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Dangerous par Julien Lenormand

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Après avoir amorcé un changement musical avec son album Bad par rapport à ses précédentes productions, Michael Jackson va aller encore plus loin avec son prochain album, Dangerous. Car si on note un changement musical entre Thriller et Bad, l’écart est encore plus grand entre ce dernier et Dangerous.

La raison à cela ? Michael Jackson va se séparer de Quincy Jones le producteur de ses trois premiers albums chez Sony CBS pour produire en partie son album lui-même avec à ses côtés Teddy Riley, membre du groupe Guy et fondateur du courant New Jack, ainsi que de Bill Botrell. Le résultat donne un album au son nouveau et à la production irréprochable. On ressent assez vite en l’écoutant que cet album peut se décomposer en deux parties.

La première partie, composé des six premières chansons de cet opus, est véritablement tournée vers le style que lui donne sa nouvelle équipe, c’est clairement orienté New Jack avec un son froid et une rythmique qui tabasse. On est loin du son sucré d’Off The Wall et Thriller, c’est métallique comme sur Bad mais ça va encore plus loin. Le ton est donné dès les premières secondes avec en guise d’ouverture un « Jam » sur-dynamité, ça sonne très street le passage rappé vient appuyer cette impression. Le deuxième morceau vient encore plus conforter cette idée, c'est violent la guitare saturée en guise d'intro en atteste. Les morceaux s’enchaînent tous avec énergie, nous laissant par moment un semblant de repos (« In The Closet », « Remember The Time »).

La seconde partie est moins déroutante à la découverte de l’album lorsque l’on connaît les productions passées, c’est plus Jacksonien bien qu’il y a réellement une évolution musicale. Michael Jackson nous montre clairement ses talents en donnant dans tous les registres musicaux et en y mettant sa patte, son style, pour nous sortir ses morceaux les plus réussis. Il donne aussi bien dans le Rock (« Black or White », « Give In To Me »), que dans de magnifiques chansons plus douces (« Heal The World », « Gone Too Soon »), ou en implantant en guise d’intro à un morceau une partie de la Neuvième Symphonie de Beethoven en ré mineur, cela nous semble tellement évident de par la qualité de sa chanson elle-même (« Will You Be There »). Et lorsqu’il s’occupe tout seul d’une chanson, il nous en fait une de ses plus belles réussites, on ressent parfaitement ses émotions transparaître de par la musique et son chant (« Who is It »). La chanson « Keep The Faith » nous donne l’impression d’un retour le temps d’un titre à l’ère Bad, les compositeurs de ce morceaux ne sont autres que ceux justement du merveilleux « Man In The Mirror ».

On note très vite que la voix de Michael Jackson a changé, elle a un côté un peu plus rocailleuse (« Why You Wanna Trip On Me », « Give In To Me ») mais garde toujours ce côté doux et angélique quand il le faut (« Heal The World », « Will You be There », « Gone Too Soon »). L’album se termine comme il a commencé avec la chanson titre qui repart dans la New Jack pour un morceau anthologique de 7 minutes. Dangerous nous dévoile le nouveau Michael Jackson, celui des années 90 dont la suite sera l’évolution logique de cet album, cet opus va marquer de sa musique toute la décennie Jackson à venir.

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