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EVERYTHING IS COMTEMPT

Avis sur EVERYTHING IS LOVE

Avatar Remy Pignatiello
Critique publiée par le

Pour un album dont le titre affiche en majuscules (pour bien marteler l'intention) EVERYTHING IS LOVE, on ne peut qu'être surpris par l'évident mépris affiché pendant les longues 38 minutes de cet album pourtant court (9 pistes en tout). En fait, c'est à 3 niveaux distincts que l'album démontre l'étendue de son absolue médiocrité, voire pire encore.

Le 1er niveau, le plus simple, est musical. Outre le fait d'avoir presque toujours l'impression d'avoir déjà entendu ça chez d'autres (le 1er couplet de APESHIT semble tout droit tiré du King Is Dead de Kendrick Lamar, quand d'autres chansons rappellent instantanément une production passe-partout de Timbaland pour Justin Timberland période FutureSex/LoveSound, jusqu'à l'hilarante prononciation de Boss qu'on dirait être un clin d'oeil involontaire à The Lonely Island), c'est totalement insipide quand ce n'est pas simplement raté. Sur chaque chanson, on trouve systématiquement un beat pourri en trop, un clap ajouté qui ruine une mélodie, un élément sur-produit pourrissant absolument tout ce que contient l'album, au point où il est très difficile d'aller au bout de n'importe quelle chanson (seule SUMMER, la 1ere piste de l'album, passe, et encore).

Le 2e est vocal. Il faut que Beyoncé comprenne une fois pour toutes qu'elle n'a pas une voix pour rapper. Elle est une très mauvaise rappeuse, mais une bien meilleure chanteuse, et sur EVERYTHING, elle se trompe dans le ratio entre les deux modes. C'est d'autant pire ici que Jay-Z est évidemment très présent et lui est largement supérieur sur ce point. Le gouffre qualitatif entre les 2 en devient presque comique à la longue. Les paroles de l'album sont ce qu'elles sont (plus là dessus plus bas), mais Jay-Z a une voix, un flow, une rythmique pulvérisant ceux de sa femme et font se rendre compte à quel point cette direction artistique était une très mauvaise idée.

Mais le vrai problème de l'album est thématique. C'est un album censé célébrer l'amour entre les deux tourtereaux du Power Couple le plus riche de l'Amérique, envoyer de l'Amôur à tous les auditeurs tel Oprah distribuant des voitures, mais en fait non. Beyoncé et Jay-Z ne veulent pas célébrer leur gloire, leur argent et leur amour, ils veulent surtout te rappeler à toi que tu n'as rien de tout ça.
Beyoncé & JAY-Z sont plus riches que toi.
Plus amoureux que toi.
Plus connus que toi.
Leurs gamins sont plus riches que les tiens. Leurs petits-enfants pas encore nés sont déjà plus riches que les tiens.
Même leurs amis sont mieux que les tiens.
Et ça pendant 38 minutes.

C'est donc avec une certaine surprise qu'on peut accueillir la 6e piste, FRIENDS, où après avoir étalé sur la place publique combien le couple vit totalement hors-sol, ils ont quand même un "crew" sans qui ils ne seraient rien... Ah ok, en fait, c'était juste pour dire que leurs potes sont mieux que les tiens. Je me disais aussi.

C'est avec la même surprise (doublée d'une pointe d'ironie) qu'on peut s'amuser de certaines lignes de l'album, où malgré toute cette gloire, fortune et amour, Beyoncé ne peut pas s'empêcher de préciser qu'elle n'a pas besoin de mettre son précédent album sur Spotify, ou Jay-Z de se plaindre de son 0 pointé aux Grammys. Comme quoi, on peut faire un album entier consacré à l'auto-congratulation de son ego et quand même ressentir le besoin de se justifier.

Voilà donc comment le couple remercie les gens qui leur ont permis d'atteindre le statut qu'ils ont acquis. Paie ta grandeur d'âme.

C'est comme si le Power Couple s'était tout simplement ultra bling-blingisé et qu'ils avaient chopé un énorme melon en passant.
Et après tout, pourquoi pas, ce ne seraient pas les premiers. Non, le souci est que cela se fait avec visiblement le besoin d'en remontrer à tout le monde, alors qu'ils n'ont plus rien à démontrer (et qu'ils passent l'album à chanter la liste de leurs réussites telles une liste de course). Au final, ils nous tancent, nous prennent de haut et au fond nous méprisent, comme si quoiqu'ils en chantent sur EVERYTHING, le monde paradisiaque qu'ils y décrivent ne change rien au profond besoin de reconnaissance de leurs egos. Mais comme ce nouvel opus vient avec un premier degré papal intersidéral, on n'y trouvera aucune réflexion de ce style.

Bref, c'est un blockbuster musical d'où rien ne dépasse et où tout est lissé, jusqu'à ce que le sous-texte et les bonnes intentions (je suppose) de départ soient tellement diluées dans la soupe que ça finit par dire tout le contraire de ce qu'il croit raconter, dans une absence totale et assez sidérante de considération pour le public même avec qui le couple pense communier.

Merci mais non merci.

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