Ultime débandade en Californie

Avis sur California

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[...] Dès lorsqu'on creuse un peu la roche, la diversité stylistique est là, crachée dans la face de manière pourtant évidente et finalement, rien ne se ressemble. Chaque morceau jouit de sa personnalité, et toutes s'avèrent riches et foisonnantes de détails qui seront totalement imperceptibles sur les premières écoutes. Spruance l'avait confié, outre ses altercations avec Patton, California s'était avéré une galette extrêmement compliquée à façonner en studio tant tout a été densifié en terme d'épaisseur musicale afin de servir une meilleure concision – seul un titre passe la barre des 6 minutes après tout. Et l'on atteint là une densité digeste, dégageant un charme harmonieux et équilibré malgré que l'on se situe toujours dans l'addition d'éléments improbables. Le tout avec un sentiment de classe et d'élégance assez crooner dans l'esprit. On aura beau dire, California a failli rester un cas unique dans son genre si Diablo Swing Orchestra n'avait pas pointé le bout de son nez avec Pacifisticuffs qui dégage cette même aura et particularité, se différenciant simplement qu'il faille chercher du côté Broadway et comédie musicale pour le fil rouge. Alors que Mr. Bungle s'est toujours davantage focalisé sur des procédés de BO de films – l'influence Ennio Morricone en tête – à plus forte raison pour cet album-ci où l'on sent bien que le premier album éponyme de Fantômas était encore tout frais. C'est qu'il n'est sorti que deux mois plus tôt après tout... Bref, pas étonnant du tout que cette galette ait été un casse-tête méticuleux en studio tel que ça en ait implosé le groupe, même s'il ne l'a jamais officiellement annoncé comme splitté.

Je m'en arrêterai là pour ce California. Bien sûr, je pourrais vous faire du track by track ou m'attarder sur des exemples et éléments précis mais on évitera la redite vu que le lapin jaune l'avait déjà très bien fait. Juste qu'il s'agit là du meilleur album de Mr. Bungle, qu'il aurait certainement été difficile de surpasser ou simplement égaler s'il avait continué sa carrière. Même si l'on voit pas mal de similarités avec l'éponyme – Disco Volante reste un cas à part – on sent la maîtrise des années qui lui a permis de maîtriser et d'ordonner son patchwork, originellement bordélique. Le tout avec une production plus moderne qui passe beaucoup mieux le cap du temps. L'ultime offrande... Ultime !

La critique entière figure sur Core And Co, n'hésitez pas à aller y faire un tour !

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