'Est). Les thématiques abordées par le groupe (à part leur dernier album, dont je n'ai pas poussé l'écoute à fond) sont diverses et variées mais restent quand même très liée à l'histoire viking. Ne vous imaginez pas forcément les vikings qu'on identifie facilement à l'imaginaire collectif, baraque, barbu, roux, combattant uniquement avec des haches et ne portant comme armure qu'une peau de loup. Les vikings dont ils content l'histoire sont plus proche de la réalité, ils traitent aussi des varègues : les vikings de "l'intérieur", qui ont régné sur une grosse partie de l'Europe avant l'apogée des Byzantins (si ma mémoire ne me trompe pas).

Bref, l'album est épique, très bien construit (l'ordre est important et les morceaux s’enchaînent merveilleusement bien).

- Première track : Victoriae And Triumphi Dominus

On pourrait traduire ce titre par "Le Seigneur des Victoires et des Triomphes" ?
C'est un morceaux symphonique, orchestral, relativement court (1:27), comportant des chants latins qu'on pourrait facilement attribué à des chants grégoriens. C'est ce mélange qui bombarde sévère, si vous me permettez l'expression. On a un fond sonore orchestral assez vénère dont on sait parfaitement bien que ça va se finir en metal, et des cœurs latins par dessus. Un mélange que j'adore (et qu'on retrouve souvent dans certaines composantes du metal).
10/10.

- Seconde track : As Torches Rise

Bon, l'ambiance change. Finit les chants grégoriens sur fond orchestral. On garde quand même une grosse composante symphonique, mais le viking metal reprends le dessus.
La thématique de cette track, c'est une bataille perdue d'avance, dont le sort change. Les vikings décrits par Turisas reprennent foi en leur force et, aidés d'Odin, vont dérouiller les ennemis.
9/10.

- Troisième track : Battle Metal

J'ai découvert cet album, et ce groupe, grâce à ce morceau (plus précisément grâce au clip de leur tournée de 2008 si je ne m'abuse). Encore une fois, la symphonie reste présente, les cuivres en fond accentuent l'epicness de la track. Les cœurs masculins couplés à la voix du chanteur nous perdent entre rage et foi.
Au niveau des lyrics, ce morceau est un appel à tous les guerriers du monde, à s'unir face à l'ennemi. Si elle était sortie dans les années 750 en Suède, ça aurait tout à fait pu devenir un chant de guerre par la suite.
9,5/10.

- Quatrième track : The Land Of Hope And Glory

Ahhhh. C'est quand même plus calme maintenant. Les cœurs masculins se font plus présents, et même quand débarquent les guitares électriques, les violons viennent pour adoucir la musicalité de la track. La voix du chanteur est toujours là pour contraster. On a d'un côté la musique symphonique, épique, qui rappelle l'honneur et la foi des vikings, et puis on a la voix du chanteur qui pourrait faire penser à leur courage et à leur détermination. Je sais, je vais loin.
Une expression est centrale dans ce morceaux : 'The die is cast', qui vient tout droit du fameux 'Alea iacta est'. On pourrait en conclure que, la fameuse terre d'espoir et de gloire n'est autre que l'empire Romain. Cependant, mes connaissances historiques me perdent. Je sais pas si l'empire romain était toujours aussi puissant à l'époque où les vikings régnaient sur l'Europe centrale. (d'ailleurs c'est plus vraiment des vikings)
9/10

- Cinquième track : The Messenger

Des violons, des cuivres, des cors, de lourdes percussions, et un mec qui crie. Au final, les tracks respectent la même charte et l'album suit relativement bien le fil conducteur qu'il établit dès les premières secondes.
Ce morceau a pour thème centrale les... messagers. Les ancêtres de Chronopost, en quelque sorte. Sauf qu'eux n'avaient pas de gros fourgons avec la clim et ils pouvaient pas se garer n'importe où. Et s'ils s'avéraient trop arrogants, ils pouvaient très bien finir au fond d'un trou, poussé à coup grand coup de pieds.
8/10

- Sixième track : One More

Bon, j'arrête de parler de l'ambiance musicale et des chants, vu que j'ai déjà tout décrit avant.
On a un morceau plus calme, plus posé. Pourtant, le thème n'est pas forcément plus calme que la guerre : c'est l'alcool !
"One moooore, for our brothers, who fought beside us
One mooooore and forward again
Once mooooore, we'll fight and conquer"
8.5/10

- Septième track : Midnight Sunrise

C'est la track que j'apprécie le moins dans l'album. Peut-être parce que le chanteur a essayé de faire un truc bizarre avec sa voix qu'il ne faisait pas dans les morceaux précédent. Laissez les gens plus bourrins de metal où ils sont !
7.5/10

- Huitième track : Among Ancestors

BOUM, les cœurs font vraiment leur effet sur moi, je suis trop facilement ému.
Turisas content l'histoire d'anciens guerriers menant d'anciennes batailles. Cependant, ils ne se contentent pas de conter les victoires, mais traitent aussi des défaites, écrasantes ou non, de leurs ancêtres.
9/10

- Neuvième track : Sahti-Waari

Morceau introduit par un violon et une sorte d'accordéon. La thématique m'échappe, c'est du finnois.
Mais on a la base de l'album : Symphonie, violons, cœurs.
9/10

- Dixième track : Prologue for Rex Regis Rebellis

Ce morceaux est un peu spécial, le chanteur s'adresse directement à nous et nous parle des anciens temps. C'est limite un discours hypnotique, il nous demande si on peut pas se mettre à la place de nos ancêtres, qui vivaient sans notre confort, qui devaient combattre pour survivre, qui ne connaissaient pas la sécurité.

Bon, je sais que je suis hypersensible et que c'est peut-être lié, mais je suis très sensible à ce morceau. Je pourrais sans hésiter abandonner ma vie et mon stage chez SC pour aller combattre des hérétiques chrétiens et musulmans avec mes frères blonds aux yeux bleus.
10/10.

- Onzième track : Rex Regis Rebellis

Du coup, si on a su être attentif au morceau précédent, nous voilà hypnotisé et transporté vers des temps immémoriaux. Une hache à la main, un bouclier dans l'autre, un casque (sans corne, bordel de dieu) sur la tête, du sang plein le corps, et un ennemi en face (je voulais citer une peuplade précise mais j'ai pas envie de faire d'erreurs historiques).
Ce morceau introduit la flûte, et de manière relativement épique.
Le morceau existe en version anglaise et finnoise. Les deux versions comportent des passage en finnois, mais la majorité de la version anglaise est en... anglais.
10/10.

- Douxième track : Katuman Kaiku

La bataille a été gagnée. Ou perdue.
10/10

Cet album peut, et doit, être vu comme un conte, dans son ensemble. On suit les péripéties de viking qui vont de batailles en batailles, jusqu'à leur dernière. Ces moments sont entre-coupés de passages traitant de certains aspects de la guerre en particuliers (les messages, les traditions, la fête, etc.).
Le dernier morceau termine parfaitement ce premier album. Après la guerre, retour au calme.
Ou le calme avant la tempête ?
(on verra si je critique leurs albums suivants)

Note de l'album : 9/10, avec un petit cœur, parce qu'en plus d'être composé en majorité de morceaux géniaux, il suit une ligne directrice elle-même géniale.

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