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Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

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« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse », l’historique US avec les points d’exclamation inversés, le noir et l’orange alterné… Comme autrefois !

Un enregistrement du 6 mars 1963, de quoi mettre toute la planète jazz en ébullition les Coltranophiles les plus savants se sont mis à la tâche, il faut étudier, décortiquer, dépecer, analyser, comparer, mesurer…

Le dernier qui est paru comme ça, c’est « Offering : Live at the Temple University » il y a quatre ans, avec entre autres Pharoah Sanders et Rashied Ali. L’impression de découvrir un nouvel album du géant, un album énorme avec un Pharoah au sommet de son art, jusque dans le cri, a-t-il jamais aussi bien joué ? Ce couple de souffleurs, l’un soulevant l’autre, et l’autre poussant, toujours, toujours plus loin, jusqu’au bout du souffle, jusqu’au bout… Et ces cruelles coupures d’enregistrement, à la fois une terrible frustration, et l’annonce du retour obligé à la réalité, l’espoir de pouvoir saisir enfin ce temps parcheminé, sauvé du passé, qui s’étiole…

Cette fois-ci tout change, 1963, le quartet magnifique, la légende déjà bâtie, pourtant les plus belles pages sont encore en devenir. Cependant la musique jouée dans le studio de Rudy van Gelder est déjà extraordinaire. Le quartet figure chaque soir au programme du « Birdland » de New-York qui donneront naissance au célèbre album du même nom qui sera enregistré un peu plus tard, avec « Afro Blue », « The promise » et «I Want to Talk About You». C’est la raison pour laquelle, ce 6 mars, le quartet est au studio dans l’après-midi. C’est aussi la veille du jour où, toujours dans ce studio, sera enregistré l’étonnant album en compagnie de Johnny Hartman, même si, je le confesse, il ne fait pas partie de mes enregistrements préférés du saxophoniste.

Soyons catégoriques, aucun admirateur de Trane ne peut rester éloigné de ces enregistrements, ils ne possèdent aucune faiblesse, ni même un morceau dont on pourrait dire, « moyen » ou « un peu faible » ou encore « la version que je préfère de ce morceau rend celle-ci caduque ou inutile ». Même plus ! Il existe une version de cet album avec des bonus, une cinquantaine de minutes quand même, trois versions d’ «Impressions » et deux de « Untitled original 1186 » on pourrait penser qu’ils sont dispensables, que nenni ! Diabolique erreur, ça regorge de qualité et c’est là que sont nichées les plus belles curiosités !

Cet album ne vous sciera pas en deux comme « Offering : Live at the Temple University », mais il est un témoignage de plus du fabuleux quartet « magique », d’un équilibre exceptionnel, où l’on peut sans risque écouter l’un des quatre musiciens et voyager de l’un à l’autre sans jamais se perdre ni cesser d’être envouté. Ces bandes ont été retrouvées dans la famille de Naïma, la première épouse de John Coltrane, elles sont restées dans un état de conservation remarquable.

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