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Beautiful Songs Of Love

Avis sur Casanova

Avatar Embrouille
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The Divine Comedy. Derrière ce nom issu évidemment de l’œuvre de Dante, se cache en fait le projet d’un seul homme, Neil Hannon.
Alors bien sûr, quand derrière un groupe se cache finalement un seul homme, on peut commencer à se poser des questions sur la mégalomanie de celui-ci. Et pour Hannon, encore plus lorsque que l’on commence à écouter sa musique…

En 1996 donc, après plusieurs albums (trois exactement, dont le premier qui a presque été renié par son créateur; la marque des génies ?) sort Casanova, « troisième » album du groupe.
Son prédécesseur, Promenade, est un concept-album qui narre l’histoire d’une journée de deux amoureux en bord de mer. Casanova est lui aussi un concept-album autour d’un thème central : le sexe (en fait, c’est un peu plus général que ça, y’a la séduction et tout le tintouin).

Ce qui frappe à l’écoute de cet album, c’est qu’il est très orchestral, on note la présence de tonnes d’instruments ce qui lui donne à la fois un coté pompeux, mais aussi un coté épique et grandiose. Something for the Weekend donne le ton, avec cette mélodie entêtante et enjouée, suivie ensuite par Becoming More Like Alfie, chanson pop mais pas pour autant simpliste.

L’album chantant l’amour dans tous les sens du terme, l’album contient aussi son lot de balades. Ainsi Neil Hannon peut faire étalage de ses talents de crooner dans la très réussie A Woman Of The World (référence au classique Diamants sur Canapé), ainsi que Middle Class Hero qui me convainc un peu moins et se révèle un peu plus prétentieuse.
Plus sobre et plus simplement accompagnée, Songs of Love se révèle comme une délicieuse gourmandise. Mais ma balade préférée reste The Frog Princess, désillusion amoureuse de Neil Hannon avec une animatrice radio … française comme l’indique finement le titre, ainsi que l’introduction de la chanson à la Marseillaise et la conclusion de l’histoire à la « guillotine ».

Ensuite, concernant les paroles, certaines chansons ne laissent aucun doute planer, à commencer par In & Out of Paris & London ("So I suggested, She protested, I persisted 'till she said Well OK And I said Wey-hey") alors que le sombre Through a Long and Sleepless Night m’a posé quand même quelques questions ("I can put on the perfume, even wear the dress sometimes But I'll always be the bridegroom and never the bride").
La dernière chanson est la seule qui semble hors du thème, The Dogs & the Horses, qui parle de la mort, mais elle est tellement magnifique qu’on lui pardonne.

Enfin, je tenais à finir avec les deux pistes qui m’ont le plus marqué :
Charge fait l’analogie entre l’acte sexuel et une bataille, et qui ressemble à une vrai chanson militaire avec ses rythmes très marqués et une subtilité dans les paroles assez exceptionnelle (je vous laisse deviner ce que sont les canons !).
A contrario, l’instrumentale Theme From Casanova fait preuve de beaucoup de retenue, et s’avère être un sublime morceau.

Au final, Divine Comedy tient là un album extrêmement équilibré. Certains (ils se reconnaitront) pourront lui préférer Promenade, plus sobre, alors que d’autre lui préférerons Fin de Siècle, son successeur, qui lui pousse la grandiloquence à son paroxysme.
Pour moi en tout cas, Casanova est le parfait mélange des deux, orchestral sans être (trop) arrogant, mélodique du début à la fin, souvent enjoué et parfois un peu fou (le passage avec Barry White et Prince dans Charge !) mais parvenant à être aussi calme et doux.

Et en plus, cet album est bien élevé. Il commence par « Hello » et se termine par « Goodbye ».

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