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Blackout, réflexion sur le statut de pop-star

Avis sur Blackout

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Nul ne l’ignore, lorsque Blackout paraît en 2007, Britney Spears n’est plus seulement une pop star internationale, elle est une icône qui incarne la décadence du star-mania. Son image hante tous les magazines people, on ne s’intéresse plus à sa musique, mais au prochain scandale dont elle sera, in fine, la victime. Pourchassée par une horde de paparazzi à sa moindre apparition en publique, sa vie privée est transformée en feuilleton quotidien, comme un épisode d'Amour, gloire et beauté, diffusé sans interruption depuis 1987 sur TF1.
C’est dans ce contexte de popularité extrême, presque jamais atteinte, et d’acharnement médiatique, que l’album Blackout est révélé sur la scène internationale. Alors que la chanteuse est décrite dans la presse comme une droguée-alcoolique, le titre de l’album interpelle. Le blackout désigne une perte temporaire de mémoire après avoir consommé des produits psychotropes. Dans le cas de Britney Spears, le Blackout est proche de la page blanche, une volonté de perdre la mémoire, d’oublier un système qui en a fait un monstre de foire, make it a freakshow, pour recommencer, reconstruire. Par ailleurs, l’album est construit autour d’une auto référence : Britney se présente elle même comme « The one and only », « The legendary miss Britney Spears », elle affirme sa posture et la revendique, ce n’est pas une simple chanteuse, c’est une icône incontournable. En fait, l’album se présente comme une réflexion sur le rôle de pop-star dans la société. Les textes ne font qu’interroger le statut de star de la musique, questionnant le rapport malsain entre l’artiste et son publique, vorace, affamé, qui en veut toujours plus. Ainsi, le rôle de la pop-star est cathartique, chacun se reconnaît en elle, et plus encore, s’incarne à travers elle. Sa musique est anecdotique, ce qui compte réellement est l’entreprise de divertissement qui se construit autour d’elle. Cela implique évidement un rapport anthropophage entre les deux partis, cf Piece of me, la pop-star se laisse dévorer par son publique. Son image ne dépend pas d’elle, mais de la façon dont elle est mise-en-scène. À ce sujet, l’utilisation d’autotune est particulièrement intéressante, si l’on essaie de lui donner du sens, elle accentue la distance entre Britney et nous. Ce que l’on écoute n’est plus la voix de Britney Spears à proprement parler, mais une représentation de sa voix, une interprétation modifiée. Cela va sans rappeler l’entreprise de représentation médiatique mensongère développée à son encontre.
Du côté de la production, les sonorités dance-pop et electro-pop explosent comme un feu d'artifice. C'est un album profondément joyeux, qui transmet une volonté de danser. L'alternative qui se présente à l'aliénation du star-système est de trouver un idéal dans un monde réconfortant et chaleureux, le monde de la fête. Le titre Why should I be sad constitue l'exemple parfait. Sensuel, langoureux, envoûtant, il est un le midtempo slow idéal. Seulement, les paroles révèlent une certaine fragilité, une volonté de s'échapper d'une relation "it's time for me to move along, goodbye// it's time for me, Britney let's go", ou d'un système "All the magazines trying to intervene, saying things in the gossip section".

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