Désinvolte, nerveux, poignant

Avis sur Comedown Machine

Avatar ThomDorsett
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Ce nouvel album des Strokes et toute la polémique qui l’entoure (campagne de promotion quasi nulle, changement de style musical, aucun concert programmé pour l’instant pour défendre l’album…) nous permet de nous interroger sur la place des fans dans la vie d’un groupe de pop, de rock etc… en 2013.

Ici, en l’occurrence, on se demande pourquoi la plupart des fans du groupe, ceux qui sont sensés vénérer et défendre la moindre de ses œuvres, ou même ceux qui l’ont appréciés pour un album ou deux, ont crié à l’arnaque pour ce Comedown Machine qui, en plus, est très bon. C’est vrai que les new-yorkais ont un peu bousculé leur public depuis « Angles » et le virage synthétique constaté sur quelques chansons (dont le pourtant déjà classique « Macchu Picchu ») et le fait que le groupe, manifestement, ne tournera pas cette année à de quoi faire bouder. Mais pas de quoi renier l’album pour la simple et bonne raison que c’est un exemple parfait de bon pop-rock qu’on peut faire en 2013. Savant mélange de funk blanc comme sur« Tap Out » et « Welcome to Japan », de rock garage nerveux comme les Strokes savent le faire depuis « Is This It » (le single « All The Time », solo de guitare superbe, « 50/50 » riff chromé) et d’expérimentations avec par exemple l’ovni « 80’s Comedown Machine » placé au centre de l’album. Le titre est marqué par une boucle synthétique et la voix fatiguée de Casablancas qui livre une prestation vraiment mémorable, probablement un des titres qui a fait tiquer les fans mais qu’importe.

L’ensemble du groupe joue formidablement même si le mixage tend à les faire sonner un peu « plat » pour les titres les plus rocks et Casablancas, assez critiqué sur sa nouvelle façon de chanter (très très haut) est admirable : son chant tour à tour désinvolte, nerveux et poignant (souvent) ne cessant de nous étonner tout le long de l’album. En dépit de toutes ces qualités le point fort de l’album reste définitivement la qualité de son songwritting. Certaines chansons semblent s’adresser aux fans mécontents de d’ « Angles » et Casablancas leur fait comprendre que les membres du groupe, unis malgré la rumeur, feront ce qui leur chante. Tant mieux et tant pis pour ceux qui gémissent leur nostalgie d’ « Is This It ». Le groupe nous entraîne dans l’ambiance mélancolique des grandes villes nocturnes. Une virée en voiture dans le Tokyo de « Lost in Translation », une soirée huppée à New-York… Certains titres sont caractérisés par un coté « aérien » des plus apaisants (« 80’s Comedown Machine », « Chances »). Mais surtout, de « Tap Out » jusqu’à « Happy Ending » (qui pioche du coté de Phoenix) c’est une avalanche de belles mélodies, une leçon de pop…

L’album s’achève sur un titre étrange « Call It Fate, Call It Karma » au son vieillot, histoire de bien montrer que ces musiciens confirmés n’en font qu’à leur tête. Titre assez anecdotique mais certains lui trouveront peut-être du charme. On ne sait quelle est la stratégie du groupe pour la suite mais tant qu’ils continueront à sortir des albums aussi brillants que celui-ci, il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre.

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