Tu ne trouves pas Rien 100 rien de Jul ? C'est normal : nous rencontrons un petit problème avec la base de données Musique. On vous tient au courant.

I'm Looking Fuh You...

Avis sur Egypt Station

Avatar # YMC
Critique publiée par le

Dear Paul,
Je me demandais, encore ce matin, en te voyant venir au travers de la fenêtre de la salle de bain, ce que tu pourrais avoir encore à me dire que je ne sache déjà. Toi et ta bande êtes-vous encore dans la course ? Quelque-part entre Mars et Venus, sur un fragment de terre que vous vous évertuez à parcourir régulièrement de long en large pour y rencontrer des foules de tous horizons. Et bien souvent avec des nouveaux sons à promouvoir ! A l’heure de la retraite bien sonnée, tu continues visiblement à bien gérer ta petite entreprise. Et sans connaitre la crise. Sais-tu que bien de petits jeunes envient ta place sans oser te foutre dehors ?

Mais je digresse, pardonne-moi. Je ne voudrais pas faire preuve de la moindre aigreur à ton égard. Toi qui m’as plutôt fait rêver depuis toujours. Tu m’as introduit auprès de "Lady M." et de "Mrs V.", de "Eleanor R." . Ta copine "Michelle" aussi. Qui n’était belle que pour la rime hein. On se l'avoue maintenant ? il y a prescription.
Tu m’as présenté ta femme aussi et tu as partagé ton émoi à son départ précipité vers l’eau de là (-haut). Ah oui tiens, tu m'avais présenté aussi ton oncle Albert. Je l'avais vraiment adoré d'ailleurs, tu as des news ?!.
Tu m’as invité à l’heure du thé, votre vieille tradition d’Outre Manche. J’ai pu poser mon derrière de manant sur le siège arrière de ton Aston Martin. Tu m’as emmené en Inde, en Russie soviétique, aux States et puis à Liverpool aussi. Et puis, tu es toujours là , trônant dans mon salon avec tes trois potos de jeunesse devant la Tour Eiffel et sur le célèbre passage clouté de la banlieue de Londres.

Like an ancient Egypt's Spirits.

Et tous ces petits mots que tu me glisses régulièrement (enfin moins régulièrement ces vingt dernières années que par le passé), je les garde tous précieusement et me les repasse assez souvent. Ahh la Nostalgie ! Et là tu m’envoies ta carte postale des pyramides, bourrée d'humanisme au sens noble du terme et pour me dire que tu retournes… au Brésil. Et tu dis pourtant vouloir me donner encore, ton cœur, tes mots... et que sais-je encore ! Arrêteras-tu, un jour, de me vendre du rêve Paulo ?

Whitebird singing in the dead of life.

Ben oui tu arrêteras ! Puisque toutes les bonnes choses ont une fin. Même les étoiles. Et put* ce jour là, tu me manqueras. Un dernier break de batterie et pfffuit… "The End" ! Alors je vais arrêter de te rabrouer avec mes états d’âme et profiter de toi, tant qu'il est encore temps.
Parce qu’en plus, tes seize nouveaux paragraphes sont bigrement bien sentis. Bon il y en a bien deux ou trois que tu n’as sans doute pondu que par jeunisme un peu puéril. Pour plaire à des petits jeunes quoi... Tu as déjà fait le coup à mon père quand moi j'ai débarqué. Ne nie pas, je t'ai pris la main dans l'sac ! Déjà à l’Olympia, il y a plus de dix ans, j’ai bien vu que tu ne regardais pas que moi ! Je te partage depuis toujours de toute façon. Pas le choix. Aimer une idole, c'est toujours la même histoire. Mais je ne vais quand même pas te faire une scène. On a passé l’âge… enfin surtout toi ! (oh scuz’ moi hein, je te taquine… qui aime bien, châtie bien, comme on dit).

"Yes We Can Do It"... Nan mais à l'Eau quoi !

Et puis je viens râler pour des broutilles. Alors que tu me prends par la main et me parles de choses profondes. Le réchauffement climatique ! Tu te mouilles et signe toi aussi ton petit brûlot écolo en citant presque mot pour mot un récent président du monde. Singeant par là-même son imbécile de successeur. Mais le tout mine de rien... Toujours politiquement correct le McCa. Quand même, tu clames plus clairement tes positions à soixante-seize balais ! Non ? Je me trompe ? Et ce "Despite Repeated Warnings", puisque c'est de ça que l'on parle, est un petit sommet de plus à ton œuvre. Greg Kurstin, ton producteur, nous avait prévenu. Un titre à tiroirs, comme la face B d'Abbey Road, comme ton "Band on the Run", ton "Live a Let die" ou encore ton "Uncle Albert/Admiral Halsey".
Kurstin le dit donc, un morceau difficile à accoucher, mais une vraie fierté de l'avoir capté et magnifié ! Et un bonheur pour moi de le découvrir. Alors non, ce titre en mode poupées Russes n'égale pas ses glorieux ainés, ne nous trompons pas. Mais il envoie du lourd quand même.

"Used to be bad".

Alors comme ça, tu bosses hyper bien avec Greg à mettre en boite de très jolies chansons à messages comme "I don't know", "Hand in hand" (et sa... flûte de pan), "Do it now" ou "Happy with you". Et dès que ton producteur a le dos tourné, un jour de relâche pour lui (ça c'est le droit du travail hein, tu ne peux pas exploiter ad vitam æternam les techniciens comme tu le faisais jadis avec Geoff ! Nigel t'avait prévenu quand il à remplacé George au pied levé en 2005 !), ta boulimie créatrice te pousse à aller commettre l'irréparable avec un certain Ryan Tedder : "Fuh you" aurait mérité d'être produite avec délicatesse. On y perçoit son intéressant pont central mais la plage est massacrée par une production Ras-des-pâquerettes qui te dessers. Mais non. Comme si tu n'avais pas le temps d'attendre... Tu m'énerves quand tu fais ça Paul. Okay tu n'es pas immortel mais quand même ! Ne sois pas impatient. On dirait un adolescent tout fou !

Singer like an Icon.

Tu arrives (presque) toujours à glisser dans ta mélodie un petit fragment d'inattendu. Oh c'est toujours très (trop) court. Mais on ne peux pas t'accuser de t'endormir complètement sur tes acquis. Si les effets sur ta voix pour "Caesar rock" ne dupent personne, distillant maladroitement quelques défauts inhérents à l'âge, ce titre est fort intéressant. Avec son double break dès l'entrée en matière (l'un rythmique puis l'autre mélodique). Ça commence sombre et puis ça s'éclaircit pour finir presque funky. Nulle extravagance mais une atmosphère que tu ne nous avais jamais encore trop servi (je crois). Même en usant de l'inversion de vitesse de la bande comme tu le faisais déjà en 65.
A côté de ça, tu ne te foules pas sur "Come on to me" ou encore sur "Who Cares". Tu donnes bien plus sur un "Back in Brazil", bien plus riche qu'il n'y parait de prime abord. Et la simplicité de "Confidante", bien épurée, vient nous rappeler que ta musique peut être aérienne et simpliste, sans être idiote. "Dominoes" est une chanson, comme tu nous en a donné tant depuis les années 2000. Mais je l'aime bien, quant bien même elle ne distille rien de nouveau.
On a bien quelques lignes de basse dont tu as le secret. Mais le son de ta Hofner, n'est plus si caractéristique. C'est là que l'on t'attends au tournant. Enfin au moins tous tes fans (dont je suis) pratiquant cet instrument !

Give Peace a chance.

Avec "People want peace", tu nous rejoues ton ami John. Un clin d’œil évident. Et cette courte phrase martelée telle un mantra avec les claquements de mains qui l'accompagnent. Vieux rêveur, tu crois encore que ce monde et ses habitants sont bons ? Tu décryptes la beauté cachée de la pensée profonde derrière le laid de la pensée dominante ?! Tu as bien le moral toi !
Ce n'est pourtant pas évident quand on découvre l'entrée en matière de ton dernier disque. On n'a pas un guilleret et intense "Drive my Car" pour lancer la sauce. Ni même un pauvre "Dance tonight". Encore moins un "Save Us" qui nous glisserait tout de suite dans le sujet. Non, des bruitages atmosphériques, des chœurs venus d'ailleurs... puis le triste et délicat piano du décidément superbe "I don't know". Il fut un temps, tu nous servais bien une seconde plage un peu onirique (From a lover's to friend"), mais elle faisait suite à un "Lonely road" entêtant !

Oh je ne doute pas que cet opus déchaînera encore les passions. On se déchirera encore entre fanatisés te pardonnant tout et réacs te crachant à la gueule. Tu t'en fout, ça fait vendre. Et tu vendras. Et les stades seront pleins, je n'en doute pas.

Maybe you're amazed.

Je te souhaite donc une belle tournée l’ami. Au Brésil comme ailleurs. Prends soin de toi surtout. Un hiver entre deux hémisphères, les décalages horaires tout ça, tout ça… Et avec ton grand âge... Reviens-nous en forme avec un bon disque bien Rock (et moins Pop ?) pour tes quatre-vingt piges... Ça aurait d'la djeule nan ?!

Et au plaisir de t’entendre à nouveau.
Passe prendre l’apéro à l’occaz' ! Je te présenterais bien mon fiston. Je lui parle souvent de toi, je crois qu'il t'apprécie bien. Ne traînes pas trop à venir, je risquerais d'avoir à te présenter un éventuel petit fils aussi. Et là ça te filerai un sacré coups de vieux pour le coup... quatre générations réunies pour trinquer avec toi !

Mes amitiés et mon admiration indéfectible Paul. Pour tout ce que tu as fait ces cinquante-cinq dernières années. Même ce que j'aime moins, voir pas vraiment.

Ton fan, ce faux rêveur.

Postscriptum :
En posant une oreille sur l'édtion Deluxe, je m'aperçois que "Nothing for free" produite, comme le triste "Fuh you" par Ryan Tedder est également un beau gros gâchis. C'est vrai ! Sa conception pourrait rappeler tes premières heures, quelque-part entre Ram et Band on the Run mais elle est foutue en l'air par une production juvénile et des plus pourrie. En revanche, "Get Started", qui rappelle également ton glorieux passé, sur le pont central (et un un peu le "Got my mind set on you" de George à la fin du couplet), aurait vraiment eut sa place sur le disque ! Mais bon il était déjà peut-être un peu long ! Et Kurstin, même s'il n'a pas franchement osé conseiller le grand McCartney a quand même pu imposer quelques petites choses quand même !

Tu as beau ne plus être un gamin, permet moi de te conseiller de faire gaffe aux gens qui t'entourent. Tous ne te bonifient pas forcément !

Postscriptum 2 :
Je hais les temps modernes. J’exècre le marketing outrancier qui voit désormais trois éditions d'un même disque à un an d'intervalle. Distillant toujours plus de chutes à des tarifs toujours plus élevés. Deluxe Edition, Collector Edition, Definitive Edition... rrrrrrrrrrrrrrrrrrrggghhhh !
Paulo, on le sait que parmi ces morceaux écartés, il y en a dont même tes tiroirs ont honte... mais il y en a aussi des bons !
Chez toi, c'est donc l'Explorer Edition, contenant le craignos "Get Enough", détuné à l'extrême et parfaitement insipide. Tu ne pouvais la jouer avec ton seul piano et ta voix fatiguée mais vraie? Et devinez qui produit et co-signe cet excrément nauséabond ?... Tedder, pardis ! Celui-là tu me le vire hein ?! Et fissa!
Et à côté de cette maladresse (au bout de trois commises avec le même, il n'y a plus de hasard c'est une faute de goût !), deux fort jolies performances McCartneyienne : "Frank Sinatra's Party", son riff teinté de reggae sur un arrangement rappelant le meilleur de Charlie Winston, c'est chouette ! Quand à "Sixty Second Street", c'est juste une très belle chanson. Aussi délicate qu'enjouée, le pur jus McCa cueilli et pressé avec soin et juste au bon moment. Et j'adore l'inclusion de ce pont central qui de sa rupture rythmique revenant à trois reprises, vient caresser mes oreilles comme au bon vieux temps.
Définitivement la piste qui aurait dû venir s'intercaler sur l’édition originelle de l'album entre "Who Cares" et "Confidante" éjectant cette petite verrue que demeure "Fuh You" en mauvaise Bonus Track.

Cette fois-ci je te laisse.
Kisses (but not on the bottom).

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 921 fois
14 apprécient

Autres actions de # YMC Egypt Station