Le vilain petit canard

Avis sur Dark Horse

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En 1973, George Harrison vient de sortir Living in the Material World, deuxième (vrai) album solo et un autre grand succès. L'ex-Beatle décide alors de partir en tournée avec son ami et mentor Ravi Shankar, et il est décidé dans la précipitation d'enregistrer un nouvel album dont les compositions seront l'interêt central de cette fameuse tournée, le "Dark Horse Tour". Entre temps, Eric Clapton s'en est allé avec Pattie Boyd, sa femme. Déprimé par la perte conjointe d'un de ses amis les plus proches et de sa chère et tendre, et surmené par le défi d'enregistrer un album entier de nouvelles compositions en très peu de temps, Harrison n'aborde pas vraiment Dark Horse dans les meilleures conditions. En plein milieu de l'enregistrement, sa voix craque : une laryngite, qu'il trainera jusqu'à la fin du Dark Horse Tour, et donc bien évidemment cela s'entend à l'écoute du disque.

Les critiques démoliront l'album à sa sortie fin 1974. L'album, clairement rushé, est qualifié de mauvais, de très inférieur aux précédentes compositions de Harrison, et la tournée sera vivement critiquée (Ravi Shankar trop mis en avant, la voix du chanteur pas au niveau...). Qu'en est-il, plus de 40 ans après ?

Dark Horse n'est pas un mauvais album, loin de là. Il traine une mauvaise réputation qui lui colle à la peau, véritable ironie du sort vu son titre. Mais les compositions de Harrison sont sincères, pleines de mélancolie et de tristesse (So Sad, Simply Shady, Maya Love...), comme toujours la guitare de George fait des miracles, et l'ensemble a un coté brut, réel, particulièrement attrayant. Oui, il chante avec la voix cassée (notamment sur Bye Bye Love et la chanson titre, Dark Horse), mais cela ne gâche pas les qualités des titres présentés ici. Non pas que l'intégralité de l'album soit exemptée de défauts, par exemple le single Ding Dong, Ding Dong est beaucoup trop répétitif et lourd (bien que assez catchy), et évidemment Harrison ne pouvait pas se retenir de parler de Krishna pendant tout un album, vu qu'il nous sert un nouveau mantra ennuyeux en guise de conclusion au disque (It is "He").

Mais que dire du magnifique Far East Man, co-écrit avec Ronnie Wood ? Ou de Simply Shady, où on retrouverait presque le George de All Things Must Pass ? Comment aujourd'hui, traiter avec dédain un album pourtant plein de qualités ? A titre personnel, Dark Horse est mon album préféré du bonhomme après l'inévitable All Things Must Pass. Pas un classique, mais en tout cas un disque sous-estimé à réévaluer.

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