Il y a quelques mois, j’ai découvert le live a Primavera sound de 2012 par James Ferraro, j'ai tout de suite beaucoup accroché à l'ambiance de l'album mais j'étais loin de me douter de l'ampleur du puit sans fin qu'est la discographie de cet homme.


Non seulement Boiling the Animal in the Sky n'a RIEN à voir avec ce que j'ai entendu de lui jusqu'à présent, mais en plus c'est une sublime fusion de free folk et de drone qui n'est pas sans me rappeler le travail du groupe Natural Snow Buildings que j'affectionne grandement. Et pour être honnête c'est peut-être la meilleure interprétation de ce style qu'il m'ait été donné d'entendre. Je suis fasciné par ce projet et je l'écoute en boucle depuis ce matin. C'est comme un espèce de rêve, j'arrive pas vraiment à comprendre ce que j'entend mais c'est à la fois assourdissant et berçant.


Si je devais dire en une phrase ce que je comprend du thème de cette pièce, je dirais que c'est un projet qui nous renvoie à une sorte de nostalgie complètement factice tout en nous incitant à vivre dans l'instant présent, parce que c'est en vivant le présent qu'on donne de la valeur à ce que devient le passé.


C'est donc un EP de 22 minutes que je décrirais comme une cacophonie maitrisée de guitare lo-fi et de sample avec un rendu aux sonorités un peu tribales, presque antiques, comme quelque chose de très ancien qui avait été perdu depuis longtemps et qui ressurgit.


Finalement ce sentiment de nostalgie que Ferraro semble tenter de créer dans chacun de ses sons, il l'a peut-être atteint dans sa forme la plus pure dans sa jeunesse lorsqu'il a créé cet EP à 19 ans. C'était volontaire ou involontaire mais peu importe. Et c'est presque comme si toutes les années qu'il a passée à faire de la musique ne servent qu'à rendre son statut de nostalgique à Boiling The Animal. Je crois que même si je n'en ait pas écouté l'entièreté (bien loin de la), la discographie de James Ferraro doit être pris dans son ensemble comme une réflexion sur l'importance et la symbolique que l'on donne aux choses telles que l'enfance et le passé.


C'est en existant que le passé traverse l'épreuve du temps pour devenir cette chose précieuse que l'on chéri tous. Pourtant cet album sert de portail à tout le monde vers un passé que seul James lui même a vécu ; parce qu'au final quand on est nostalgique d'une chose on regrette notre enfance, quand rire était plus simple et que l'optimisme semblait nous incarner. Et ça c'est quelque chose qui unit tous les humains, et Ferraro a su l'encapsuler dans ses 22 minutes pleines d'émotions. C'est pourquoi on peut tous comprendre et s'identifier à la nostalgie qui émane de se projet sans en avoir vécu l'objet nous même.

maskimus
10
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le 30 nov. 2025

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