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Rone s'éloigne de sa source

Avis sur Creatures

Avatar François Quivoron
Critique publiée par le

Depuis ses premiers EPs et Spanish Breakfast, j’attends toujours avec impatience les créations de cet hurluberlu à lunettes. Mais pour son troisième album, Rone livre avec Créatures une production décevante. Son dernier EP, Apache, sorti l’année dernière, mêlait pourtant parfaitement son envie d’explorer de nouvelles sonorités, notamment le morceau éponyme en version binaural (son en 3D) grâce au concours des ingénieurs du son de Radio France. Tout en conservant là aussi son sens du rythme.

Avec Créatures, Rone nous embarque dans un univers toujours aussi trituré. Mais là où Tohu Bohu, son précédent opus, excellait pour agglomérer toutes ses idées de génie, il ne parvient pas sur ce nouvel album à trouver de la cohérence. Les morceaux s’enchaînent et on s’ennuie ferme. Sur "Mortelle", la voix d’Etienne Daho se perd dans un titre qui ressemble à du Boards of Canada, en moins planant. "Sing Song" redonne un peu de peps, "Memory" aussi, même si Rone montre qu’il n’est pas un expert en abstract-hip hop. La bonne surprise, c’est la voix de Sea Oleena, sur "Sir Orfeo".

Mais où sont les beats électro ? Nulle part ou presque. Les premiers échos des récentes performances en live de Rone tranchent, paraît-il, avec le manque de rythme de cet album. En bon DJ, il sait redonner vie à ses productions sur scène. Le virage amorcé avec Créatures l’éloigne toutefois du Rex Club, où il a débuté derrière les platines, et le rapproche de l’Olympia, où son succès actuel trouve un espace à sa mesure. Le public doit forcément être différent.

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