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Beyond the Red Mirror par Stéphane Gallay

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À force, il va falloir inventer un nouveau terme pour définir le métal symphonique à grand spectacle de groupes comme Blind Guardian, dont le nouvel album, Beyond the Red Mirror, vient de sortir. Quelque chose comme « Jerry-Bruckheimer-métal » ou « Michael-Bay-métal ».

Le fait est que le groupe allemand est devenue une sorte de référence dans le domaine du métal épique, entre power-métal et bande originale de blockbuster, avec moult thèmes inspirés de la science-fiction ou de la fantasy.

Après, le problème avec les références, c’est qu’on en vient parfois à espérer un peu plus surprenant. Et, pour le coup, j’ai un petit souci avec cet album: je trouve qu’il supporte mal la comparaison avec le précédent, At the Edge of Time. Il faut dire aussi que j’avais été très enthousiaste, à l’époque.

Beyond the Red Mirror compte onze titres divisés en neuf tableaux, pour un total de plus de septante minutes. C’est un concept-album faisant suite à Imaginations from the Other Side, un album sorti il y a vingt ans que je ne connais pas, mais ce n’est pas très important.

Il y a de très bons morceaux dans cet album, à commencer par « The Ninth Wave », qui commence l’album de façon très classique – chœurs et gros métal –, mais avec un jeu de batterie nettement plus jazzy qu’à l’habitude, ou « Twilight of the Gods » et « Prophecies », qui lui font suite.

C’est du Blind Guardian, donc c’est très bien fait. Il n’y a pas vraiment de morceau, dans ce Beyond the Red Mirror, qui soit ratée ou même moyenne. Mais, au final, il n’y a pas grand-chose qui me surprenne non plus. Même l’aspect « concept-album » est, musicalement, un peu perdu dans la bagarre.

Le seul point réellement positif, c’est une batterie qui ne se cantonne pas tout le temps au tchic-double-poum typique du genre, sur certaines pistes, comme la déjà citée « The Ninth Waves » ou « Ashes of Eternity ».

Blind Guardian livre donc un album de Blind Guardian, ni plus, ni moins. C’est réalisé avec soin et un certain enthousiasme, mais avec moins d’inspiration que ce que j’aurais espéré. Un peu comme un film de Michael Bay, en fait.

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